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 « Begins. Falls. Rises. Ends. » ◊ ALEKSEÏ ♥.

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MessageSujet: « Begins. Falls. Rises. Ends. » ◊ ALEKSEÏ ♥.   Mar 31 Juil - 2:28

« BEGINS. FALLS. RISES. ENDS. »
Participants → Addison Malone & Alekseï Laeddis ♥.
Mois → Mai.
Lieu → Cimetière.
Moment → Un dimanche matin.






Addison toussota doucement. Quelques volutes de buée s’échappèrent d’entre ses lèvres aux courbes fines et agréables pour l’œil. Il faisait plutôt frais, en cette matinée de mai. Oui. Soit c’était ça, soit c’était que l’ambiance froide du cimetière lui filait la chaire de poule. Pourtant, elle ne comptait pas partir de sitôt. Elle était bien, ici, à déambuler entre les tombes. Activité passionnante pour une médecin de son ordre, j’en conviens ; elle faisait partie de ceux qui s’occupaient de donner la vie aux enfants, et de les préserver, pas de ceux qui enterraient les morts, ceux qu’on avait pu sauver. Néanmoins, elle était là, à marcher. Elle cherchait trois tombes, toutes côtes à côtes normalement. Elle n’était pas venue pour Alex. Il était enterré ici, certes, mais à l’autre bout du cimetière. Et elle n’irait pas voir sa tombe. Ou du moins, pas avant d’avoir vu celles qu’elle cherchait. Peut-être irait-elle simplement lui dire bonjour en repartant, déposer un baiser sur le marbre glacé qui recouvrait la terre à l’endroit du caveau contenant son cercueil. Mais elle avait trop peur de replonger si elle faisait ça. Elle avait peur de rentrer chez elle en larmes, d’attraper une bouteille, et de noyer son chagrin dans l’alcool, comme elle l’avait si souvent fait après l’incident, pendant le début de sa nouvelle vie. Doucement, elle renifla, essuyant son nez du revers de sa mitaine. Elle n’allait pas pleurer maintenant. Hors de question. Surtout qu’elle était parfaitement sobre, sa dernière ingestion de whisky datant de la veille au soir, vers à peine 19h. Elle était allée se coucher tôt. Et ce matin, elle s’était levée avec cette idée en tête : aller voir la famille d’un collègue au cimetière. Pourquoi ? Peut-être parce qu’elle voulait comprendre les souffrances du jeune homme, ce qu’il endurait. Alekseï était cher à son cœur. Au travail, il l’apaisait. Il avait réussi à soutenir un certain nombre de patientes de la jeune femme, qui avaient des difficultés dans leur grossesse. Elle l’appréciait. Vraiment. Même s’il était peu bavard sur sa vie en général, et qu’elle se gardait bien de faire sa curieuse, il l’intriguait. A l’école, elle l’avait déjà rencontré, et avait flashé sur lui. Elle s’en souvenait parfaitement. Et même si aujourd’hui elle n’éprouvait plus cette admiration qui la faisait vivre à l’époque, elle avait appris certaines choses à l’époque, alors qu’elle était curieuse comme pas permis sur ce si beau et galant jeune homme qui faisait partie de sa maison. Comme la mort de ses parents et de son frère. Elle ignorait la manière dont elle l’avait appris, en réalité. Elle ne s’en souvenait plus. Mais toujours est-il qu’elle avait été sur le point de lui envoyer un petit mot, histoire de le réconforter, même s’il ne se souvenait sûrement plus de qui elle était ; même s’il ne l’avait probablement jamais su. Au final, elle ne l’avait pas fait. Et depuis qu’ils travaillaient ensemble, elle s’était contentée de regarder discrètement les paumes brûlées de ses mains, sachant que cela avait sûrement un lien avec la disparition de sa famille. Un incendie, fort probablement. Mais jamais elle n’avait osé lui en parler. Jamais elle ne lui avait posé de question sur ses mains, contrairement à la grande majorité des gens, qui ne pouvaient empêcher l’interrogation d’être formulée, bien trop intrigués par ce détail si peu commun. Addison, elle, respectait le silence de cet homme. Elle avait le même, sur tout son passé. Elle avait décidé en changeant de voie et de vie de taire ce qui avait pu avoir lieu dans sa vie antérieure. Et Alekseï respectait ceci, ne l’interrogeant pas plus sur son histoire qu’elle ne le faisait. Pourtant, il était venu ce moment où elle avait craqué. Elle avait envie depuis longtemps de faire ceci ; rendre visite à la défunte famille de celui qu’elle considérait comme une bouée de sauvetage dans ce monde aux vagues si hautes qu’elles en noieraient un tyrannosaure. Elle voulait lui rendre un hommage, après cette nuit à revoir tous les morts qu’elle avait connus. Elle se savait décalée. Elle avait tout à fait conscience qu’elle n’avait rien à faire ici. Et pourtant, elle y était.

Addison tourna la tête vers une pierre tombale. Elle ramena son poncho noir au col roulé large correctement sur ses épaules, et déglutit doucement, étouffant quelques larmes, les ravalant à grand peine. Elle s’agenouilla devant la plus petite pierre tombale, et sortit sa baguette. Une rose aux pétales écarlates sortit du bout du bâton de bois, se déposant par magie devant la pierre gravée. Addison se releva. Elle avait vu juste. Iermeï Laeddis était enterré à côté de ses parents. Une larme s’écrasa sur la joue de la jolie sorcière, sans qu’elle puisse la retenir.

« Iermeï Laeddis
(2007-2016)

R.I.P. »


D’autres larmes suivirent la première, tandis que la poitrine de la petite Malone était secouée de sanglots. Les deux autres tombes portaient le nom des parents d’Alekseï. La jeune femme continua de pleurer silencieusement, déposant à nouveau une rose sur chacune d’elles. Puis elle retourna devant la tombe d’Iermeï, devant laquelle elle s’agenouilla. Son poncho bien trop grand pour elle s’étala quelque peu sur l’herbe verte et encore humide de la rosée du matin, mais elle n’en avait cure. Doucement, elle inclina la tête sur le côté, et s’efforça de sourire, ravalant quelques larmes qui menaçaient de couler avec les autres.

« Bonjour… » murmura-t-elle doucement.

Bien sûr, il ne pouvait sûrement pas l’entendre. Mais Addison avait toujours été persuadée que les morts pouvaient entendre, où qu’ils soient. Et puis, elle était totalement seule dans ce cimetière. Rien ne l’empêchait de parler avec le petit frère de son collègue, après tout.

« Si tu ne me reconnais pas, c’est normal, je ne suis jamais venue encore. » Elle essuya une nouvelle larme, reniflant doucement, avant d’arborer à nouveau son sourire doux et agréable. « Moi c’est Addison. Ca t’est probablement égal, mais je préfère tout de même te dire qui je suis… Je connais ton frère, en fait. Il travaille dans le même hôpital que moi. C’est un garçon bien, tu sais. Il a déjà sauvé la vie de plusieurs de mes patients, avec sa thérapie, et je… Je lui en suis très reconnaissante. C’est vraiment quelqu’un de bien… » répéta-t-elle doucement, se remettant à pleurer au travers de son sourire.

Pourquoi être ici lui rappelait-il tant la mort d’Alex ? Pourquoi se laissait-elle envahir par un chagrin qui n’était pas le sien, alors que son fardeau était déjà bien assez lourd à porter ? Elle voulait comprendre ce que le jeune homme traversait, et elle s’infligeait cela. Et en parlant à Iermeï, elle était en train de comprendre mieux, même si elle ne savait toujours rien. Elle comprenait. Elle ressentait. Elle compatissait. Tout en ignorant.

« Je sais que je n’aurais peut-être pas dû venir, tu n’es pas mon petit frère après tout, mais… J’avais envie, je trouvais que c’était la moindre des choses… Ton frère est tellement gentil avec moi, tu sais… Il ne parle jamais de vous, pourtant. Ce n’est même pas par sa bouche que je savais que vous étiez ici. Mais je suis quand même venue… J’espère juste qu’il ne dira rien… Il souffre, Iermeï… Je pense que tu le sais, il doit sûrement te le dire, quand il vient vous voir… Ou alors il se cache… Mais au quotidien, même s’il n’en parle pas, ça se voit tellement… » De petites perles salées s’échappèrent à nouveau, tandis qu’elle se remettait à sangloter. « Je tiens vraiment à lui… Pas comme il tient à toi, parce que toi, tu es son frère, et… Et tu lui manques… »

Brusquement, Addison ramena ses doigts fins sur son visage, se recroquevillant sur le sol, pleurant maintenant à chaudes larmes. Effondrée. Elle n’aurait jamais dû venir. Et pourtant elle était là. À raconter tout un tas de choses inutiles au petit frère de son ami. À pleurer devant sa tombe comme si c’était son propre frère. Pourquoi s’infligeait-elle cela ?

« Tu lui manques… »

Le dernier murmure s’envola avec le vent qui soufflait sur le cimetière, tandis qu’elle s’abandonnait tranquillement à son chagrin, toujours assise devant la pierre tombale. Elle pensait être seule. Elle était sûre d’être seule. Parce que, trop concentrée sur son monologue, trop absorbée par son chagrin et sa peine, elle n’avait pas vu ni senti l’homme qui était entré dans le cimetière. Elle n’avait pas entendu sa silhouette approcher. Elle pleurait trop fort. Comme si cette famille était la sienne. Elle avait ressenti toute la souffrance qui était enterrée là, tout le chagrin et le désespoir qui imbibaient ces tombes à mesure que le jeune russe revenait les voir. Et c’était son tour de pleurer des personnes qu’elle n’avait jamais connues. Mais qui, de tout évidence, manquaient à l’existence du bonheur sur cette planète. Elle restait là, se contentant de pleurer. Au pieds mêmes de l’homme pour qui ce chagrin était légitime. Et qu’aujourd’hui, elle choisissait de soulager un peu…
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MessageSujet: Re: « Begins. Falls. Rises. Ends. » ◊ ALEKSEÏ ♥.   Mer 1 Aoû - 11:54

Même neuf ans après, Alekseï était endeuillé. On lui avait souvent dit de tourner la page, mais ces personnes ne savaient pas ce que c’était que d’avoir la rage dans ses veines et jusque dans ses os. Cette colère ne le quittait jamais, bien qu’il ne le montre pas. Et pourtant, malgré les jours, les mois, et les années qui s’étaient écoulées depuis le drame, son deuil était toujours présent. Accroché à lui comme le boulet d’un prisonnier qu’il traine désespérément au bout d’une chaîne. Le cimetière était devenu sa deuxième maison. Il côtoyait ce lieu plus que son propre appartement. Cet endroit, bien qu’il soit chargé de tristesse et de malheur, l’apaisait. Peut-être était-ce ici qu’il voulait rester. Il accordait si peu d’importance à sa vie qu’il était prêt à faire n’importe quoi pour rejoindre l’obscurité. Le jeune russe n’était pas du genre suicidaire, et il se connaissait suffisamment bien pour savoir qu’il ne tenterait jamais quelque chose de ce genre. Il avait beau déjà avoir consulté l’un de ses confrères pour obtenir de l’aide, cela n’avait pas donné un grand résultat. Alekseï en était toujours au même point. La culpabilité.

Il venait au cimetière le plus souvent possible, son travail occupant la majorité de son temps. Mais le dimanche, il se devait de venir. C’était le seul jour de la semaine où il laissait tomber ses dossiers pour venir voir sa famille. C’était comme ça depuis neuf ans. Le jeune russe n’avait jamais manqué un seul dimanche, il se devait de respecter ce jour de mémoire. Le cimetière était comme ce foyer qu’il avait perdu. Il y retrouvait son père, sa mère, et son petit frère. Trois vies arrachées bien trop tôt, laissant un fils et un frère complètement seul. Le gardien du cimetière s’était habitué à sa venue régulière, si bien qu’il l’autorisait désormais à rester même après l’heure de fermeture du cimetière. En contrepartie, Alekseï n’avait pas grand-chose à lui offrir, si ce n’est qu’il insistait pour que ce soit le jeune russe qui s’occupe des tombes de sa famille. Non pas qu’il ne fasse pas confiance au moldu, mais c’était du devoir d’Alekseï de prendre soin des sépultures. Encore aujourd’hui, le gardien s’attendait à voir arriver le sorcier, toujours à la même heure. Ils s’échangèrent un regard amical et Alekseï arpenta lentement les petits chemins qui menaient aux différents secteurs du cimetière. Il connaissait par cœur le sentier qui menait là où sa famille était enterrée ; cela faisait dix ans qu’il s’y rendait chaque semaine. En chemin, il ne put s’empêcher d’adresser un regard compatissant aux autres tombes devant lesquelles il passait depuis tant d’années. Plus il s’approchait de l’endroit où était sa famille, plus son cœur se serrait. Il n’osait pas lever les yeux, car à quelques mètres devant lui se trouvaient trois tombes. Celles de Leonid, Eva et Iermeï. Pourquoi s’infliger cela chaque semaine ? Seules les personnes se trouvant dans la même situation qu’Alekseï pouvaient comprendre. Et encore, beaucoup penseraient qu’il en faisait trop. Mais il n’avait que faire ce que les autres pensaient. Il était en colère.

Alekseï leva enfin les yeux, sentant au fond de lui qu’il arrivait enfin à destination. Mais alors qu’il s’approchait doucement et sans bruit, il vit une silhouette, agenouillée devant la tombe de son petit frère. Il s’avança silencieusement, et écouta attentivement. Sur le coup, il pensait que c’était une blague, mais non. La personne parlait bel et bien avec Iermeï. Il s’approcha encore, ressentant une envie violente de chasser cette personne, mais il s’arrêta quand il découvrit que c’était Addison, l’une de ses collègues de l’hôpital. Elle lui envoyait souvent des patientes qui vivaient mal leur grossesse. Alekseï acceptait avec joie de les aider, et Addison était l’une des rares à qui il arrivait à former une phrase complète. Il appréciait réellement la jeune femme, même s’il ne le montrait jamais. Elle avait quelque chose d’apaisant. Il l’observa pendant qu’elle parlait à son petit frère, et se sentit plus léger, sans trop savoir pourquoi. Puis ses yeux allèrent se poser sur la rose qu’elle avait déposée sur chacune des tombes. Alekseï se sentit touché au plus profond de son être. Il ne parlait jamais de sa famille à qui que ce soit, et de ce fait, personne ne pouvait savoir où sa famille se trouvait. Et pourtant, Addison était là, à honorer la mémoire d’une famille qui n’était même pas la sienne. L’être humain était vraiment un spécimen très étrange ainsi que surprenant. Et ce petit bout de femme l’était encore plus.

« Je suis sûr qu’ils apprécieront ce geste. Il se rapprocha doucement et se baissa devant chaque tombe pour y déposer une rose rouge. La tradition de mon pays veut qu’on dépose une rose sur la tombe du défunt à sa mort. Il sortit ensuite sa baguette pour aller rallumer, à l’aide d’un sort très simple, les bougies qui se trouvaient également sur les tombes. Les bougies sont très importantes aussi. Ça les aide à trouver le chemin là-haut… Il rangea sa baguette puis resta debout, face aux tombes, silencieux. Il joint ses mains et ferma les yeux tout en baissant la tête, le temps de murmurer quelques phrases en Russe, une prière. »

Alekseï n’était pas du genre à croire en une puissance supérieure, et tout ce qui s’en suit. Mais il avait toujours respecté les traditions de ses ancêtres, même en ayant quitté son pays très jeune. Le changement de culture en arrivant au Royaume-Uni n’avait jamais empêché les Laeddis de poursuivre la pratique de leurs coutumes. Cependant, Alekseï avait fini par toutes les oublier petit à petit, sauf une seule ; celle de la mémoire aux morts. La disparition de ses proches avait été si brutale qu’il en avait parfois du mal à croire qu’ils n’étaient plus là. C’est pour ça qu’il leur parlait pendant des heures, à tout leur raconter. Il espérait ainsi pouvoir rattraper le temps perdu. Tous ces moments qu’il n’a pas pu vivre avec eux. Ce n’était donc qu’à travers la parole qu’il le faisait. Il ne pouvait plus les toucher, ni entendre le son de leur voix. De l’incendie qui avait ravagé son foyer, il avait réussi à ne sauver qu’une seule photo. Une photographie avec les bords légèrement brûlés, mais une photo d’eux quatre quand même. C’était tout ce qu’il lui restait de son ancienne vie. Tout avait disparu dans les flammes. Un long silence planait désormais sur le cimetière. Seule la légère brise passant dans les branches des arbres animait ce lieu calme et solennel. Alekseï ne savait pas trop quoi faire. Il avait pour habitude de s’asseoir sur l’herbe bien verte, face aux trois tombes, pour leur parler ; comme si sa famille était présente en face de lui. Et il parlait, de tout de rien. C’était sa thérapie à lui. Mais maintenant qu’Addison était là, il n’osait pas dire un mot. Non pas qu’il avait peur de paraître ridicule, car la jeune femme semblait être comme lui, à parler aux morts. C’est juste que.. Alekseï n’aimait pas que quelqu’un l’écoute. Il n’aimait pas parler de lui, déjà parce qu’il n’avait pas envie, et puis parce que ça lui faisait trop mal rien que d’y penser. La peine qu’il ressentait ne s’atténuait pas, et il considérait que sa souffrance et sa culpabilité étaient son fardeau. Il n’avait pas à les partager avec qui que ce soit. Et surtout pas avec une personne aussi gentille et attentionnée qu’Addison.

« C’est gentil d’être venue. Je suis surpris mais… Il marqua une pause, cherchant ses mots avec quelques difficultés à cause de l’émotion. Merci, répondit-il simplement. »

Alekseï resta silencieux à ses côtés, se remémorant inlassablement – comme à chaque fois qu’il venait – l’incendie et la mort qui avait frappé son foyer. Il ne savait pas pourquoi sa collègue était là, ni même comment elle avait su que sa famille était enterrée dans ce cimetière. Et même si beaucoup l’auraient chassée de ce lieu où elle n’avait pas à mettre les pieds, le jeune homme ne fit rien. Il se contenta de rester debout, stoïque, comme toujours. Son expression ne changeait jamais. Il était froid comme de la glace, et cela lui importait peu. Il n’y avait qu’avec ses patients qu’il faisait voir un semblant d’humanité. En dehors de la sphère du travail, il n’était plus personne ; juste un fantôme errant ici et là, ne se préoccupant pas le moins du monde de ce qui pourrait lui arriver, comme s’il attendait que la mort vienne le chercher. Oui, il lui arrivait de la provoquer en se mettant en danger. Car à quoi bon rester et prétendre que tout va bien alors qu’il ne nous reste plus rien, si ce n’est des souvenirs qui s’effacent au fil des ans ? Alekseï n’avait pas versé une larme depuis l’enterrement. Non pas qu’il ne ressentait rien. Avec le temps, la douleur faisant partie intégrante de lui. Alors pourquoi le montrer par des larmes ?
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MessageSujet: Re: « Begins. Falls. Rises. Ends. » ◊ ALEKSEÏ ♥.   Ven 3 Aoû - 6:20




Addison regardait son collègue exécuter ces mouvements simples mais attentionnés, perdue dans ses pensées. Elle lui avait tout simplement proposé de se retirer, et de lui laisser pleinement savourer la présence de sa famille. Mais pouvait-on réellement parler de cette visite au cimetière comme d’un plaisir ? C’était un fardeau. Pas un soulagement. Il n’était pas avec eux. Il se recueillait face à leurs tombes. Il mettait des fleurs, allumait des bougies, arrachait les mauvaises herbes, tout cela en silence. Peut-être que si elle n’avait pas été là, il leur aurait parlé ; il leur aurait raconté sa semaine, les rencontres qu’il avait faites, aussi brèves soient-elles. Car il paraissait évident qu’il était aussi doué pour les relations humaines qu’elle ne l’était. Elle avait senti son cœur rater un battement désespéré lorsqu’il avait enfoui ses mains dans ses poches pour éviter qu’elle ne les reprenne. Pourtant, il avait serré ses doigts, juste avant. Juste avant… Seul le geste le plus récent importait. Le reste n’était que du passé, et tout ce qui s’était déroulé depuis était censé l’effacer. A cette pensée, la gorge d’Addison se noua. Les larmes remontèrent jusqu’à ses prunelles délicates, mais elle les ravala de force. Alekseï exprimait maintenant son désir qu’elle reste. Quoique désir fut peut-être un bien grand mot. Elle ne le dérangeait pas. C’était juste ça. Doucement, elle déglutit, laissant à son tour échapper quelques mots dans un très léger murmure, quasiment inaudible. Quelques mots qu’à coup sûr personne d’autre que lui ne pourrait entendre, tant le ton utilisé était bas, et tant la voix fluette de la jeune femme se perdait avec le vent.

« Je n’ai pas envie de partir… »

C’était presque un couinement imperceptible, une petite plainte qu’elle laissait entendre. Non. Elle ne voulait pas partir. Elle n’en avait pas envie, mais pire que cela, elle en était désormais incapable. Si elle tournait les talons maintenant, seule et murée dans son chagrin, elle connaissait d’avance la suite des événements. Peut-être passerait-elle dire bonjour à Alex, histoire de bien s’enterrer dans son désespoir, afin d’être sûre que rien ne pourrait l’en sortir jusqu’à la fin du mois. Puis elle rentrerait chez elle et verrouillerait sa porte et ses fenêtres par une dizaine de sorts, insonoriserait son appartement du bout de sa baguette, et se rendrait devant son petit placard verrouillé d’un cadenas ensorcelé dont elle avait jeté la clé. Elle briserait ce cadenas, et sortirait toutes les bouteilles d’alcool pour les disposer en cercle dans son salon. Elle les goûterait toutes, une par une, et en choisirait finalement une au hasard sur laquelle elle s’acharnerait toute la soirée, en pleurant, jusqu’à s’endormir brutalement au milieu de son salon. C’était toujours comme ça. Donc non. Elle n’avait pas envie de rentrer et d’être hantée par le visage et le sourire d’Alex jusqu’à l’année prochaine. Elle n’avait pas envie de revoir leur dernière conversation défiler en boucle. Elle ne voulait plus se voir s’engueuler avec lui durant la dernière soirée qu’ils avaient passé tous les deux. Aussi s’efforça-t-elle d’oublier tout cela, et de se concentrer sur les nouvelles paroles du jeune homme. Qui lui demandait comment elle avait su l’emplacement des tombes.

Que pouvait-elle bien lui dire ? Elle aurait pu tout lui raconter. Et cela aurait commencé à l’époque de Poudlard. Elle aurait pu lui expliquer qu’elle avait entendu que sa famille était morte, et que plusieurs années plus tard, elle était passée devant des tombes en allant rendre visite à celle d’Alex. Elle s’était déjà arrêtée devant, se demandant où elle avait déjà vu le nom de Laeddis. Et puis elle lui aurait raconté comment elle en avait pris conscience, en le croisant au travail et en apprenant son nom en tant que collègue. Elle aurait pu ensuite lui parler de la promesse qu’elle s’était faite depuis ce jour de ne plus jamais retourner dans ce cimetière. Pas vraiment pour les tombes de la famille Laeddis. Plutôt pour celle d’Alex. Alex. Les pensées de la jeune femme s’égarèrent à nouveau, sans qu’elle ait cette fois le courage de les arrêter. Elle sentit soudain toute forme de courage face à la vie s’envoler, tandis que la dernière soirée en compagnie de son ancien amour refaisait surface. Elle avait choisi d’enterrer tout cela il y avait bien longtemps. Mais on ne pouvait oublier. Les souvenirs étaient là, ancrés à jamais dans son esprit, menaçant de la rendre folle s’ils ressurgissaient. Elle revoyait tout. Elle se souvenait de tout. La manière dont elle avait tenté calmement d’expliquer à Alex que sa famille avait besoin de lui. La façon dont il s’était directement emporté, lui répondant sèchement et d’un ton trahissant déjà sa rage et sa colère. Ils s’étaient engueulés. Violemment. Plus violemment encore que d’habitude. Et entre deux répliques crachées par Alex, elle s’était effondrée en sanglots. Il était au bord également. Sa voix tremblait tandis qu’il continuait de s’énerver sur elle, faisant comme si les paroles haineuses et désespérées que sa petite proférait au travers de ses larmes incontrôlables ne lui faisaient pas le moindre mal. Comme si la voir ainsi, effondrée et dans tous ses états pour une simple histoire et pour une bête saute d’humeur ne lui faisait rien. Il avait finalement attrapé une lampe, et l’avait jetée contre le mur sous le coup de la colère. Et elle avait tourné les talons pour aller s’enfermer dans leur chambre, tremblant de tous ses membres, pleurant à en fendre l’âme du plus coriace des caïds. Une dizaine de minutes plus tard, elle avait entendu la porte s’ouvrir, et avait senti le corps bouillant du jeune homme se blottir contre le sien. Elle avait hurlé, le repoussant. Et lui n’avait tout d’abord rien dit, se contentant de l’attraper pour la serrer avec force. Elle avait commencé à lui donner des coups pour qu’il la lâche, avant qu’il ne se mette à lui demander de se calmer, tout en la maintenant bien fermement pressée contre son torse. Elle avait fini par se détendre, petite chose toute faible et fragile qu’elle était, se laissant aller dans les bras de son amour, trempant son t-shirt de larmes, s’accrochant à ses vêtements comme à une bouée de sauvetage tandis qu’il se confondait en excuse, lui étalant sa culpabilité sans borne et la honte qu’il ressentait. Il l’aimait. Il le lui avait dit. Il le lui avait répété, encore et encore, tandis qu’elle s’était calmée progressivement. Il s’était ouvert à elle, tout aussi blessé qu’elle, son cœur à vif également. Les caresses dans ses cheveux, ses doigts doux passant sous son débardeur pour frôler la peau pâle de son dos, lui tirant un frisson, la faisant se détendre instantanément. Ses promesses que ça ne recommencerait plus, que jamais plus il ne lui fera du mal comme ça. Ses baisers. Ses caresses. Elle était l’amour de sa vie…

Douze heures plus tard, il était assassiné. Lorsque cette fatalité apparut dans l’esprit d’Addison, qui s’était légèrement égarée dans ses souvenirs, elle sentit enfin les larmes qui coulaient le long de ses joues depuis le début de sa réflexion. Elle déglutit doucement, ne prenant même pas la peine de les essuyer, tentant désespérément de revenir à la question que lui avait posé Alekseï. Elle comptait y répondre. Elle ne voulait pas le laisser là, sans réponses, alors qu’elle venait de faire une chose à laquelle tout le monde aurait voulu une justification. Elle violait son sanctuaire familial. Elle lui devait bien ça.

« Je suis passée devant leurs tombes, un jour. » murmura-t-elle doucement, la voix tremblante. Elle chuchotait, afin qu’il ne puisse entendre vraiment les sanglots qui brouillaient sa voix, même si on les devinait nettement. « Le nom de famille me disait quelque chose, sans que je parvienne à le replacer… » C’était vrai. Elle abrégeait la vérité, la résumait en un petit cube d’information assez flou. Mais elle ne mentait pas. Jamais. « Jusqu’à ce qu’un collègue vous appelle par votre nom, pour me recommander une patiente. J’ai vu votre plaque. Et j’ai fait le lien. » Elle toussota doucement, sa crise de larmes se calmant progressivement, ses joues s’asséchant sous la morsure du vent. « Je n’ai jamais eu le courage de revenir au cimetière depuis maintenant longtemps, alors c’est la première fois que je viens les voir… »

Elle se sentait obligée de le préciser, tout comme elle évita soigneusement de parler des raisons qui l’avaient poussée à venir au cimetière, puis à ne plus y retourner pendant si longtemps. S’il avait envie de savoir, elle lui en parlerait. Elle n’hésiterait pas à lui ouvrir son cœur, ses peines et ses souffrances, elle le savait. Il était peut-être le seul pour qui elle se sentirait d’en parler. Néanmoins, elle savait très bien qu’elle se contenterait de répondre le plus succinctement possible à ses questions, comme ce qu’elle venait de faire. Elle ne voulait pas l’empoisonner avec sa peine, il avait déjà la sienne à porter. Et elle était ici pour l’aider. Pas pour le prendre pour le type du bureau des plaintes. Si elle devait lui parler de tout ça, ce serait plus tard. Sans aucun doute. Et, soudain, elle dut se mettre à lutter pour ne pas exploser en sanglots et se rouler en boule par terre. Elle pleurait depuis un peu de temps déjà maintenant, quasiment depuis qu’elle était arrivée. Mais là c’était différent. Elle avait envie de pleurer fort. De laisser tout son chagrin s’évaporer avec le temps, recroquevillée dans un coin de ce cimetière. Mais c’était impossible. Elle n’avait pas le droit de faire ça à Alekseï. Elle était là pour l’aider. Pas pour le plomber. Inspirant lentement une longue goulée d’air frais, la jeune femme baissa finalement les yeux vers le sol. Son regard de ciel s’arrêta sur les mains du jeune homme, invisibles, enfouies dans ses poches. Elle se souvint qu’il les tenait là à cause d’elle, qu’il était devenu froid. Mais elle se souvint également de sa pression sur ses doigts. Elle avait l’impression de sentir à nouveau toute la tension qu’il avait gardée pour les apparences s’isoler dans sa main lorsqu’il l’avait serrée. Le cœur battant, stressée, elle fit ce qu’elle avait envie de faire. Tout simplement. Elle glissa sa main dans la poche du blouson de son ami, laissant ses doigts retrouver la chaleur familière de sa paume. Un léger frisson la parcourut, alors qu’elle entremêlait ses doigts avec les siens pour une étreinte plus ferme et déterminée, cette fois. Elle ne le lâcherait pas. Pas ce coup-là. Lentement, le temps sembla se figer. Elle se cramponnait de plus en plus à la main d’Alekseï, comme si sa vie en dépendait. Il était bien loin, le petit contact qu’elle avait établi avec lui tout à l’heure. Elle se rapprocha encore de lui, gardant sa main froide bien au chaud dans la sienne, et se cala contre lui. Elle avait peur d’en faire trop. Mais elle était bien, là, à écouter le cimetière silencieux. Un oiseau chanta à une vingtaine de mètres. Elle sentit son cœur s’apaiser doucement, ses larmes disparaître de ses yeux, son envie de se rouler en boule et de pleurer comme une enfant prendre fin. Doucement, un sentiment de fatigue et de lassitude l’envahit. Elle était bien, contre lui, certes. Mais elle ne voulait plus rester ici, désormais. Elle avait envie de partir. Avec lui. Loin de toute cette tristesse et de tout ce chagrin. Mais il venait d’arriver. Peut-être avait-il envie de rester encore un peu pour se recueillir. Peut-être voulait-il leur parler un peu.

« Si tu veux que je m’éloigne pour te laisser un peu avec eux, je peux, je ne le prendrais pas mal… »

Doucement, Addison posa sa tête sur l’épaule d’Alekseï. Elle savait qu’elle ne le prendrait réellement pas mal s’il lui demandait ça. Elle aurait mal, mais comprendrait tout à fait. Elle n’avait pas envie de le lâcher. Elle qui était si réticente au contact restait collée à lui comme un poulpe. La présence du russe l’apaisait. Elle sentait sa tristesse s’évaporer peu à peu, se teinter d’espoir. Elle avait envie que tout cela change. Que des teintes aussi roses que l’aube naissance envahissent progressivement sa vie sombre et défilant en noir et blanc depuis deux ans. Elle voulait y remettre de la couleur. De l’espoir. De la vie. Et en ce court instant, cet instant qu’elle présageait comme bref, qu’elle sentait déjà commencer à lui échapper, en cet instant, elle se sentait bien. Le film morne et triste reprenait quelques couleurs. Parce qu’à ce moment précis, avec sa main nichée au creux de celle d’Alekseï, avec sa joue posée contre son épaule, avec sa deuxième main qui commençait à ressentir l’envie d’accrocher son bras, sans pour autant le faire… Elle se sentait vivante. Pour la première fois depuis longtemps. Tout simplement.
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