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 DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.

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MessageSujet: DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.   Mar 8 Mai - 3:24

Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie.

✎ Noms ◮ Nóe A. Kyros & Malcolm Gray.
✎ Mois actuel ◮ Mars.
✎ Contexte temporel ◮ Un samedi après-midi, et en plus il pleut.
✎ Contexte spatial ◮ Dans un couloir.

Codage (c) Champifeuille et Shakespearette.






Lentement, Nóe laissa ses doigts tomber sur les cordes de la guitare, faisant s’évaporer quelques notes dans les airs. Quand il n’avait rien à faire, et qu’il voulait se changer les idées, il jouait un peu de guitare. Il jeta un coup d’œil sur le croquis d’un bâtiment posé sur son lit, tout en enchainant les accords sur son instrument, commençant à laisser entendre une mélodie plus ou moins connue d’un groupe de rock moldu qui datait déjà pas mal. Il se mordilla la lèvre, pensif. S’il n’améliorait pas son niveau en dessin, il ne risquait pas d’avoir des chances de devenir architecte. Son imagination était débordante, et sa tête de lit était recouverte de croquis sympathiques, toujours sur des architectures fantastiques. Il se sous-estimait clairement, comme d’habitude. Pour lui, il n’avait aucune chance, il n’y arriverait pas. Se mettant à fredonner doucement la chanson qu’il jouait, à savoir Lithium, du groupe Nirvana, il passa en revue le moindre trait de son dessin. Cela faisait une petite demi-heure qu’il était remonté dans le dortoir, après avoir passé deux heures à dessiner sur un fauteuil de la salle commune. Les gloussements d’une bande de troisième année l’avaient insupporté. Mais, toujours aussi poli que d’ordinaire, il s’était contenté de monter sans un mot. Oui, peut-être que c’était les rires de crécelle qui l’avaient agacé. Ou bien les bruits des papiers de bonbon qui avaient réveillé en lui cette faim insupportable. Il ne se souvenait même plus du jour où avait commencé la grève des elfes de maison. Mais toujours est-il que oui, il en souffrait. Nóe était bien plus gourmand qu’il n’y paraissait. En réalité, manger c’était un peu comme jouer de la guitare, dans le genre sacré. Il était capable d’engloutir des quantités assez impressionnantes de nourriture. Et tout ça, sans grossir. Et sans se servir de son don de métamorphomage, bien entendu. Il était d’une santé athlétique, et il fallait dire que toute une année à manger peu, et pas toujours très consistant ne lui avait donné qu’encore plus envie de profiter de sa vie et de se remplir la panse tant qu’il pouvait. Ca désespérait Hestia, mais c’était le cadet de ses soucis. Faut pas qu’elle ait peur, il ne comptait pas grossir et devenir une boule avec laquelle elle pourrait faire strike sans effort à tous les coups. Pas de risques, il se reprendrait avant ça. Pourtant la faim le tiraillait, ces derniers temps. Il était sorti pour acheter des trucs à manger, se faire des réserves dans le dortoir, mais au final… Soit quelques cons parmi ses camarades de chambre les lui piquaient, soit il se retrouvait à donner gentiment sa part à quelqu’un qui se sentait mal et qui avait absolument besoin de sucre ou de protéines. C’était la galère, cette grève, y avait pas photo. Brutalement, le grec posa sa guitare, sur le côté de son lit, marmonnant quelques jurons dans sa langue natale. Il avait l’impression que son estomac faisait un bruit tel qu’il était incapable de discerner les fausses notes des justes dans son morceau. Il regroupa ses parchemins couverts de dessins en tout genre, et les glissa dans une pochette qu’il cala dans son sac de cours. Sac qu’il hissa sur son épaule, prenant la direction de la porte du dortoir. Il fallait qu’il s’occupe. Qu’il trouve quelque chose à faire. Quelqu’un à écouter, quelqu’un à conseiller. Pas forcément une personne qui ait besoin de lui, mais… Un truc à faire. Et les gens étaient une des choses les plus divertissantes de la planète, qui prétendrait le contraire ? Pas lui, qui aimait tant savoir le moindre détail de leur vie, histoire d’imaginer ce que ça pourrait faire d’être… Eux. Cette tendance de s’imaginer dans la vie des autres, qui le rendait si tordu, lui faisait peur, en réalité. C’était presque contre-nature, il n’y pouvait rien. Un besoin, d’être gentil et serviable avec les autres. On s’était occupé de lui pendant toute une année, alors il aurait dû vouloir rendre la pareille et s’occuper des autres, non ? Non. Il en avait marre. Les gens continuaient à le prendre pour un petit oisillon faible. Certes, il n’avait plus le droit ni à l’alcool ni à la cigarette, carrément mauvais pour son corps désormais, mais il n’était plus aussi faible. Ca allait faire bientôt un an que toute cette histoire était terminée. Mais dans la bouche des gens, la seule chose qui avait vraiment du sens pour se comporter avec lui rimait avec pitié. Ils ne comprenaient rien. Nóe ne voulait pas de leur pitié. Il n’avait pas non plus envie que les gens se foutent de sa gueule, ni rien, mais il ne voulait pas non plus que tout le monde soit aux petits soins avec lui simplement parce qu’il a eu un cancer et qu’il a failli y passer. C’était un problème qui l’avait énormément fait souffrir, et son entourage avec, ok. Mais aujourd’hui c’était terminé, la vie continuait, et il fallait que les autres cessent de croire qu’il avait besoin d’eux pour subvenir à ses besoins. Il était loin le temps où il ne pouvait plus manger tout seul, hein, et il avait été très bref, juste les suites d’opérations. Il savait se débrouiller. Il était grand. Et d’autres avaient des problèmes bien plus important qu’une suite de cancer. Si certains voulaient l’aider, qu’ils lui racontent leur vie, et qu’ils arrêtent de se soucier de la sienne. Il ne demandait absolument rien d’autre.

D’un pas vif, le jeune homme descendit les marches de la tour de Gryffondor, passant le tableau de la grosse dame sans perdre de temps. Il céda le passage à une jeune femme avant de sortir, galant, puis s’engouffra dans les couloirs du château. Il avait pris quelques provisions avant de partir, histoire d’éventuellement se poser dans un coin et manger ses maigres victuailles s’il ne parvenait pas à trouver quelque chose en cuisine ou dans la salle commune. A nouveau, son ventre émit un son de baleine mourrante. Ok. Il fallait vraiment qu’il trouve quelque chose à se mettre sous la dent. Descendant en sifflotant doucement les escaliers magiques du château, Nóe s’efforça de ne pas prêter attention à la bande de septième année qui lui jetait un regard malveillant. Il ne leur avait rien fait, hormis peut-être les empêcher une fois de s’en prendre à Hestia ou à Cephei. Le reste, il s’en fichait. L’affaire était close, et il ne voulait pas s’en prendre plein la tronche simplement parce qu’il allait vers la cuisine en quête de nourriture. Mais la bande d’abrutis ne le suivit pas, se contentant de lâcher quelques mots insultants sur lui assez fort pour qu’il les entende. Le grec continua de siffloter son air, les ignorant superbement. Ils ne valaient pas la peine qu’il s’arrête, largement pas. Sortant un paquet de fruits secs de son sac, il l’ouvrit, commençant à grignoter quelques abricots. Pas très nourrissant, on en convient, mais c’est mieux que rien, en attendant d’essayer de se trouver un steak saignant. Ou une bonne salade composée qui lui tiendrait au corps. Ou même une omelette. Ou des pâtes. Raaaaaaaah, rien que de penser à toute cette bonne bouffe, il en avait envie de pleurer. Sortant un pan de chemise qui s’était coincé dans son jean plutôt lâche, il remit sa tenue en place. Non, il n’avait pas spécialement froid. Il n’était pas frileux, en fait. Ce qui expliquait ses tenues toujours assez… Pas très chaudes dirons-nous. Pourtant, le climat britannique contrastait fortement avec celui de la Grèce, c’est vrai. Mais il s’habituait rapidement aux changements de température. Il avait tout de même pris un sweat, dans son sac, au cas où. Oui, c’est un sac de cours. Avec une pochette de croquis, un pull, de la bouffe, trois ou quatre médiators qui ont dû se perdre au fond, et puis peut-être un bouquin en langue étrangère. Un sac de Nóe quoi.

Tournant au coin d’un couloir, le jeune homme avala un nouvel abricot. Il avait faim, terriblement faim, et ce n’étaient pas ces petits fruits secs qui allaient lui remplir l’estomac, aucun doute là-dessus. Il poussa un soupir en regardant le fond de son paquet, dont la quantité diminuait à vue d’œil. Pourquoi une grève de la bouffe hein ? Ils n’auraient pas pu faire la grève d’autre chose ? … Bon, ok, non les elfes de maisons s’occupaient surtout des cuisines, et rien ne vaut une manifestation au point fort pour se faire entendre. Mais pensez à ces pauvres élèves, gentils elfes de maison ;w;. Ils crèvent de faim dans les couloirs, et y en a même qui finissent à Sainte-Mangouste tellement la quantité de bouffe est faible. Et tellement elle est mal répartie aussi. Faut pas croire, les plus forts piquent la nourriture des plus faibles. C’est comme ça que ça a toujours marché et c’est comme ça que ça continuera à fonctionner. Bien entendu, si le griffon tombait sur une scène de la sorte, il ne laisserait pas les choses se faire. Il n’était peut-être pas un super héros, mais laisser les gens se faire tabasser pour du ravitaillement ne lui était d’aucune utilité. S’il les aid ait, après peut-être aurait-il droit à toutes les explications. Et c’était ça qui l’intéressait. Seulement ça.

Passant une main sur son crâne quasiment rasé, le grec humecta ses lèvres, avant de retourner piocher dans son sachet de fruits secs. Il continuait de marcher, sans réellement regarder où il allait. Bon. Que faire maintenant ? Après passage en cuisine pour tenter de soudoyer un elfe, bien entendu. Hmmmmm. Se promener dans le parc ? Même pas en rêve, vous avez vu le temps ? Bon, ben il irait sûrement se poser dans un coin et lire. Ou retrouver sa sœur. Ou bien faire son devoir de métamorphose pour demain. Il improviserait. Mais, alors qu’il allait tourner au coin d’un autre couloir, il bouscula soudain quelqu’un, ne l’ayant pas vu à cause du coin du mur. Son paquet de fruits secs lui échappa, et malheur de malheur, tomba au sol, répandant le contenu restant par terre. Naaaaaaaan D8. Pourtant, même si le premier réflexe du Gryffondor faillit être de se précipiter pour ramasser ses fruits, il se stoppa net dans son élan, s’assurant tout d’abord que l’autre n’avait rien. Il dévisagea rapidement le Serdaigle qu’il avait bousculé, s’approchant pour l’aider s’il en avait besoin. « Zut, j’suis vraiment désolé. Rien de cassé ? » Il était presque arrivé aux cuisines en plus, ça allait le retarder toute cette histoire ee. Mais ça n’avait pas d’importance, peut-être ce garçon pourrait-il lui tenir un peu compagnie dans cette souffrance de la faim. Lorsqu’il aurait vu qu’il avait étalé par terre le malheureux ravitaillement du grec, par inadvertance. « Malcolm, c’est ça ? « Il avait entendu parler de l’aiglon, et l’avait déjà vu. C’était autrefois un élève de son année, ils s’étaient donc croisés dans certains cours. Et puis ce type avait la réputation d’être juste une encyclopédie sur pattes. Pire même, une bibliothèque. Bah, peut-être que si Nóe faisait les yeux doux, il réussirait à obtenir de l’aide pour son devoir d’Astronomie, qui pour le coup lui posait une sacré colle ? Il n’avait pas envie de décevoir sa petite prof préférée en allant la voir pour lui dire qu’il n’y arrivait pas. Autant piocher de l’aide ailleurs. Le jeune homme sourit au garçon qu’il avait percuté, amical et sincère. « Je suis vraiment navré, je ne regardais pas vraiment où j’allais. J’espère que tu ne m’en veux pas. » Le tout c’était d’être vraiment confus et de s’en vouloir. Après, soit le type était un gros con et vous insultait, soit il vous disait que ce n’est pas grave, même si son premier réflexe a été de vouloir vous grogner dessus. Mais Malcolm n’avait pas la réputation d’être un sale con. Enfin, c’est ce qu’il allait bien voir. Malgré ses précieux abricots perdus, il était fin prêt pour une nouvelle rencontre, même avec son ventre qui grognait comme une baleine en colère et pas de très bon poil. M’en veux pas, petit aigle, ça va de paire avec la salle tête et la mauvaise humeur qui commence à se faire très légèrement sentir. Je commence vraiment à mourir de faim ces derniers jours.


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MessageSujet: Re: DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.   Mar 8 Mai - 7:54

Malcolm était assis , les genoux repliés contre lui-même, contre une fenêtre en haut de la tour qui servait de salle commune aux Serdaigles. Le regard perdu, il fixait l'extérieur, le parc et ses environs mouillés par la pluie qui battait, sans trop savoir quoi faire. Ses travaux pour les différents cours étaient en ordre et il n'avait pas envie de lire. Difficile à croire, mais vrai. C'était sûrement à cause de la faim qui le tenaillait depuis des jours. Il ne se nourrissait que d'eau et des rares choses qu'il pouvait trouver. En plus, Mal' n'avait pas d'argent pour s'acheter quoi que ce soit qui puisse le rassasié. Il ne serait pas surpris de finir prochainement à Ste Mangouste pour sous alimentation. Or, il ne pouvait pas. Se rendre là-bas serait catastrophique. Un séjour à l'hôpital des sorciers signifiait être découvert. Les médecins ne tarderaient pas à se rendre compte qu'ils avaient affaire à un loup-garou tout beau tout neuf. Enfin, presque. Certes il n'avait pas encore expérimenté sa première transformation, mais il s'en rapprochait peu à peu. Chaque nouvelle journée était accompagnée de deux boules au ventre : celle de la faim et celle, plus intense à chaque fois, de la peur. De la crainte. Chaque minute le rapprochait de la nuit fatidique. Et le pire, c'était que Lily lui avait bien dit de ne pas prendre sa Tue-Loup pour la première nuit. Autrement dit, il en subirait toutes les souffrances. Sans oublier que la première est la plus douloureuse. L'aiglon avala difficilement sa salive en pensant à cela. Il était mort de peur, tout simplement.

Mal' avait toujours été un garçon d'un grand calme, maîtrisant ses gestes et sa colère incroyablement bien, cependant sa nouvelle nature avait créé un côté plus... bestial en lui. Il sentait qu'il était moins résistant aux émotions fortes, et surtout à cause de ses sens et de son instinct décuplés, il se voyait plus réactif qu'avant. Le moindre bruit soudain le plaçait sur le qui-vive, comme si on allait lui sauter dessus, en gros l'aiglon était plus tendu que jamais. Il craignait qu'une émotion comme la peur fasse que son instinct le force à réagir brusquement. Malcolm ne se maîtrisait plus tout à fait, il le sentait au fond de lui. Il n'y avait pas trop prêté attention durant les trois semaines précédentes, bien que le changement soit clair dans sa tête, mais à une semaine de la pleine lune, les choses avaient pris une tournure différente. Il en avait donc conclu que oui il avait changé pour toujours, mais qu'il aurait vraiment du mal à se contrôler principalement lors de la semaine précédent les transformations. Les autres ne seraient pas trop différentes de son lui d'avant le loup. En tout cas il y avait moins de risques qu'il saute sur la première personne venant à le surprendre par mégarde. Comme d'habitude, il devrait éviter les ennuis, mais avec encore plus de prudence qu'avant. Tant de choses étaient différentes désormais. Sa vie ne serait plus jamais la même. Le jeune homme soupira avant de se lever après avoir caressé le plumage de sa petite chouette, endormie près de lui.

Donc, si vous n'avez toujours pas compris, cette grève tombait mal. Très très mal. Car il y avait autre chose que Lily lui avait fortement conseillé : pour mieux se contrôler, manger de la viande rouge bien saignante. Beaucoup. Et voilà que le Serdaigle se retrouvait sans en avoir mangé depuis une semaine voire plus – peut-être même deux, il n'avait pas fait attention – à sept malheureux jours de la pleine lune. Quelle jolie coïncidence, tout ce qu'il aurait bien aimé éviter ! Enfin bref, ce n'était pas comme s'il se foutait dans la merde toutes les deux secondes, risquant ainsi d'exploser. Ces pensées sonnaient étrangement dans sa tête. Il n'aurait jamais imaginé qu'un jour, il viendrait à craindre ses propres réflexes, lui qui ne s'était encore jamais montré agressif physiquement envers qui que ce soit. Mal' poussa un nouveau soupir en descendant les marches du dortoir des garçons, avant de passer par la salle commune et enfin sortir dans le couloir, où d'autres escaliers l'attendaient. Il ne savait pas exactement où il allait, mais tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait besoin de se ménager un peu. Quoi qu'au fond, il y avait bien une chose dont il était sûr : il espérait trouver de quoi manger. Malcolm avait beaucoup de respect envers les Elfes de Maison, mais là il en avait franchement marre. La nuit passée, il s'était même mis à pleurer. Tellement qu'il crevait de faim, ajoutez à cela la peur, les changements et ça craque.

Et en passant devant les élèves des différentes maisons, l'aiglon se rendait bien compte que ce n'était facile pour absolument personne. D'autant plus que certains s'étaient déjà retrouvés à Ste Mangouste. Il pensait également à Lily, beaucoup, même vachement plus instable que lui, qui n'avait pas sa viande. Mais bon, elle au moins, elle pouvait utiliser sa potion Tue-Loup. D'ailleurs, c'était aujourd’hui qu'il fallait la boire. Mais pas lui, elle avait été bien claire là-dessus. Bref, son ventre était aussi bruyant que celui d'un ours après l'hibernation. Il avait faim, tellement faim. Le jeune homme serra les poings quand un Serpentard se plaça soudainement devant lui, un sourire mauvais sur le visage. Immédiatement, l'animal en lui se plaça sur le qui-vive, méfiant et prêt à riposter comme si l'imbécile était un chasseur le mettant en danger. Mal' le fixa sans rien dire, le regard tout à fait neutre.

« Eh bien Gray ? T'as perdu ta langue ? »
« Heu, si je savais pourquoi tu m'empêches de passer, peut-être que j'aurais un truc à dire. »

Le garçon leva les yeux au ciel en jetant un regard amusé à ses potes. Malcolm lui, restait toujours aussi calme, bien qu'il sentait le loup pas encore tout à fait né gronder. Il s'énervait déjà, bien qu'il n'en laisse rien paraître. D'habitude sa colère mettait plus de temps à se montrer ou même ne se montrait pas, tout dépendait de la situation. Bien que jamais, il ne l'avait laissée éclater. Il s'était toujours sagement contrôlé. Sauf une fois, avec Mikhaïl Bielova, et encore il n'avait même pas haussé le ton. Peu de gens l'ennuyaient, mais certains Serpentards aimaient bien se foutre de lui sans la moindre raison, et l'aiglon les ignorait à chaque fois, imperturbable bien qu'il en soit vraiment irrité. Il n'était pas un souffre-douleur, mais comme tout excellent élève, il était parfois la cible d'imbéciles.

« Fais pas le con, Gray. Tu sais ce que je veux. »
« J'ai aussi faim que toi, laisse-moi passer, s'il-te-plait. »

Le serpent rigola, ne le prenant pas au sérieux, et amusé de sa politesse. Ah la faim amenait aux menaces maintenant ? C'est du beau. Le racket c'était nouveau. Le jeune homme serra un peu plus les poings. Il n'appréciait pas ce genre de comportement, pas du tout. Il se serait contrôlé sans le moindre soucis si en voulant passer sur le côté, le jeune ne lui avait pas donné volontairement une tape sur l'épaule pour le remettre à sa place. S'il avait été complètement humain, Gray aurait passé son chemin. Mais le loup lui, voyait ça comme une tentative d'attaque physique. Le garçon était une menace. Mal' ne se rendit pas exactement compte de ce qu'il se passa. Ce fut un réflexe. Comme s'il avait fait ça toute sa vie. Une force nouvelle projeta son bras vers la gorge du Serpentard, qui se retrouva pressé contre le mur, bloqué par le bras de Mal' qui le maintenait en place. Il glapit, surpris et effrayé. Ses amis ouvrèrent de grands yeux et reculèrent en sursautant. Ils attendaient à tout sauf à ça. Jamais Gray n'avait réagit à leurs provocations. C'était ça qui était amusant. Le serpent se débattit, cherchant à se dégager pour respirer normalement, la peur lui nouant le ventre.

« C'est bon Malcolm, ça va j'ai compris, lâche-moi, s'il-te-plaît, lâche-moi ! »

D'abord, Mal' ne réagit pas. Il fixa sa victime comme une proie à croquer, presque empli de l'envie de lui briser le cou, avant de soudainement se rendre compte de son geste. Il lâcha le gars que le regarda comme s'il avait affaire à une bête féroce – bien vu mon chou - et ce qui fit reculer l'aiglon, qui murmura un désolé et s'enfuit en courant dans les couloirs couverts de tableaux en tout genre. Leurs occupants le suivaient du regard, attentifs. Il finit par arriver s'asseoir contre un mur, hébété. Il n'avait rien compris. Tout était allé si vite. Son instinct l'avait forcé à réagir, à attaquer physiquement. Jamais il n'avait fait ça. Lily avait raison quand elle lui avait dit qu'il serait plus fort. Le type lui avait donné l'impression de ne pas peser plus qu'une mangue. (No comment sur la comparaison.) À cet instant, il avait eut l'impression d'être un animal. Il avait voulu venger toutes les fois où ce gars l'avait fait chié en souhaitant le tuer. Enfin pas lui, le loup. C'était flippant. C'était tellement... l'inverse de tout ce qu'il était. Doux et inoffensif. Calme. Malcolm se mordit la lèvre, perturbé. Tout ça était trop nouveau, trop différent, trop difficile. Qu'est-ce que ce serait après sa première transformation ?

Mais il ne fallait pas rester là. Le jeune homme se leva et reprit son chemin, sans but. Manger. Manger. Manger. Bon Dieu ce qu'il avait faim ! C'en était insupportable ! D'autant plus que cette mauvaise expérience l'avait rendu encore plus affamé. Il voulait déguster quelque chose, n'importe quoi, mais il le voulait intensément. Alors il décida, comme ça, d'aller se servir dans le peu qu'il restait dans les cuisines. Il se fichait du règlement qu'il respectait habituellement, il avait faim et s'il pouvait trouver à manger, il ferait ce qu'il fallait pour trouver ce qu'il souhaitait par dessus tout en cet instant. D'un pas vif et déterminé, il se dirigea vers les cuisines des Elfes de Maison, son ventre toujours grondant. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour manger, bon dieu. Mais il semblait que ce n'était pas du tout son jour. Après avoir traversé des tas et des tas de couloirs, descendus des escaliers, il tourna brutalement, toujours pressé, et ZBAM. Quelqu'un apparut droit devant lui, le percutant et faisant bondir son coeur comme jamais. Attaque physique avec résultat : peur. Il sentit l'instinct lui hurler de lui sauter à la gorge du Gryffondor comme s'il était animal sauvage, et alors que le jeune homme s'approchait un peu pour lui demander s'il allait bien en s'excusant et s'il était bien Malcolm, celui-ci recula la tête entre les bras, faisant son possible pour calmer ses pulsions qui s'affolaient. C'était trop en peu de temps. Il resta silencieux dans cette position, les yeux fermés, ce qui alerta l'autre jeune homme vu qu'il s'excusa à nouveau. Sa respiration se calmait, le besoin d'attaquer aussi. Enfin, il montra son visage, l'air profondément gêné et désolé. Ce n'était vraiment pas discret, même carrément bizarre. Mais il s'était replié ainsi pour s'empêcher de réagir comme dix minutes plus tôt, voire pire vu qu'ici il y avait eut choc en plus. Il baissa les yeux, navré. Ceux-ci remarquèrent les raisins secs sur le sol, et il se sentit d'autant plus coupable. En plus de s'être comporté comme un type à problème, il avait renversé la seule nourriture du lion.

« Non, ne le soit pas, c'est moi qui suis désolé... je ne voulais pas renverser tes fruits. »

Il connaissait le jeune homme, c'était Noe Kyros, un élève qui avait redoublé pour maladie grave. Ils s'étaient brièvement côtoyés en cours, mais sans plus. Et il n'avait jamais posé de questions, ce n'étaient pas ses affaires.

« Tu es Noe, c'est ça ? Vraiment désolé, je ne regardais pas non plus. »

Mal' se baissa alors pour ramasser les fruits. Un petit sort et ils seraient aussi propres qu'avant qu'ils ne rencontrent le sol. Ses doigts attrapaient les raisins avec précipitation, alors qu'il essayait de trouver une explication à son étrange réaction. Personne ne devait savoir, ou en tout cas presque personne, surtout pas quelqu'un qu'il connaissait à peine. Des tas de gens savaient pour Lily, mais ils étaient dignes de confiance.

« Heu, pour là tout de suite, je ne sais pas ce qui m'a pris, je suppose que j'ai eu peur, désolé si ça t'a semblé bizarre, ce n'est pas ce que tu crois, erm... euh... »

Il se perdait dans ses propos. Il ne trouvait strictement aucune bonne raison à sa réaction excessive. L'aiglon se redressa et remit les raisins secs dans les mains de Noe, une expression à la fois fuyante et navrée sur le visage. Le Serdaigle se trouvait vraiment coupable de s'être montré si distrait, et il était surtout perturbé d'avoir autant de mal à se contrôler. Merci morsure, merci pleine lune, merci faim.

« Promis, je t'en trouverai d'autres, ou n'importe quoi. »

Eh oui, Mal' voulait sincèrement lui faire ce plaisir. Et surtout faire oublier son comportement tant qu'il le pouvait. S'il cherchait à comprendre, il mentirait, voilà tout. Et si ça devait se savoir - ce qu'il ferait tout pour éviter -, il espérait que Noe comprenne. Il était bien placé pour ça, non ? La maladie, il connaissait.


2232 mots.


Dernière édition par Malcolm Gray le Mer 9 Mai - 2:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.   Mer 9 Mai - 2:38

Nóe était mal à l’aise. Obnubilé par son estomac dont il tentait de dissimuler les bruits aussi désagréables pour lui que pour son entourage, il en avait oublié de regarder devant lui, et avait percuté un élève. Elève qu’il connaissait de nom, et de vue pour l’avoir déjà croisé en cours, et qui avait semblé blessé, ou du moins très apeuré, par le comportement du griffon. Celui-ci ne comprenait pas comment il devait le prendre. Malcolm s’était caché derrière ses mains, comme pour s’empêcher de faire quelque chose qu’il aurait regretté, ou comme s’il voulait protéger son visage à la vue des autres. Le grec pensa alors qu’il s’était blessé et qu’il ne voulait pas qu’on le voie, et qu’il avait pleuré et ne souhaitait pas qu’on le remarque. Ou éventuellement un gros bouton dont il avait honte, et il avait peur d’être tombé face à la fille qui lui plaisait, ça arrivait à tout le monde. Mais lorsque l’aiglon avait découvert son visage, il n’y avait rien vu de tout ça. Juste une petite bouille désolée implorant le pardon. Bien entendu, cela avait interpellé notre gentleman, qui avait très légèrement froncé les sourcils. Mais il n’avait pas à poser de questions, cela ne le regardait pas du tout. Le Serdaigle ne croisa pas son regard. Peut-être était-il timide. Il ne lui en tenait absolument pas rigueur, il faisait ce qu’il voulait, et Nóe était très loin d’être un garçon qui cherchait les problèmes pour rien parce qu’on osait pas le regarder en face. Il était détendu et relax, ne se prenait pas la tête avec les autres sur n’importe quel prétexte. Loin d’être un fouteur d’embrouilles, il ne foutait la pression qu’à lui-même, ou aux éventuels cas sociaux qui s’en seraient pris à ses sœurs. Il avait déjà piqué quelques colères qui avaient fait comprendre à une imbécile ou deux qu’il est sympa, mais que faut pas s’en prendre aux deux petites prunelles de ses yeux, sous peine de voir le type cool devenir… Subitement moins cool. Mais le reste du temps, il n’y avait qu’à lui-même qu’il faisait des reproches. La plupart des comportements étaient excusables, de son point de vue, et il s’en prenait souvent à lui-même lorsqu’il y avait des problèmes. C’était pour cette raison que, malgré le comportement étrange du jeune homme en face de lui, et bien que celui-ci ait renversé la quasi totalité de son paquet d’abricots secs par terre, il ne lui en tenait absolument pas rigueur. C’est vrai quoi, ça va, ce n’est qu’un petit accident, il n’y a pas un plus fautif que l’autre dans l’histoire, ils se sont juste rentrés dedans à un croisement parce qu’ils marchaient tous les deux à vive allure, ils ne s’étaient pas vus, et basta, le mauvais timing avait fait le reste. Non, vraiment, Nóe était très loin de lui en vouloir, pour quoique ce soit. Là où d’autres se seraient brutalement énervés en insultant leur camarade pour lui aboyer de regarder où il va quand il marche, lui se contentait de s’excuser, et de secouer la main d’un air de dire que ce n’était absolument pas grave. Même si l’aiglon avait renversé de la nourriture pendant la grève de cuisine des Elfes. Y avait plus grave tout de même. Si par peur il s’était attaqué au grec et lui avait cassé un bras, là il aurait eu des raisons de se plaindre. Mais franchement, même si la faim rendait de mauvaise humeur, y avait des limites à tout. Et il n’avait pas envie de se prendre la tête. Pas aujourd’hui.

Il regarda l’aiglon s’empresser de ramasser les petits fruits avec un sourire touché, tout en s’excusant, et en lui demandant s’il était bien Nóe. « C’est bien moi. » Décidément, à Poudlard, on pouvait tomber sur des cons comme sur des gens adorables. Aidant le bleu et argent, il se baissa et ramassa quelques abricots, ayant coincé le paquet sous son bras. Il jeta un bref sort d’un coup de baguette pour les nettoyer, et les remit dans le sachet, prenant au passage ceux que Malcolm lui tendaient.

« Merci, mais tu n’étais pas obligé tu sais. J’ai un autre paquet dans mon sac, et puis ce ne sont que quelques fruits, même si c’est vrai qu’en ce moment, ils sont plutôt précieux. »

Il eut un petit rire, plus nerveux qu’autre chose, tout en remettant bien ses vivres dans le paquet, afin qu’aucun ne retombe au sol pour avoir été placé un peu trop au bord. Il écouta le jeune homme s’excuser pour son comportement, et sourit de plus belle, lui jetant un regard franc et amical, secouant légèrement la tête. Ce n’était pas grave, il n’allait pas se prendre la tête pour cela. Bien que le comportement ait été étrange, et que le fait que le jeune aiglon semble dissimuler la vraie raison de sa petite crise derrière des hypothèses auxquelles lui-même ne semblait pas croire, Nóe ne voulait pas l’en blâmer. Il savait par expérience personnelle que parfois, on ne comprend pas vraiment ce qui nous arrive, pourquoi on fait telle ou telle chose. Et pire même. Il y a des moments où on sait pertinemment ce qui se passe, ce qui nous arrive. Mais on en a tellement honte qu’on ne veut pas en parler. On se cache derrière un mensonge plus ou moins plausible pour dissimuler son comportement, et on tente au maximum d’éviter les éventuelles remarques qu’on pourrait nous faire. Le grec était devenu un champion du mensonge, bien involontairement, et exactement pour cette raison. Il n’était pas spécialement mauvais en soi, mais parfois il fallait savoir dissimuler la vérité. Les gens lui demandaient souvent pourquoi il s’intéressait toujours à ce qui arrivait aux autres, sans parler jamais de sa vie à lui. C’était une interrogation qu’ils étaient en droit de se poser, mais à laquelle il ne voulait pas répondre. Bien entendu, seuls les gens altruiste se posaient cette question, les égoïstes étant simplement très heureux que pour une fois, quelqu’un se contente d’écouter leur petit monde sans faire des commentaires qu’eux jugeaient inintéressants. Mais voilà, quoiqu’il arrive, Nóe ne parlait pas des véritables raisons qui le poussaient à être silencieux sur lui-même, et à boire en parallèle chaque parole sur la vie des autres. Il avait honte de ce qu’il s’imaginait, et trouvait ça totalement contre-nature de recueillir la vie des gens pour simplement s’en construire une nouvelle à lui, dans son imagination, à partir de tous les éléments qu’il pouvait glaner chez les autres. Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. Depuis son cancer, il éprouvait un besoin secret et lancinant de refaire le monde à sa manière. Un monde où il n’aurait jamais été malade, et où tout irait bien. Il voulait que tout aille bien, que sa famille ne soit pas déchirée. Bien entendu, il n’imaginait pas qu’une seule version de sa nouvelle vie. Mais des dizaines. Il avait besoin de rêver, de s’échapper de cette réalité si dure qu’il avait dû encaisser de plein fouet. Sans le savoir, il était en cet instant même face à un jeune homme qui prenait la réalité en pleine face, sans l’avoir jamais demandé. Le rêveur et le vivant blessé. Mais peut-être qu’il y avait un an c’était exactement le contraire. Malcolm rêvait probablement, et lui, Nóe, était couché dans un lit d’hôpital à attendre fatalement l’heure où il se ferait opérer, opération dont il ne se réveillerait peut-être pas. La vie était injuste, la roue tournait et faisait s’échanger les rôles, sans qu’on le veuille, sans qu’on l’espère. Mais il n’y pouvait rien. Et malgré tout, il n’était pas spécialement heureux que quelqu’un souffre à sa place. Certes, c’était un soulagement, lui n’avait pu à endurer cette idée que la mort pouvait lui tomber dessus à chaque instant. Mais l’idée que ce poids s’était envolé vers les épaules d’un autre ne le rassurait pas du tout non plus. Ca pouvait être sur n’importe qui que c’était maintenant tombé. Sur un de ses amis, un membre de sa famille. Albus avait perdu son père, par exemple. Il avait écopé d’un malheur que jamais le jeune grec ne lui aurait souhaité. Et de toute évidence, le Serdaigle en face de lui n’allait pas bien du tout non plus.

D’un air plutôt tendre et prévenant, Nóe secoua à nouveau la tête lorsque le septième année en face de lui se proposa de lui racheter des abricots, ou de faire quoique ce soit d’autre qui pourrait lui être utile. Non. Le Gryffondor n’avait aucune envie que ce petit se vide les poches pour lui. S’il devait dépenser quelques gallions pour s’acheter à manger, c’était pour lui-même, et non pour un simple inconnu bousculé dans le couloir.

« Ne t’en fais pas, tu ne me dois rien. Regarde, un sort de niveau de première année et ils sont comme neuf, y a pas de quoi en faire tout un plat. » Doucement, Nóe lui tendit le sachet, un sourire sur les lèvres. « Tu en veux ? Tu as l’air de mourir de faim, mon pauvre. Sinon, j’ai quelques trucs dans mon sac, du genre… » Il ouvrit son sac d’une main, commençant à fouiller. « Hmm. Viande séchée de Grèce, tiens. Barres de céréales. Des bonbons sinon, mais ça tient pas trop au corps. Ou encore des fruits, si tu veux. »

Il releva les yeux vers son camarade. Le pauvre était tout pâle, vraiment. Il tirait une tête de cent pieds de long, comme si la terre entière s’effondrait sur ses épaules. Et en temps que petit gars sympa, Nóe ne voulait surtout pas le laisser comme ça, ah ça non. Il lui adressa un nouveau petit mouvement de tête, pour l’inciter à se servir, ayant sorti de sa main libre les quelques trucs qu’il avait évoqué une poignée de secondes auparavant.

« S’il te plait, refuse pas, t’as vraiment l’air d’être au bord de t’évanouir, je refuse de te laisser te promener comme ça. J’ai l’impression qu’au moindre coup de vent tu vas tomber éè. »

Il insista en levant un peu plus la main vers lui. Sérieux, il ne voulait pas laisser repartir Malcolm sans que celui-ci ait avalé un truc. S’il s’était vu dans un miroir, il aurait compris que le griffon prenne autant à cœur l’idée de lui faire avaler un truc. Doucement, le grec rajouta, d’un air compatissant.

« J’allais me chercher un truc en cuisine, si tu veux. Enfin essayer. Mange quand même un truc, s’il te plait, j’ai pas envie de devoir te porter si tu tombes, je m’en voudrais. Et comme ça, tu auras au moins un truc dans le ventre si jamais on arrive pas à se faufiler dans les garde-mangers. »

Bien entendu, Nóe ignorait totalement que malgré son apparence fatiguée et affamée, Mal’ conservait une force qui lui était infiniment supérieure, et qu’il n’aurait eu aucun mal à faire une randonnée si on le lui avait demandé. Il était bien plus résistant que son interlocuteur à ce moment précis, mais celui-ci ne pouvait pas le savoir. Il ne pouvait pas non plus deviner que cet air pâlot et mal en point était dû à également autre chose que la faim. Alors il proposait ce qui était dans ses moyens, ce qu’il pensait juste de faire lorsqu’on se retrouvait à avoir la possibilité d’aider quelqu’un. Et si l’aiglon refusait, il lui ferait avaler de force èwé.

« Oh, et ne t’en fais pas pour tout à l’heure. T’as le droit d’avoir eu peur, ou je ne sais quoi. J’ai juste vraiment eu peur de t’avoir fait mal. Mais si ça va pas, tu peux en parler hein. »

Nouveau sourire. En fait, il ne pouvait pas s’empêcher d’être gentil et d’offrir son aide. C’était réconfortant. Ca lui donnait l’impression d’exister, et de servir à quelque chose. Qu’il était vivant, et pas juste un truc invisible qu’on croisait sans voir, comme il s’était senti pendant l’année de sa maladie. Non. Maintenant il se sentait vivant, et il avait besoin de le montrer. Montrer qu’il n’était pas mort, et qu’il méritait qu’on lui accorde au moins un peu d’attention. Et aussi stupide que cela puisse paraître, si Malcolm acceptait ces fruits, ou la viande séchée venant de son pays d’origine, ou même ces barres de céréales ou ces bonbons qu’il s’était procurés à Pré-au Lard… Il se sentirait mieux. Plus important. Pas complètement impuissant dans le malheur des gens. Oui, Nóe était étrange, et ses pensées encore davantage. Mais c’était un besoin incontrôlable d’aider les gens. Qu’il espérait sincèrement que l’aiglon en face de lui ne refuserait pas.



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MessageSujet: Re: DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.   Mer 9 Mai - 6:58

Le soulagement lui fit l'effet d'une caresse. La pression retomba d'un coup, le laissant presque aussi léger qu'une plume. Mal' sortit son premier sourire de la journée adressé à quelqu'un. Nóe ne posait pas de questions, il avait remarqué que son interlocuteur vivait quelque chose qu'il ne voulait pas divulguer et il respectait cela en ne cherchant pas à savoir quoi. Rien que pour ça, l'aiglon savait qu'il apprécierait le lion. Peu de gens faisaient preuve d'une telle retenue. Peu se seraient retenus de demander ce qu'il lui arrivait, pourquoi il avait réagit si excessivement. En plus, il était sympa et ne l'agressait pas pour l'avoir bousculé. En général les élèves s'énervaient, criaient des injures ou lançaient des regards noirs. Pas le jeune homme, il était aussi calme et compréhensif que lui maintenant qu'il avait calmé ses pulsions. Cela le rendait suffisamment confiant pour ne pas cacher qu'il était vraiment rassuré. Il aurait regretté de devoir se montrer fermé pour ne pas révéler son secret. Même si honnêtement, il avait cruellement besoin qu'au moins quelques personnes le sachent. Hugo était au courant, Albus aussi, mais n'empêche qu'il se sentait vraiment seul. Personne d'autre avec qui partager sa... maladie. Tandis que Lily, combien de personnes avait-elle ? Elle le lui avait bien dit : Ron, Hermione, James, Albus, Dominique, Hugo, Fred, Meghan, Lucy, ... pourquoi pouvait-elle avoir tout ce soutien et pas lui ? N'en avait-il pas autant besoin qu'elle ? Le Serdaigle secoua légèrement la tête pour se changer les idées avant de sourire une nouvelle fois. Le Gryffondor sortit alors un tas de trucs à manger de son sac et les lui tendit, lui en proposant gentiment. Son regard tomba sur la viande séchée. C'était fou comme il appréciait la viande depuis qu'il avait été mordu. Il l'avait toujours aimée, mais là, c'était bien plus qu'avant. Cependant il fit un mouvement négatif de la tête, bien que son ventre protestait, grognant face à toute cette nourriture.

« Non merci, c'est gentil mais tu en as besoin aussi. »

Mais Nóe insistait. Il tenait à ce qu'il mange, parce que... quoi ? o.o Il avait l'air si affamé que ça pour qu'il pense une chose pareille ? Mal' songea soudainement à se regarder dans un miroir, il ne devait vraiment pas avoir l'air dans son assiette pour que le lion lui dise cela. Pourtant, il se sentait bien. Enfin bien, disons physiquement, à part qu'il avait terriblement faim. Il était vrai qu'il ne faisait pas vraiment attention à lui ces derniers temps. Il n'avait jamais eut de réels problèmes avec sa santé, donc maintenant qu'il était loup-garou et qu'il savait qu'il ne tomberait plus jamais malade – enfin, il supposait que ça dépendait de la maladie – il se fichait complètement de son état. Mais apparemment, être lycanthrope ne signifiait pas échapper aux traits fatigués, à la pâleur et à l'épuisement de la sous-alimentation qui s'accompagnait de difficultés à dormir. Malcolm tendit la main avec hésitation, le regard insistant de Nóe le faisant se sentir obligé de se servir, et son inquiétude apparente aidant. Jamais il n'avait vu quelqu'un faire autant attention au bien-être d'une autre personne. Qu'il connaissait à peine en plus. Ce garçon était tout simplement gentil, et ça lui plaisait. Il devrait y avoir plus de gens comme ça. Sauf que ce que le jeune homme ne savait pas, c'était que si l'aiglon avait l'air "sur le point de s'évanouir" c'était parce que les deux réactions dangereuses de son instinct bestial l'avait fortement perturbé. Et oui vous pouvez ajouter à ça la faim, qui n'aidait en rien sa situation. Il finit par prendre deux morceaux de viande séchée avec un sourire reconnaissant. L'aiglon ne tarda pas à les déguster rapidement, tellement son estomac les réclamait.

« Merci, c'est très gentil de ta part, tu n'étais pas obligé. »

Que de générosité, si rare de nos jours. Surtout en cette période de quasi-famine. Pas étonnant qu'ils aient tous les deux pensé à se rendre aux cuisines réquisitionner un peu de nourriture è.é Il appréciait d'ailleurs la proposition d'y aller ensemble, aussi hocha-t-il vivement la tête pour réponse. Ce serait même un plaisir que d'envahir les cuisines avec lui. Étrangement, il n'était pas loin d'avoir complètement confiance en Nóe. En plus, Albus lui avait parlé de lui comme quelqu'un de confiance. Et il la lui inspirait. Peut-être parce qu'avec ce qu'il avait vécu, il savait que le jeune homme pouvait comprendre ce qu'il ressentait. Sans savoir exactement de quoi il retournait, mais il était clair que Mal' n'allait pas bien. Enfin si il allait bien, comme ça il avait l'air, mais non. Enfin, c'était compliqué. Il revenait justement sur le sujet, ce qui crispa Mal' pour un instant. Shit, il pensait avoir évité cette partie-là.

  « Je... »

Il détourna le regard en désignant le couloir menant aux cuisines, proposant ainsi de marcher jusque là en parlant. Ce après quoi il reprit d'une voix hésitante, ce n'était pas la peine de mentir, le Gryffondor avait bien compris que quelque chose n'allait pas :

« C'est... compliqué. Je n'ai pas le droit d'en parler. Je voudrais mais je ne peux pas. »

De toute façon, il détestait mentir et il sentait qu'il pouvait se montrer sincère avec Nóe sans pour autant en dire trop. De cette manière, il lui exprimait le fait que ce n'était pas qu'il ne voulait pas, c'était que quelque chose l'en empêchait. Ou plutôt quelqu'un. Si ça ne tenait qu'à lui, il lui aurait expliqué, parce que le jeune homme savait ce que c'était qu'être atteint d'une maladie grave. Car oui, la lycanthropie, c'était un peu ça, la possibilité de guérison en moins. Roh et puis, s'il venait à décider d'avouer, il le ferait. Au pire, si la réaction de Nóe se voyait inappropriée, il maîtrisait très bien le sortilège d'oubliette. Par réflexe, il porta la main à son torse habillé d'un simple t-shirt blanc – c'est qu'il ne ressentait plus le froid, le louveteau – pour sentir le contact de ses cicatrices qui lui rappelaient que ce n'était pas juste un cauchemar, mais qu'il était bien réel. Elles avaient toujours de la forme, celles de la morsure encore plus, il suffisait de lui frôler la poitrine pour la sentir, mais au moins il était rassuré de savoir qu'elles finiraient pas disparaître. Enfin, il garderait sûrement une trace blanche et pâle de la morsure, mais rien de plus. Malcolm jeta un coup d'oeil accompagné d'un léger sourire à son compagnon d'après-midi, aussi affamé que lui.

« Et puis, je suis sûr que tu pourrais deviner, en réfléchissant un peu. »

Mal' voyait en lui un nouveau soutien, le candidat parfait avec les deux seuls, en dehors de Lily, qui savaient déjà. Albus était un membre de l'Ordre, ce n'était pas un secret, et s'il disait que Nóe était quelqu'un de bien, il ne se ferait pas prier pour lui accorder sa confiance. Son simple comportement envers lui lui disait beaucoup sur le lion, et il sentait, son instinct de loup le lui disait, qu'il avait affaire à une personne qui ne le trahirait pas. Ce n'était pas un hypocrite ou un menteur. Pas envers lui en tout cas. Il changea cependant de sujet, préférant encore y réfléchir. Ne pas se précipiter, encore un peu l'analyser.

« Alors, en arrivant, que dévalise-t-on en premier ? »

Le jeune homme lui offrit un autre sourire, espiègle cette fois. Ils avaient faim, les cuisines ne leur résisteraient pas.


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MessageSujet: Re: DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.   Ven 11 Mai - 5:39

Ah, bah voilà. Il avait enfin accepté d'avaler un petit bout. Ça ne lui ferait pas de mal, vu comment il était tout pâlot. Pourtant, même si l'aiglon semblait faible, il dégageait quelque chose. Une chose que Nóe ne parvenait pas réellement à identifier. Il fronçait doucement les sourcils, son sourire toujours aux lèvres, regardant le jeune homme manger les barres de viande séchée, rangeant le reste de ses provisions dans son sac, tout en ayant lâché quelques mots sur la petite hésitation qu'avait eu le garçon quelques instants auparavant. Il ne lui en tenait pas rigueur, bien entendu. Comment l'aurait-il pu, alors que lui-même gardait bien des secrets sur sa personne ? Ce n'était pas pareil, pourtant. Malcolm avait essayé de se justifier, pensant trancher ainsi nette la curiosité du grec. Malheureusement pour lui, ça ne marchait pas tout à fait comme cela, et le fait de tenter d'étouffer l'affaire avait plus donné envie au jeune homme d'en savoir plus que de le laisser tranquille. Pourtant, il dissimulait habilement son impatience et sa curiosité sous son masque de politesse, comme toujours. Il écouta le Serdaigle commencer à balbutier une réponse, et se sentit mal. À la base, il pensait que sa petite remarque aurait clos la conversation, qu'ils ne reviendraient pas dessus ni l'un ni l'autre, et qu'ils partiraient simplement ensemble vers les cuisines. Mais l'aiglon cherchait encore une fois à se justifier. Il indiqua le couloir en direction des garde-mangers de Poudlard, incitant Nóe à marcher en même temps que parler. Lui souriant et acquiesçant d'un signe de tête, le jeune homme reprit son chemin aux côtés de sa nouvelle rencontre. Qui reprenait la parole d'un air mal assuré. Tiens donc. Il avait un secret. Mais il n'avait pas le droit d'en parler. Une deuxième personnalité le lui interdisait ? Il était bipolaire ? Oh c'est bon Nóe. Se forçant à faire taire la petite voix de la curiosité, le grec ne put tout de même s'empêcher de penser que ce petit bonhomme avait une manière étrange de dissimuler les secrets en montrant qu'il en avait. Il avait sûrement ses raisons, certes. Mais le Gryffondor devait admettre que lui, lorsqu'il avait quelque chose à cacher, il ne disait pas qu'il ne pouvait pas en parler. Il mentait. Trouvait une excuse plus ou moins bidon en fonction des jours. Pour cela, il était un champion, et la quasi totalité de ses mensonges était concentrée sur des choses qu'il ne voulait pas que les autres sache. Il ne mentait pas sur son amitié, ni sur sa confiance. Ni même sur un tas d'autres sujets. Écoutant le Serdaigle dire que ce n'était pas très difficile à deviner, Noé termina son paquet de fruits secs, laissant tomber le sachet dans son sac et refermant celui-ci pour que rien ne s'échappe.

« J'aime pas jouer aux devinettes, si tu ne peux pas m'en parler ou que tu ne veux pas, pourquoi est-ce que je forcerais le passage ? C'est irrespectueux. »

Souriant de plus belle à l'aiglon, lui faisant par la même comprendre qu'il ne comptait pas forcer ses barrières et lui arracher les informations, le griffon poursuivit légèrement, espérant clore ainsi le sujet qui mettait Malcolm mal à l'aise.

« Alors n'en parle pas. Si un jour tu éprouves le besoin de te confier je serais là, mais en attendant occupons-nous de nos estomacs, qu'en dis-tu ? »

Riant légèrement, le grec écouta son nouvel ami lui demander ce qu'il comptait dévaliser en premier quand ils arriveraient aux cuisines. C'était une excellente question. Nóe était quelqu'un de particulièrement gourmand, et mangeait absolument de tout. La seule chose qu'il n'aimait pas, c'était les rognons. Sinon, il était capable d'engloutir n'importe quel légume et n'importe qu'elle viande. Et là, il avait tellement faim qu'étrangement, il ne se demandait même pas ce qu'il aurait envie de manger. Tout et n'importe quoi, la première chose qu'il pourrait trouver. Il était tellement affamé que n'importe quoi le rassasierait. Son estomac produisait encore des bruits abominables, témoins de sa faim. Pourtant, à bien y réfléchir, même s'il comptait sauter sur le premier met venu, il aurait bien envie d'un steak. Un bon morceau de hampe, avec de la moutarde, et puis des pommes de terre. Pommes de terre rondes, dorées et croustillantes. Et en dessert... Une charlotte aux pêches. Mon dieu. Il aurait tout donné pour ce repas frugal mais tellement délicieux. Entendant son ventre produire un nouveau bruit abominable, il décida de cesser de penser à ce qu'il allait bien pouvoir engloutir, et plutôt de se préoccuper de la question posée par Mal. Doucement, il passa une main sur son crâne presque rasé, avant de rajuster son sac sur son épaule.

« Je passerais bien d'abord côté viande et féculents. Ce qui tient le plus au corps quoi. » Il rigola légèrement, avant de hausser un sourcil, tandis qu'une pensée moins joyeuse l'effleurait. « Mais pour ça, encore faudrait-il que les Elfes de Maison nous laissent passer. »

Il laissa tomber son regard sur le sol devant lui. C'était un léger détail qu'ils avaient presque oublié. Si tous les élèves n'étaient pas rassemblés dans les cuisines pour protester en ce moment même, c'était bien parce que les petits cuisines interdisaient l'accès aux garde-mangers. Ça compliquait assez franchement la tâche du ravitaillement. Mais si Nóe s'était bougé aujourd'hui, c'était bien parce qu'il comptait passer, cette fois. Sinon, on le retrouvait dans deux jours à Sainte-Mangouste, malgré ses apparentes provisions. Il aurait pu prétexter que son corps était encore faible et avait besoin d'être bien alimenté, pour être plus résistants, ses défenses immunitaires ayant été considérablement amoindries par son cancer. Ça n'aurait même pas été mentir. Parce qu'au fond c'était vrai. Mais il ne pourrait pas prétexter la même chose pour l'aiglon, et il n'avait pas envie de laisser celui-ci sur le banc de touche pour aller manger seul. Et puis, son excuse ne passerait peut-être même pas, alors...

« T'as une idée de la manière dont on pourrait passer ? La pitié ça marchera pas, y a déjà des élèves qui sont partis à Sainte-Mangouste, et pourtant ils continuent. »

Nóe passa à nouveau sa main sur sa tête, tout en continuant à marcher. Il espérait avoir trouvé une solution quand ils arriveraient aux cuisines. Vu la tête de Malcolm, le jeune homme avait encore plus besoin que lui de manger. Il n'y avait plus qu'à prier qu'ils trouvent quelque chose, puis que leur plan réussisse. Auquel cas ils n'auraient plus qu'à attendre les brancards de Sainte-Mangouste en finissant les maigres provisions du griffon...



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MessageSujet: Re: DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.   Ven 11 Mai - 21:47

Nóe fit alors ce qu'il n'aurait jamais imaginé : il l'invita à ne pas en dire plus. Ça, c'était du jamais vu pour lui. En général les gens cherchaient à comprendre, imaginaient des scénarios, posaient des questions en espérant obtenir une réponse qui leur fournirait des informations. L'homme est curieux, il était fort rare que l'on ne se laisse pas aller à sa curiosité. Mal' sourit avec reconnaissance, bien qu'honnêtement, lui expliquer ne l'aurait pas dérangé. Il verrait selon les circonstances. S'il devait se produire quelque chose qui le forcerait à lui dire, il parlerait sans regret. Il avait besoin de confident, garder ce genre de secret pour lui, c'était à la limite de l'insupportable. Nier, fuir, mentir en permanence !, tout ce qu'il y a de plus désagréable. Et si aucune occasion ou soudaine envie n'apparaissait à lui, tant pis. Mais une chose était sûre : il était parfaitement disposé à franchir le pas dès qu'il sentirait qu'il pourrait se le permettre. Nóe lui inspirait une étrange confiance. Peut-être parce qu'ils étaient semblables sur certains points tout en ayant leurs différents.

L'aiglon hocha la tête avant de demander dans quoi ils iraient se servir en premier. Il répondit dans sa tête à sa propre question, se doutant que le lion faisait de même. Ils étaient suffisamment affamés pour s'imaginer de délicieux plats qu'ils engloutiraient comme des ogres. Mal' lui, pensait à de la viande rouge, saignante, un énorme steak avec des pommes de terre au four saupoudrées de sel avec un peu de beurre ou des frites, de délicieuses et croustillantes frites belges, et comme légumes des carottes à la crème, douce, très légèrement croquantes, avec un léger goût sucré. Penser à tout ça ne faisait que faire empirer son envie de manger et les gargouillements de son ventre, mais d'un côté, c'était tellement agréable. Oh, et le dessert ! Le dessert, il aurait tellement voulu un tiramisu ! Un dîner de rêve, il n'aurait jamais imaginé avant de crever de faim que ces choses si habituelles puissent un jour le faire limite baver. Il craignait même de finir par en rêver. En fait, ils n'étaient vraiment pas loin de toucher le fond. La voix du jeune homme donnant son avis le ramena sur terre, parce que oui, une seconde avant, il était au paradis imaginaire.

« Viande et féculents. Je pensais exactement à la même chose. »

Et c'est vrai. Sauf que Nóe rappela quelque chose qu'ils avaient juste un peu oublié jusque là. Les Elfes de Maison. Ils n'avaient pas quitté Poudlard, non, ils vivaient toujours dans les cuisines, et surtout gardaient précieusement les réserves. Pleines à craquer, non utilisées. Prêtes à être dévalisées.

« Oh. »

Le gryffon avait raison. Ils ne les laisseraient pas passer comme ça. Une idée pour passer ? Eh bien, il fallait réfléchir. Des tas avaient essayé avant eux de forcer le passage, de les supplier, mais ils étaient restés inébranlables. De plus, il ne fallait pas oublier qu'ils étaient des créatures puissantes, usant de magie sans baguette. Sans était presque surprenant qu'ils ne vivent que pour servir les sorciers. S'ils le voulaient, ils auraient pu vivre comme leurs maîtres, sans problème. Ils savaient tout faire, mais étaient nés pour être des sortes d'esclaves. Mal' s'arrêta soudainement, pris d'une sorte d'illumination. Bien sûr. Ce n'était pas très sympathique, mais ça pouvait marcher. Peut-être. C'était simple, faisable. Il suffisait juste d'être convaincants. Pourquoi personne n'y avait pensé ? C'était pourtant tellement logique. Les Elfes faisaient la grève pour avoir plus de droits, ils voulaient de vrais salaires, un endroit pour dormir correct et... des vêtements qui ne signifiaient pas l'exclusion. Sauf que, ça ne leur avait toujours pas été accordé. Autrement dit, recevoir un vêtement de leurs maîtres signifiait l'exclusion, et quoi qu'ils souhaitent, les Elfes de Maison ne voulaient certainement pas être renvoyés de Poudlard, leur maison. Or, qui étaient leurs maîtres ? Les élèves, les professeurs, tous les habitants de l'école. Oui, ce n'était pas très correct, mais ça pouvait marcher. Et si non, ils trouveraient autre chose. Malcolm s'adressa à Nóe et lui explique son idée d'une traite, le reste était facile à déduire :

« Menaçons certains d'entre eux de leur offrir un vêtement. On n'a qu'à leur dire qu'on n'en fera rien s'ils nous donnent ce que nous voulons. Sans trop exagérer non plus. Ce n'est pas sympa, mais si on n'essaie pas, on est bon pour Ste Mangouste. »

C'est sûr que ce n'était pas du tout – mais alors vraiment pas du tout - dans les habitudes de Mal' que de menacer de pauvres créatures magiques, mais là il ne voyait pas d'autre solution, et il ne comptait pas aller à l'hôpital où sa lycanthropie serait révélée à tout l'endroit, pour finir dans les oreilles de chaque élève de l'école et dans celles de ses parents. Ce genre de nouvelle va bien trop vite. Et concernant son père et sa mère, il préférait le leur apprendre de sa bouche et pas de celle de quelqu'un qui dirait "votre fils est loup-garou, un monstre assoiffé de sang". C'était hors de question. Enfin bref, maintenant il fallait réfléchir à quoi faire mine de donner. Il avait deux options de son côté : ses chaussettes ou son t-shirt. (Ce qui faisait trois Elfes.) Il opterait pour la première proposition, il ne pouvait pas se permettre de dévoiler soudainement, sans le prévenir sur ce qu'il verrait, à son nouveau compagnon les horribles cicatrices qui lui striaient toute la poitrine, une partie du ventre et même une de ses hanches. Lily l'avait mordue une fois au niveau du poumon, sans heureusement l'atteindre, mais l'avait salement lacéré de ses griffes. Les Elfes ne se poseraient pas beaucoup de questions, ils seraient trop distraits par la menace et leur intrusion, mais ce serait une manière un peu brusque d'apprendre à Nóe ce qu'il était. Tant pis, il prendrait le temps de délacer sa converse pour s'enlever une chaussette. Pas d'inquiétude, Mal' ne pue pas des pieds.

« Tu en penses quoi ? De mon côté, je peux les menacer de mes chaussettes. »

Ça aurait fait vachement con comme phrase dans une autre situation XD. Et non pas du t-shirt blanc. Ça l'amusait de se rappeler que Harry Potter avait libéré un Elfe avec une de ses chaussettes lors de sa scolarité. Enfin bon. Il se remit en marche en se passant une main dans les cheveux soulevant ainsi légèrement son t-shirt qui se remit gentiment à sa place quand il remit ses mains dans ses poches de jean. Il espérait sincèrement que cette idée fonctionnerait, que la menace ferait quelque chose. Car ils ne pouvaient pas vraiment en renvoyer, sans avoir de gros ennuis. Leur faim était compréhensible, mais ce n'était pas Ombrage qui se ferait prier pour les jeter dehors.


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DÉFI ♣ « Pouvoir sentir la faim et la douleur est un signe de vie. » - Mal'.

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