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 Nothing lasts forever. ♦ pv aleera.

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MessageSujet: Nothing lasts forever. ♦ pv aleera.   Jeu 22 Déc - 1:08


Nothing lasts forever.
(Even cold november rain)

✎ Noms ◮ Aleera I. Bielova & Darek I. Bielova.
✎ Mois actuel ◮ Courant novembre.
✎ Contexte temporel ◮ Approximativement deux heures du matin.
✎ Contexte spatial ◮ Manoir familial.

Codage (c) Champifeuille et Shakespearette.


[…]

« Et tu n’es pas un monstre. Arrête de t’insulter dans l’espoir que je te plaigne. Tu n’es pas un monstre. Juste un… Pff, je sais même plus quel mot utiliser pour te définir. Pas un connard, parce qu’un connard ça ne s’excuse pas. Pas un lâche, parce qu’ lâche n’aurait pas daigner répondre à ma gueulante. Pas mon frère, parce qu’un frère aurait été là pour moi quand j’en aurais eu besoin. Alors oui j’ai un égo démesuré, alors oui j’ai une fierté à la con, mais non je n’aurais pas honte de le dire : je t’aime. Je t’aime, malgré tes absences, malgré tes faux-semblants, malgré ton masque, je t’aime. Je t’aime et tu le sait, tu en joue. Je t’aime mais tu me déçois.

J’espérais qu’après tout ce temps, Darek oserait me montrer son vrai visage, au naturel, sans artifices. »


Voilà.
En une ligne à peine, sa sœur avait résumé le problème d’une vie entière de mensonges. J’espérais qu’après tout ce temps, Darek oserait montrer son vrai visage, au naturel, sans artifices. Ce fut comme si, l’espace d’un instant, son cœur s’était figé. Ainsi donc, le noir nuage qui pesait sur lui se résumait à si peu de choses. En une seule phrase, sa sœur avait résumé le problème de toute sa vie. Réduit ce monstre chronophage qui le hantait à l’état de futilité infantile et égoïste. Chaque coup que donnait son cœur était plus douloureux que le précédent, et les yeux pâles du russe ne pouvaient lâcher cette dernière phrase du regard. A la vérité, tout avait été dit. Il frissonna vaguement, nauséeux, et laissa la lettre en plan sur le bureau de sa chambre d’hôtel. Le jeune homme s’affaissa sur le sol, appuyé contre le mur. Le lit douillet, volumineux et chauffé qui l’attendait ne lui tirait plus qu’un sentiment de dégoût.

N’importe qui à sa place aurait estimé avoir tout pour être heureux. N’importe qui. Sauf lui. Darek n’était pas heureux. Le bonheur n’est pas une destination, mais un état ; état qu’il n’avait plus ressenti depuis un certain temps déjà. Il se passa une main sur le visage, essayant tant bien que mal de se débarrasser de la sensation de sueur froide qui lui collait à la peau. Une boule présente depuis déjà longtemps dans son estomac remonta d’un coup, lui serrant la gorge.

Non.
Tenir droit.

Après tout, c’était ce qu’il méritait. Alors il ne lui restait plus qu’à essayer de ramasser ses dernières miettes de dignité, et à ravaler toute cette douleur au fond de lui-même. A être aussi insensible qu’il se savait capable d’être. Darek aurait pu faire beaucoup de choses, s’il n’avait pas été si faible. Tant esclave de ses émotions. Il aurait tant aimé pouvoir se laisser aller, là, maintenant … Faire exploser cette douleur qui le tenaillait depuis si longtemps, et qu’il n’arrivait plus à distancer … Mais il ne pouvait pas.

S’il devait avoir mal, autant voir s’il pouvait avoir encore plus mal.
Darek ferma les yeux et déglutit. Une idée germait en lui.
S’il devait avoir mal, autant voir s’il pouvait descendre encore plus bas.
S’il pouvait toucher le fond.

Cela faisait bien longtemps que les graines de la solitude avaient étendu leurs profondes racines dans son âme, l’avait fissurée, malformée, rendue tortueuse et maladive, douloureuse. Plus le temps passait, plus déraciner cet arbre qui se nourrissait de lui semblait impossible.

Darek était prisonnier de sa propre dépression.
Ne sachant pas même où se trouvaient les barreaux de sa prison.

[ Trois jours plus tard. ]

La porte du manoir se ferma avec moins de discrétion qu’il ne l’aurait voulu. Darek laissa tomber sa besace sur le sol, accompagnée de son manteau, et s’effondra littéralement sur le canapé.
Qu’il était bien. L’alcool rendait son corps chaud, détendu, et il sentait les pulsions de son cœur battre doucement à se tempes. Une sorte de nuage cotonneux l’entourait.
Il était bien, là. Heureux ?

Darek ferma les yeux et sombra dans le sommeil.
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MessageSujet: Re: Nothing lasts forever. ♦ pv aleera.   Sam 24 Déc - 8:18

-« Et Bielova, c’est vrai que t’as été toucher le Sol Cogneur samedi dernier ? »
-« Aussi vrai que tu es vierge, Wings. »

Regard méprisant. Les deux blondes se toisèrent un instant du regard sans ciller. Sienna enchaina de sa voix la plus haute perchée.

-« Tu t’es prise pour une Bouffondor ou quoi ? »
-« Et toi ? Pour la sainte Patronne des filles du Bois de Boulogne ? Je doute fort d’avoir une quelconque leçon à recevoir d’une fille qui vole des chaussures dans l’armoire de Barbie Pute. Ils te plaisent, tes talons ? Notre cher ornithologue de prof de Sortilèges a l’air de t’inspirer… T’as l’air d’une vraie cigogne plantée sur ces échasses qui n’ont de bas que le prix. »

A court de verve, Sienna se contenta de lâcher un sifflement méprisant. Elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’Aleera enchaina, un sourire sadique typiquement Bielova aux lèvres. Elle s’était trouvée une victime pour la soirée, elle n’allait certainement pas en démordre.

-« Je suis sûre que si on te raclait la gueule, on pourrait combler le trou de la couche d’ozone avec tout le maquillage récolté. »

Plusieurs ricanements s’élevèrent dans la salle commune. Aleera croisa lentement les jambes et rejeta ses cheveux en arrière. Oyeah, double de force de frappe de la garce de base. D’un geste assuré de la main, elle fit taire les derniers éclats de rire en voyant Sienna se rembrunir. Allez ma belle, réponds à ça qu’on rigole un bon coup…

-« Tu peux parler, mon maquillage vaut bien ta poitrine de vache à lait ! Boudin va ! »

La russe éclata d’un ricanement moqueur.

-« Quelle répartie, j’en ai des frissons ! Un première année t’as vendu ses vannes en échange d’un cours particulier de corps à corps ? Sérieux Wings, quand on a une verve trouvée dans un dépôt de top-budget on évite de trop la ramener. J’en aurais presque honte pour toi. »
-« Mais ferme là, sale rosquove ! »
-« Tes peroxydes… tes soutifs rembourrés… Ton maquillage à la graisse de baleine… Ta répartie échangée contre trois tickets restaurants… Tes fringues aussi chics que coûteuses, et notez bien l’ironie… »
-« Quoi encore ?! »
-« J’essaie de trouver ce que me débecte le plus chez toi. Bon, mes amis, je vous laisse. Je m’en vais pleurer dans ma chambre, la répartie dévastatrice de miss Wings m’a foutu un coup au moral. Si on e cherche, je me balance tristement dans le vide un corde autour du cou ! »

Nouveaux éclats de rire. Nouveau sourire arrogant. Aleera se dirigea vers son dortoir sans accorder un regard à Sienna. Pétasse va. Nan mais quand même, elle n’avait eu que ce qu’elle méritait. L’attaquer au sujet de Dan … C’était si évident qu’elle en pinçait pour lui ? Bon certes elle s’était bien vengée, mais quand bien même. On ne s’adresse pas à une Bielova de la sorte. Certainement pas. Pas devant autant de monde, pas d’un ton aussi railleur, pas quand on s’appelle Wings et qu’on a une boite d’allumette pour toute dote ! C’était étrange. Malgré toutes les humiliations qu’elle avait subies, Sienna continuait de faire son possible pour lui pourrir la vie. Ou du moins, tenter de lui pourrir. Ce qu’elle n’avait pas l’air d’avoir saisit, c’était qu’elle rajoutait de l’eau au moulin d’Aleera. La russe s’appuyait sur ce genre de prétextes pour mener la vie impossible à son monde. Au final, c’était l’arroseur arrosé ; Sienna s’était trouvée une tortionnaire en voulant l’emmerder. Fou, non ?
Une fois dans son dortoir, Aleera jeta un coup d’œil à sa montre tout en cherchant sa valise à tâtons sous son lit. Ce weekend, elle rentrait au Manoir. Trop de pression à Poudlard, trop d’emmerdes. Elle avait besoin de se faire un break ne serait-ce que deux jours dans un endroit qui lui était familier. Svetlana n’avait vu aucun inconvénient à ce qu’elle vienne passer quelques nuits au Manoir, et l’avait informé par la même occasion que Darek viendrait surement lui aussi. La russe avait sentit son sang se glacer dans ses veines. Quelques mois auparavant, elle aurait hurlé de joie. Mais là, avait-elle vraiment envie de voir son frère ? Alors qu’il y a peine trois jours, elle lui avait envoyé une lettre comme quoi il l’avait profondément déçue ? Lettre à laquelle il n’avait pas répondu d’ailleurs. Aleera ne voyait que trop bien la scène : son frère, penché au dessus de sa bafouille sentant l’alcool et la clope ; nauséeux, effondré ; cherchant dans un dernier souffle à sauver sa fierté maladive. Il fallait qu’elle s’excuse. Même si elle pensait absolument tout ce qu’elle lui avait dit, il fallait qu’elle s’excuse. Elle ne supporterait pas de le perdre. Pas lui. Pas maintenant. Pas comme ça. La conduite de son ainé continuait de lui peser sur le cœur. Néanmoins il fallait qu’elle ravale sa fierté. Qu’elle ait une vraie discussion avec lui, à cœur ouvert. Même s’il s’en branlait pas mal d’elle, même s’il continuait de jouer avec ses sentiments. Même s’il refusait de prendre la main qu’elle était décidée à lui tendre, il fallait qu’elle essaie. Elle tenait trop à lui. A l’instar de Mikhaïl et Tania, leur relation avec toujours été très fusionnelle : c’est vers lui qu’elle s’était tournée à la mort de Karol, c’est lui qui avait séché ses larmes et pansé son cœur. Sans jamais mêlé ses propres sentiments aux siens, il l’avait aidé à relever la tête. Elle ne pouvait pas oublier ça. Elle ne pouvait pas oublier le bien que lui avait fait son frère, d’avantage en un an qu’au cours de toute sa vie. Il l’avait rendu heureuse, il avait réussi à dessiner sur son visage d’orpheline un sourire joyeux. Mais bien à ses dépends, Aleera s’en était rendue compte plus tard. Darek était comme une éponge, une éponge doublée d’une tombe : il aspirait tout, prennait tout sur lui ; restait silencieux, même si sa douleur était intense. Surtout quand sa douleur était intense. Aleera ne pouvait que considérer avec crainte la conduite de son grand frère. Sa vie n’était qu’une quête vers le fond, il creusait lui-même sa tombe, toujours plus profondément pour ne plus jamais remonter.
Mais en ça, il lui ressemblait. C’était différent, mais le principe était le même. Elle s’en était rendue compte avec Nika. Elle aussi dévalait le long d’une pente savonneuse, toujours plus, sans jamais s’arrêter, remontant au dernier moment pour mieux tomber à pic. Ca lui plaisait. De trouver la force de remonter, pour se détruire à nouveau et encore puiser dans ses dernières ressources pour ne pas toucher le fond. Elle aimait ce jeu de la roulette russe des sentiments, qui l’obligeait à se faire du mal pour se sentir vivante. Sa part d’ombre l’avait rattrapée, et grossissait en elle comme une tumeur mal soignée. De plus en plus chaque jour, elle sentait la noirceur enfoncer ses racines au plus profond de son âme, son sang pulser de manière nouvelle. Les envies de violences se faisaient de plus en fortes, le désir de mettre en danger omniprésent, l’attrait délicat de faire souffrir les autres la hantait. Un murmure pernicieux s’infiltrait en elle. Faire du mal pour se sentir vivante. Pour être exaltée d’adrénaline. Les gémissements de ses victimes pour toute ritournelle, des gouttes d’un sang ingénu pour se repaitre. Aleera releva la tête et contempla son reflet. Etait-elle un monstre ? La réponse lui apparaissait avec trop d’intensité pour être formulée.
Aleera fourra encore quelques affaires dans sa valise. D’un coup de baguette elle la fit léviter, et quitta la salle commune. La traversée du château se fit dans le silence. C’était bientôt le couvre-feu, aucun élève ne se risquait en dehors de sa salle commune. La russe parcourut le parc dans un silence de mort, puis transplana une fois la grille passée.

Le Manoir. Majestueux, grandiose, à l’image des Bielova. Aleera pénétra dans l’imposant édifice et monta dans sa chambre pour déposer sa valise. Elle se laissa tomber à plat sur son lit et ferma les yeux.
Il n’arrivait généralement pas avant une heure très avancée de la nuit. Elle devrait donc l’attendre, ne pas s’endormir car le lendemain matin il serait déjà parti. Comme un mirage, laissant comme toute preuve de son passage un cendrier plein à craquer et des bouteilles de vodka vide. Elle l’aimait, son frère. Plus que la vie elle-même. Elle l’aimait, mais elle avait l’impression qu’il ne lui rendait pas ; prisonnier de sa quête vers le sombre et le glauque, étouffé par un linceul d’apparences, de douleur et d’orgueil. Elle lui en voulait. Oh oui elle lui en voulait, de partir des mois sans donner de nouvelles, de toujours vomir la même excuse vaseuse quand il rentrait. Elle avait envie de le gifler, d’envoyer son poing dans ce nez trop parfait pour être vrai, de faire du mal à ce corps athlétique et désirable. En contrepartie, elle avait envie de se jeter dans ses bars, d’inspirer à fond son odeur, de profiter de la chaleur de ses bras, et de rester comme ça jusqu’à l’aube. Mais elle savait qu’elle ne le ferait pas : trop d’orgueil, trop fierté, trop d’irrévérence pour lui montrer sa face vulnérable, celle d’une enfant en cherche de tendresse, pour s’abandonner à lui de la sorte alors qu’il n’avait que faire de son existence. Une larme roula le long de sa joue. Il n’avait pas le droit. Il n’avait pas le droit de la faire souffrir à ce point. Elle essuya la perle salée qui brillait au coin de son œil d’un geste rageur. La vipère ouvrit la bouche, pour clamer haut et fort une insulte qui définirait son frère, le juron qui réussirait à évacuer ses angoisses et ses peines : rien ne sortit. Aleera resta niaisement la bouche ouverte, sans trouver un mot assez fort qui désignerait cet homme qu’elle adorait et méprisait à la fois. Rageusement, elle envoya son poing dans son oreiller, une fois, deux fois, poussant une exclamation de colère à chaque fois.

Une porte qui s’ouvre. Darek. Aleera bondit sur ses pieds et tituba jusqu’à la porte, encore enveloppée d’une douce brume. Elle avait du s’endormir… Secouant vivement la tête, la russe dévala les escaliers quatre à quatre et arriva dans le salon comme un boulet de canon. Son cœur battait la chamade. Et son visage se décomposa quand elle aperçu le jeune homme, vautré sur le canapé en cuir de Svetlana, ronflant comme un alcoolique bienheureux. Ah oui ? Elle passait sa soirée à psychoter, à s’imaginer des scénarios tous improbables les un que les autres, et lui il… Ne prennait même pas la peine de venir la saluer ? Aleera s’approcha du corps endormit de son frère. Sa mâchoire se décrispa légèrement. Son visage, beau, pâle, angélique, était serein. Tout son corps semblait détendu. Ses cheveux blonds tombaient doucement devant ses paupières closes, et un souffle régulier soulevait sa poitrine. Beau. Son frère était certainement le plus bel homme du monde. Son sa chemise blanche, Aleera pouvait deviner son corps sculpté par l’effort. Elle dut résister à une irrépressible envie de se pelotonner contre ce torse musculeux et de fermer les yeux à son tour. La demi-Vélane tendit en avant pour caresser la joue de cet ange tombé des nimbes. Sa main s’arrêta au dernier moment. Ah oui. La colère, l’angoisse, les lettres, et le vent mémorable qu’il venait de lui foutre. Aleera se recula, son regard tout à coup glacé. Avec la lenteur d’un prédateur, elle s’assit sur le bras du canapé en brandissant sa baguette. Un mince filet d’eau s’en échappa en vint s’écraser sur le visage du jeune homme.
D’une voix tranquille, elle entama en russe :

-« Salut, j’t’ai manqué ? »

Sa voix avait tremblée sur la fin.
Non, elle voulait qu’ils se fassent du mal.


Dernière édition par Aleera I. Bielova le Dim 25 Déc - 1:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nothing lasts forever. ♦ pv aleera.   Sam 24 Déc - 12:38

« Elle est morte. Votre mère est morte. »

Crac.
Un grand bruit, un claquement sec, se fit silencieusement en lui. Il avala sa salive, gardant un self-control parfait. Il se retourna juste à temps pour recevoir Aleera dans ses bras. Il ne devait pas pleurer. Il ne devait pas faiblir. Il devait rester le roc sur lequel ils pourraient s’appuyer, en cas de besoin.

Il n’avait pas le droit à l’erreur. Une sueur froide coula le long de son dos, passant entre ses omoplates, provoquant un horrible frisson dans sa nuque. Rien ne transparu sur son visage. Impassible. Totalement impassible. Il aurait dû être là pour la sauver. Il aurait dû être là pour épargner les foudres d’Ivan à sa petite sœur. C’était de sa faute. Tout était de sa faute. Absolument tout.

Il allait …


Un filet d’eau glacée le réveilla en sursaut en coulant sur son visage. Un violent frisson lui parcouru le corps en sentant l’eau dégringoler le long de son cou pour finir par mouiller son torse et sa chemise, blanche, désormais transparente et collée à lui. Darek prit encore quelques instants pour recouvrir ses esprits et son visage demeura parfaitement impassible en entendant la voix de sa sœur. Ne rien laisser paraître de ses émotions. Voilà un domaine dans lequel il avait toujours excellé – le seul, d’ailleurs, hormis le Quidditch. Le jeune homme prit le temps de se retourner pour lancer un regard impavide à Aleera. En lui, le lac bouillonnait intérieurement. Mais, comme d’habitude, il en jouait et n’en montrait rien : Darek avait toujours été une éponge. Sans jamais rien dévoiler de lui, sans jamais mélanger ses sentiments à ceux des autres, il absorbait tout. Mais désormais, il devait tenir droit. Pour aller perforer encore plus loin dans son âme, pour se sentir encore plus seul, pour se faire encore plus mal. Et la seule personne capable de compromettre ses plans se tenait en face de lui : Aleera.

Darek prit tout son temps avant de répondre à la non-question de sa sœur, qui tenait plus de la rhétorique que d’autre chose. Il commença par sécher le canapé de Svet d’un coup de baguette, avant de se sécher lui, n’ayant une tolérance à l’eau moite et glacée que légère.

« Et toi, je t’ai manqué petite sœur ? »

Ton mordant. Darek savait ce qu’Aleera voulait. Elle voulait qu’ils se fassent mal – c’était la seule chose qu’ils savaient faire à la perfection. Elle voulait le faire souffrir, se faire souffrir. Et le jeune homme allait lui donner ce qu’elle attendait. Après tout, n’étais-ce pas ce que lui aussi désirait par-dessus tout ? Parfois, Darek se demandait s’il était humain. Puis oubliait cette question. La réponse lui semblait trop hasardeuse pour se perdre dans ses méandres. Seule trace de la douleur et de l’agitation latente de Darek, sa main tremblante et nerveuse, qui se plongea dans la poche de son jean à la recherche d’une clope. Dès que son paquet fut entre ses mains, ni une ni deux, Darek se grilla une clope et commença à la fumer. Ses nerfs se détendirent d’un coup : en effet, sa cigarette ne contenait pas que du tabac. Mais il en avait besoin. C’était la seule manière – avec nombre de petits cachetons antidépresseurs – de ne pas péter un câble, seule chose que Darek ne souhaitait absolument pas. Il voulait juste tomber plus pas. Sombrer. Patauger au fond du trou. Faire toujours pire.

« Au fait, la prochaine fois évite les réveils à l’eau froide, c’est un peu trop classique pour toi, non ? J’te croyais capable de beaucoup mieux. Enfin, on est un Bielova ou on ne l’est pas. »

Et, dans toute cette affaire, c’était lui qui ne l’était pas. Mais bien sûr, il avait pris le soin de ne pas la regarder droit dans les yeux, sachant que sa sœur pourrait lire en lui comme dans un livre ouvert. Ce qu’il abhorrait par-dessus tout, d’ailleurs. Personne n’arrivait à lire en lui. Mais elle, si. Elle comprenait son mécanisme. Darek en était sûr. Et il n’était pas de ceux qui aimaient qu’on les comprenne. Non. Loin de là. Darek aimait, adorait qu’on le laisse seul dans ses troubles, qu’on le laisse couler. Et ça, Aleera l’avait compris, elle aussi, même si elle préférait se voiler la face plutôt que de se l’avouer.
Et, pour Darek, savoir que quelqu’un connaissait ses faiblesses tout aussi bien que lui, était la pire des choses. Parce qu’Aleera savait où appuyer pour faire mal. Pour l’achever. Et n’allait pas s’en priver.

Elle voulait jouer.
Alors tous les coups sont permis.
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MessageSujet: Re: Nothing lasts forever. ♦ pv aleera.   Dim 25 Déc - 2:45

Le visage de la demi-Vélane resta de marbre. Aussi placide que le regard que lui lançait Darek. Elle contint un demi-sourire, en imaginant les remous intérieurs qui devaient secouer son frère à l’heure actuelle. Il cachait bien son jeu. Il avait toujours été extrêmement habile pour ça. L’art de la dissimulation et de la tromperie n’avait plus aucun secret pour lui, même si ça le déchirait, même si ça lui faisait mal, même s’il implosait, même s’il faisait du mal à son entourage autant qu’à lui. Il se mettait en danger et enfonçait ses proches par la même occasion. Consciemment ou pas. Un vrai Bielova.
Aleera laissa glisser son regard sur la chemise mouillée de son frère. A priori c’était du coton. La matière était devenue transparente au contact de l’eau, et laissait clairement entrevoir la musculature du jeune homme. Sans aucune pudeur, la vipère se rinça goulument l’œil, profitant de la vision du corps parfait de son frère. Hé oui, chez ces gens on matte même en famille. Enfin, c’est pas comme si lui n’en faisait rien non plus 8D. Sans chercher à dissimuler son regard un peu trop insistant, Aleera replaça une de ses mèches dorées derrière son oreille. Bon dieu, ce qu’il était sexy son frère quand même. Son ton mordant fut comme une épine dans le cœur de la russe, qui n’en montra évidemment rien, se contentant d’un petit sourire amusé.

-« Oui. Tu m’as beaucoup manqué. Plus que tu semble le croire, t’as pas idée à quel point. Plus que je semble t’avoir manqué à toi. »

Ou comment enfiler son masque tout en laissant percer un brin d’honnêteté. Elle lui donnait pour ainsi dire le bâton pour qu’il la frappe. Mais elle s’en foutait. Oui Darek lui avait atrocement manqué, oui elle n’avait qu’une envie, c’était de se pelotonner dans ses bras pour dormir jusqu’au lendemain, oui il n’en avait certainement rien à battre, mais elle tentait le tout pour le tout. Essayer de jouer sur la corde sensible. Si tenté qu’il avait encore un zeste d’amour à son égard. Pour voir si son cœur de glace lui était fermé à elle aussi. Elle aimait son frère, plus que n’importe quel être au monde, mais s’il fallait qu’elle lui fasse mal pour qu’il lâche un peu de vapeur, elle le ferait. Même si pour cela elle devait elle-même souffrir le martyr. Un détail la taraudait cependant : elle connaissait son frère, mieux que quiconque, comme si elle avait elle-même façonné ce visage marmoréen et cette personnalité glacée. Néanmoins un doute persistait : serait-il prêt à la faire souffrir, au même titre que les autres, pour se protéger et s’enfoncer de nouveau ? Aleera savait qu’elle jouait un jeu dangereux : Darek était désespéré, se raccrochait à tout ce qui lui tombait son la main. Et elle, elle lui donnait les moyens de la briser entièrement. Elle avait témoigné une confiance aveugle à son frère. Il était l’homme de sa vie, son protecteur, son chevalier servant. D’ailleurs ce rôle lui avait toujours collé à la peau avec brio : Darek, le protecteur de sa famille endeuillée, Darek, la main gantée de velours ou d’un poing américain qui veillait sur les intérêts de ses frères et sœurs. Bien que ce rôle était un fardeau supplémentaire sur ses épaules pas si solides que ça, il s’était toujours acquitté de sa tâche. Mais là, maintenant, restait-il suffisamment de lucidité en lui pour garder le contrôle et ne pas la blesser ? Aleera s’en remettait totalement à lui, aussi fou que cela puisse paraitre. Elle ne lui cacherait rien : ni son amour, ni sa déception, ni quoi que ce soit. Se la jouer reine des glaces froide et insondable ne ferait que le conforter dans son état immoral. En agissant comme ça, elle se serait aventurée sur son terrain, aurait sauté à pied joint dans son domaine de prédilection. Et il aurait eut le contrôle, de bout en bout. Pas de cris, pas de larmes, pas d’insultes, comme elle avait l’habitude de faire. Juste de la franchise. De la franchise, et un masque. Un masque lucide et posé, qui mettrait des chaines à son côté impulsif et colérique. En renonçant à ses meilleures armes, la violence et l’indifférence, elle s’exposait profondément. Elle se mettait en danger, jouait avec un feu qui promettait de lui glacer le cœur s’il parvenait à la toucher. Et une fois son cœur prisonnier gelé, Darek n’aurait plus qu’un léger coup à donner pour le voir partir en éclats. Et il en était tout à fait capable : briser ses victimes était un manège dans lequel il excellait. Il jouait avec elle, loup parmi les moutons, avant de leur donner le coup de grâce. La demi-Vélane était bien placée pour savoir à quel point son frère pouvait se montrer… Vicieux, derrières ses airs de BCBG en puissance. Mais elle comptait sur les restes d’amour qu’il pouvait encore lui porter : c’était impossible, il ne pouvait pas lui rester indifférent, malgré toutes ses parades et ses faux-semblants. Il était elle et Elle était lui, il était deux corps séparés qui formaient le même tout. Les vestiges de l’affection qu’il lui portait était peut-être profondément enfouit, en léthargie. Mais bien là. Et Aleera en jouerait jusqu’au bout.

-« Un peu trop classique ? A la morsure de l’eau, la prochaine fois, tu préféreras la brulure du Diffindo ? Très bien frangin, j’en prends assidument note. »

Le tout récité d’un ton doucereux, presque poli. Néanmoins, elle fronça un peu le nez en sentant le fumée de la cigarette. Ce qu’elle pouvait détester cette merde Moldue…
On est Bielova ou on l’est pas. Darek touchait là à l’orgueil de sa sœur, et il en avait pleinement conscience. Néanmoins, cela ne l’atteignait pas. Elle savait ce qu’elle valait, elle n’avait plus rien à prouver, même pas à lui. Le sang des Bielova bouillonnait dans ses veines, et celui qui remettrait en doute sa parenté n’était pas encore né, assez fou, ou assez bourré. Tout en elle clamait ses origines : sa peau pâle, son maintient élégant et hautain, son regard assuré, sa démarche fière, sa façon de parler, de se mouvoir, ses tiques et ses mimiques, son insensibilité face à la souffrance des autres… Elle était une Bielova. De la racine de ses cheveux jusqu’au bout de ses orteils, elle était Bielova. Darek se détourna quand le regard gris de sa sœur se posa sur lui. Sans même poser les yeux sur le visage de son frère, la vipère devinait sa gêne, son complexe, l’impression de ne pas faire partit de la famille à part entière. Pourquoi essayait-il de lui cacher ? Il savait mieux que personne d’autre qu’elle voyait clair dans son jeu. Mais elle n’en jouerait pas. Elle ne lui ferait pas sciemment du mal pour l’enfoncer encore plus, elle ne titillerait pas la corde sensible juste pour le voir patauger encore plus. Elle n’était pas comme ça. Enfin, pas avec lui.
Aleera ramena ses jambes contre sa poitrine et appuya le bout de son menton entre ses deux genoux. Cette manière de le regarder par en dessous avait toujours rendue Darek mal à l’aise.

Sertse Mayo… » Mon cœur, en russe. « J’ai quelque chose pour toi. C’est petit, c’est plat, ca bouge, et c’est précieux quand on prend la peine de se souvenir. Allez, devines ce que c’est. »

Elle souffla sur une mèche rebelle qui lui tombait devant les yeux, et reprit en dévisageant son frère.

-« Si tu trouves, tu peux me demander n'importe. Si tu ne trouves pas, c'est moi qui peux te demander ce que je veux.»

Elle ne lui proposait pas de jouer. Comme une enfant qui houspille son grand frère pour jouer à un jeu sans queue ni tête.
Elle posait ses règles, et la partie allait se dérouler telle qu'elle l'avait décidé. Aleera la tigresse est de retour.
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