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 Du bout du crayon, esquisser un monde [Libre, réponses LENTES]

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MessageSujet: Du bout du crayon, esquisser un monde [Libre, réponses LENTES]   Mer 21 Déc - 10:38


Du bout du crayon, esquisser un monde.

✎ Noms ◮ Lucy et qui veut.
✎ Mois actuel ◮ Novembre
✎ Contexte temporel ◮ Aux alentours de une ou deux heures du matin, quand tout le monde dort.
✎ Contexte spatial ◮ La Salle Commune des Poufsouffles, un genre de "nid" rondouillet et décoré.

Codage (c) Champifeuille et Shakespearette.



Il était tard le soir...ou très tôt le matin. A vrai dire, Lucy n'aurait su déterminer l'heure avec précision, puisqu'elle était si absorbée par son dessin que l'horloge de Poudlard aurait pu sonner les douze coups de minuit à côté d'elle sans qu'elle y prête attention. La jeune fille, concentrée, traçait du bout de son crayon de papier une esquisse de plus en plus vaste, consacrant à l'oeuvre un rouleau entier de parchemin d'excellente qualité. Son regard gris, fixe, était lumineux et sans aucune trace de fatigue malgré l'heure tardive, reflet de sa concentration intense, et le feu dessinait sur sa cornée quelques reflets vifs. Lucy parcourait du regard l'univers de son dessin, sensible uniquement à ce qui était fait de graphite et de parchemin, toute entière immergée dans ce monde monochrome.

Son crayon descendit et effleura la feuille, pour y déposer quelques poussières de carbone. Un observateur extérieur n'aurait perçu nulle différence, mais Lucy, focalisée sur l'oeuvre et ses infimes variations de tons, parut satisfaite de cette maigre retouche. redressant à nouveau le crayon, elle parcourut encore le tracé, quêtant le contraste à accentuer, le tracé à préciser, le trait juste, toujours le trait juste. C'était comme la quête du Graal, mais sans les chevaliers qui disent Ni, sans le lapin qui tue ou les Français qui lancent des vaches. C'était son Graal à elle, le trait parfait, celui qui rendrait au mieux le mouvement, l'allure, la noblesse, la souplesse et la force conjuguées de cette créature magique, ce dragon aux mines de serpent qui déroulait ses longs anneaux et étendait ses ailes sur le parchemin. La jeune fille passa la main dans ses cheveux auburn, cette épaisse tignasse, mais soyeuse, domptée et luisante, qui captait la lumière du feu et illuminait son visage à la peau pâle. Elle joua quelques minutes avec une mèche, goûtant la douceur de son bout en pinceau sur ses doigts, puis lâcha soudainement ses cheveux et se remit à dessiner. Son oeil exercé venait de percevoir une minuscule erreur, une petite imprécision, un "pourrait faire mieux" perdu au milieu du dessin; elle aurait pu passer sa vie à retoucher une même oeuvre, c'était sa volonté et non la nécessité de corrections qui déterminait le temps qu'elle y passait. Un dessin n'avait besoin que de corrections. Le dessin parfait n'existait pas.

Même un dessin de Lysander, son petit ami, ne serait jamais parfait, c'était dire! Tout ce qu'elle pouvait faire sur un tel croquis, c'était rendre la gentillesse, la galanterie et l'imagination débordante de son amoureux, sur la feuille. Tâche impossible...dessiner la perfection! Lucy soupira, tripota le col de son chemisier vert jade et joua avec sa gomme mie de pain, avant de froncer les sourcils et de manipuler son vieux baladeur. Clic, clac, kodak, l'appareil cessa après quelques gestes simples (de Lucy, pas de l'appareil) de diffuser l'intégrale d'Iron Maiden et enchaîna avec Vivaldi. Car Lucy était de ces gens qui peuvent passer d'une musique à l'autre, et jubilent aussi bien au rythme d'Iron Maiden que de la musique baroque classique. Avec l'air entraînant d'un concerto pour mandolines en tête, Lucy posa le crayon à côté de trois autres, alignés sur la table, devant le feu, tels des soldats, et en saisit un plus gras, qui lui permettait de foncer les ombres.

De temps en temps, pour détendre ses muscles, la demoiselle redressait la tête, s'étirait. Mais jamais son esprit ne s'égarait loin du dessin; Lucy, la distraite en cours, toujours à griffonner, Lucy capable de s'inventer un trip moyennâgeux avec Lysander, Lucy était l'image même de la concentration quand elle dessinait. Le crayon courait sur la feuille, bondissait d'un point à l'autre, caressait le papier avec sensualité, dansait sur les fibres, jouait avec la texture, remontait vers les cieux, s'abattait comme la foudre comme animé d'une vie propre et Lucy, silencieuse, le suivait de la main, des yeux, de tout son corps. Le dessin était une activité à part entière, qui la plongeait dans un monde immense et où tout était à inventer, qui lui faisait perdre toute notion du temps ou de la réalité.

Sur les murs de la salle commune des Poufsouffles, décorée par les soins des gentils artistes blaireaux, s'étalaient bien des oeuvres, fresques épiques, tracés abstraits, mais toujours dans une même harmonie des tons et des formes. Certains traits étaient l'oeuvre de Lucy; certaines créatures fantastiques, certains dessin humouristiques provenaient de sa main, de son esprit. Quand elle dessinait, elle inventait un monde. Et pour l'heure, le dragon aux écailles scintillantes s'ébattait dans un espace de plus en plus vaste, esquissé de la pointe et du large de la mine du crayon. Rivière rugissante au crayon dur, et montagnes enneigées dans le lointain; quelques nuages perdues dans un ciel de couchant, quelques étoiles sur l'horizon et deux lunes, là-haut dans le ciel, vent violent...Un cavalier au loin, et une scène de combat plus loin, mais devant le dragon, qui semblait se jouer de tous les humains présents en scène.

Lucy redressa la tête et sursauta violemment. Elle était si absorbée par son oeuvre qu'elle n'avait même pas noté la présence d'un élève, qui se tenait non loin d'elle. Autre insomniaque? Rares étaient les gens qui se relevaient vers minuit ou plus; à part quelques lycanthropes qui, d'ailleurs, n'étaient plus tellement à Poudlard, ou bien sans prendre en compte le cas particulier d'un cauchemar...quelles raisons restaient-elles à cette personne, pour se tenir ainsi au coeur de la nuit, devant une jeune fille et son dessin?
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MessageSujet: Re: Du bout du crayon, esquisser un monde [Libre, réponses LENTES]   Mar 3 Jan - 9:32




Souvent, la nuit était le meilleur moment de la journée pour Matthew. Il se sentait en sécurité et quasiment intouchable. Même chose dans sa salle commune, où aucun des élèves ne l'ennuyait à part peut-être Constance, leur préfète, mais elle avait tendance à l'ignorer, ce qui n'était pas pour lui déplaire étant donné que tout contact avec elle avait tendance à mener à ce qu'il se fasse traiter comme un chien alors qu'il n'avait rien fait de mal. Il n'allait donc pas se plaindre de passer inaperçu quand elle venait à se montrer. Cette période et cet endroit étaient ses préférés. Il pouvait se retrouver seul et en paix, ainsi que réfléchir sans être dérangé. C'était un peu ses petits moments bénis. Il avait tendance à venir s'asseoir dans le plus grand fauteuil, en face de la cheminée, et ne rien faire à part penser et peut-être finir par s'endormir, plongeant dans des rêves ou cauchemars de toutes sortes, surgis du plus profond de son subconscient. En général, il se faisait réveiller par son chat, ou plutôt sa chatte, qui lui sautait dessus en ronronnant bruyamment et se frottant à lui, réclamant de douces caresses sur son pelage gris, que bien entendu, le jeune Poufsouffle lui offraient sans hésitation. Bref, il appréciait énormément ces instants tranquilles en compagnie de son petit félin préféré.

Ainsi, après une longue journée de cours, de livres tombés au sol et ensuite ramassés après s'être fait poussé, de bons repas, des profs sympathiques comme insupportables et des discussions enjouées ou pas entre amis, Matthew avait rejoint la salle commune des blaireaux presque en courant, impatient de pouvoir retrouver ses petites habitudes dans un climat calme. Il fallait avouer que leur pièce personnelle était loin d'être souvent agitée, ce qui était un véritable paradis pour les personnes cherchant une ambiance paisible. Immédiatement, il s'empara de la Gazette du Sorcier et s'installa dans le fauteuil, réchauffé doucement par les flammes se dégageant de la cheminée. Léa ne tarda pas à venir se lover sur ses genoux, et personne ne vint lui adresser la parole, de toute façon la plupart des élèves ne tarderaient pas à aller se coucher. Le jeune garçon termina sa lecture à son aise, pas franchement intéressé par les thèmes abordés par la Gazette. Il y avait parfois des piques à peine dissimulées à l'encontre des né-moldus, et ça avait tendance à un peu le déprimer. Il reposa le journal sur la petite table près de lui, , enleva ses chaussures, replia ses jambes contre son torse et commença à caresser son chat maintenant à côté de lui, les yeux rivés sur les flammes. Peu à peu, ses paupières se fermèrent. Il devait être 21 heures quand il s'endormit d'un sommeil sans rêve.

Il fut réveillé par Léa qui pétrissait de ses pattes grises le fauteuil comme s'il s'agissait d'un coussin en ronronnant presque sans bruit. Matt' par contre, n'entendait pas que ça. Un son familier résonnait doucement à ses oreilles. Une sorte de grattement sur du papier. Un minimum curieux, il se retourna silencieusement vers la source du bruit : assise, une jeune fille de sa maison dessinait sur une table. Elle ne semblait pas l'avoir remarqué, étant apparemment intensément concentrée. Il n'avait pas changé de position depuis tout à l'heure, il était donc tout à fait possible qu'elle ne l'ai pas vu. De toute façon, on le voyait rarement. Un coup d'oeil à sa montre lui apprit qu'il était presque deux heures du matin. Tout d'abord, il songea à aller se coucher sans bruit, mais il était trop intrigué : si la Poufsouffle était restée éveillée à dessiner jusqu'à cette heure-ci, c'est qu'elle devait être passionnée. Et lui aussi aimait bien le dessin. Ca faisait longtemps qu'il n'en avait plus fait, mais regarder quelqu'un dessiner était beau, en quelque sorte, surtout si la personne s'appliquait. Il songeait donc à observer, mais il ne voulait pas déranger. A moins qu'il ne se fasse très discret. Il était doué à ça. Être discret. Ce n'était pas son genre, mais il avait vraiment envie de voir, même de loin.

Matt' se leva silencieusement et s'approcha sans bruit de la table. Il s'arrêta en reconnaissant Lucy Weasley, leur ancienne préfète : il la savait gentille, rien à craindre donc. De toute façon il ne comptait pas l'ennuyer. D'ici, il pouvait deviner ses gestes et voir à quel point elle était absorbée par son travail. Il aurait bien voulu regarder de plus prêt, mais il n'osait pas plus se rapprocher, de peur de la déranger, déjà qu'elle ne l'avait même pas remarqué... Mais ce n'était rien, il trouvait déjà un certain réconfort à ce spectacle silencieux. Il ne voyait pas beaucoup de gens dessiner à Poudlard, et ça lui donnait envie de recommencer. Il avait peut-être perdu la main avec le temps, ça faisait quand même plusieurs mois qu'il n'avait plus touché à un crayon pour autre chose que les cours, mais il était vraiment tenté. Après deux minutes de silence, Lucy dut sentir sa présence puisqu'elle releva la tête et sursauta. Assez violemment, puisque sur le coup, lui-même fut prit d'un sursaut effrayé. Il se rendit soudainement compte d'à quel point il devait avoir l'air stupide, à se tenir debout à deux mètres trente d'elle sans rien faire. Prit d'un soudain malaise, il eut la brûlante envie de s'enfuir dans son dortoir. Qu'est-ce qui lui avait prit ? Il aurait mieux fait d'aller dormir tout de suite et la laisser tranquille !

« Pa...pardon, d-désolé, je ne voulais pas te déranger, je te laisse ! »

Sa voix en était presque tremblotante, aussi se dirigea-t-il d'un pas vif vers l'escalier en essayant de ne pas croiser de son regard timide celui de la Weasley, avant de s'arrêter net en arrivant à la hauteur de l'ancienne préfète et de son dessin. C'était... c'était juste trop beau.

« C'est magnifique. »

C'était sortit tout seul et sans tremblement, sur le coup. De la voix qu'il utilisait quand il n'était pas dans sa bulle, comme avec Dominique ou Eliott par exemple. Parce que ça l'était vraiment, magnifique. Son esprit lui hurlait de dégager vite fait car il devait certainement avoir brisé son élan créatif, mais il trouvait ça tellement beau et précis qu'il n'arrivait pas détacher son regard du travail réalisé par Lucy Weasley.
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MessageSujet: Re: Du bout du crayon, esquisser un monde [Libre, réponses LENTES]   Sam 28 Jan - 10:04

Ses yeux gris croisèrent ceux d’un garçon qui tressaillit, comme brûlé par le regard pourtant simplement curieux de l’ancienne préfère. Il fallut un petit moment à Lucy pour identifier l’élève, sans se souvenir de son nom pour autant. C’était juste un garçon qu’elle avait déjà vu, et vu dans la Salle Commune à ces heures où la pièce se vidaient. Ces heures où les amis se regroupaient auprès du feu, ou se réfugiaient dans un quelconque repaire, lovés dans les fauteuils comme autant de nids douillets. Dehors, à ces moments-là, la nuit tombait doucement, le ciel allant du gris d’un hiver morne au bleu d’encre et au noir de la nuit. Parfois, les fenêtres encore allumées à l’extérieur allumaient mille halos d’or sur le verre épais des fenêtres, parfois, un quelconque oiseau de nuit heurtait la fenêtre avec un bruit sourd, ou la neige tombait en silence, dansant derrière le verre. Mais le plus souvent, la nuit faisait de la fenêtre une toile peinte de noir, et bien vite se répandaient dans la salle les odeurs de multiples denrées mises à griller au feu, tandis que le murmure des conversations faisait comme un bruissement. N’étaient les fauteuils, les murs, le plafond de ce doux nid troglodyte, on aurait pu se croire en pleine forêt. Mais pour l’heure, au moment noir de la nuit, pas de flocon derrière la fenêtre, pas d’oiseau de nuit ni de halo doré, car tout le château ou presque dormait. Immense bête assoupie, grande créature qui ronronnait dans la nuit, sur son territoire.

Pour un visiteur lambda, Poudlard aurait été une vieille bâtisse, poussiéreuse. Pour une ménagère, c’était un cauchemar. Pour un historien, une mine d’informations. Mais pour ceux qui y vivaient au jour le jour, qui y nouaient des liens pour la vie, et qui, enfin, s’y construisaient. Pour ces jeunes-là, qui menaient leurs premiers combats et leurs premières amours entre les vieux murs, qui y voyaient les traces de leurs prédécesseurs, le château n’était pas un lieu. Le château était un animal, un être, une entité, et pour un peu, la nuit, quand l’ombre envahissait les couloirs, que les tableaux délivrés du vacarme des élèves s’interpellaient et que d’une baguette allumée, on surprenait un chevalier en pleine conversation avec un éminent médecin, pour un peu les jeux d’ombres auraient pu laisser penser que le château se mouvait. La rumeur lointaine des vieilles pierres semblait le chant d’une respiration, le pas des élèves dans les couloirs un battement de cœur. Le château dormait avec ses occupants la nuit, s’éveillait avec eux. Et ils s’attachaient à ces vieilles pierres, et n’était pas un jour sans qu’ils parlent au château ou pensent à lui comme à un être, une main bienveillante qui les guidait et les aidait à dessiner leur avenir, à le colorier de mille tons chatoyants.

Lucy revint au moment présent et posa son crayon avant de se mettre à le mordiller, tic récurrent et qui l’exaspérait. L’élève manqua piquer un fard et se mit à bafouiller, ce qui lui valut de la part de la Poufsouffle une pointe d’indulgence. Elle bafouillait tant, autrefois…elle rougissait, bafouillait et se planquait dans un coin. Mais son petit ami, leurs plaisanteries et leurs délires, sa sacrée cousine et les évènements récents, où il avait bien fallu prendre parti, et courage, lui avaient offert un peu de confiance en elle. Non, ce n’était pas cela, pas vraiment. Mais désormais, Lucy déniait à quiconque le droit de la juger. Dans l’idée car en pratique, les yeux des autres la blessaient parfois…mais elle progressait et, étrangement, sa popularité croissait en même temps que cette nouvelle assurance.
Magnifique.
Elle avait toujours tendance à ne pas croire aux compliments, comme s’ils avaient dû n’être que flatteries, que cérémonies et apparences, un piège où l’attirer. Et puis, en son for intérieur, une toute petite personne, toute petite, murmurait « non, je ne vaux pas tant, non ! ». Et pourtant…elle avait envie d’y croire. Le dessin était sa source d’évasion et son moyen d’expression, de communication. Dessinez au milieu d’une foule d’inconnus, et vous aurez des gens à qui parler. Dessinez devant un enfant, et vous aurez un disciple pour la vie. Magnifique…Les yeux de la préfète, de l’ex-préfète se reposèrent sur le dragon qui lui rendit son regard, puis remontèrent à son compatriote Poufsouffle :

« Je…tu trouves ? Merci. J’aime bien dessiner, je pourrais y passer des heures. »


Et avec un fond d’autodérision, la jeune fille passa les doigts dans ses cheveux auburn, se recoiffa rapidement, et ajouta en faisant tournoyer son crayon entre ses doigts, ses yeux gris rivés sur son interlocuteur :

« D’ailleurs, pour le coup, j’y ai passé des heures. Et toi, que fais-tu ici à cette heure-ci ? Tu es là depuis longtemps ? Je ne t’avais absolument pas remarqué, si c’est le cas. »

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MessageSujet: Re: Du bout du crayon, esquisser un monde [Libre, réponses LENTES]   Lun 30 Jan - 3:39

Le pessimisme du garçon et son manque de confiance en soi étaient probablement ses pires compagnons. Quand les choses se passaient visiblement bien, qu'il n'y avait personne pour l'ennuyer et qu'il était tranquille avec une personne à l'apparence calme et gentille, il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions, de se demander si ses actes pourtant innocents ne risquaient pas de l'ennuyer, s'il ne ferait pas mieux de partir vite fait pour la laisser vaquer à ses occupations. Il ne voulait pas la perturber, oh non, pas du tout. Il espérait que sa présence n'avait pas brisé son élan créatif et qu'elle ne lui en voudrait pas. En fait, Matthew avait beaucoup de mal à voir les choses positivement. Il était tellement souvent confronté à des situations surprises solitaires ou désagréables qu'il avait tendance à toujours imaginer les pires scénarios, sans raison apparente. Les seuls moments où il était en paix étaient quand il se retrouvait seul avec ses pensées, ou avec des personnes comme Dominique, Maxime ou Eliott. Dès qu'il s'agissait d'inconnus ou de personnes avec qui il avait peu de lien, la méfiance, désirée ou non, s'installait en lui. Même avec Lucy. Lucy qui était son ancienne préfète, gentille jeune fille, elle ne lui avait jamais rien dit, jamais rien fait, et il s'agissait de la cousine de Domi'. Qu'est-ce qui pouvait bien lui arriver de mal ? Rien, ça il devait bien se rassurer. Mais par contre, il craignait d'être une source de dérangement.

C'est pour ça que quand elle s'adressa à lui normalement, après qu'il n'ait pu s'empêcher en partant de s'arrêter pour faire remarquer qu'il trouvait ça très beau, il la regarda avec hésitation. Elle... ne semblait pas ennuyée. Son ton et ses gestes calmes le détendirent presque immédiatement et il sentit la pression qu'il s'était imposée inutilement se relâcher. Un sourire timide se dessina sur le visage du Poufsouffle alors qu'il se sentait on ne peut plus rassurer. T'as vu, ça ne servait à rien de paniquer autant mon chou, elle ne va pas te manger ! Aussi hocha-t-il vivement la tête pour exprimer que oui, il était sincère, oui, il trouvait son dessin vraiment magnifique. Jamais il n'aurait pu mentir pour une chose pareille. Il n'aurait rien dit et serait parti. Mais peut-être croyait-elle qu'il disait ça juste pour lui faire plaisir ? Non, il était trop timide pour oser lui parler sans qu'il ne l'estime nécessaire. Je veux dire, il n'aurait jamais prit son courage à deux mains pour prendre la parole juste pour dire quelque chose dont il n'était pas convaincu. Enfin bref. Allez mon grand, il ne faut pas avoir peur de discuter.

« J'aimais bien dessiner, avant. »

Bon la prochaine fois que tu ouvres la bouche, tu parleras plus fort s'il-te-plait ? Merci bien. Baissant ses yeux gris-vert-bleu-Kachi'aoubliélacouleur, il commença à se balancer très légèrement d'un pied à l'autre, les mains derrière le dos. C'était sûrement mignon, mais ça montrait aussi clairement son côté renfermé. Il avait beaucoup de mal à s'ouvrir aux autres, avant qu'il ne parle vraiment de lui à un inconnu, il faudrait des semaines, et peu de personnes avaient cette patience. Eliott et Dominique n'en avaient pas eut besoin, vu qu'ils s'étaient rencontrés dans le train, à l'époque où il n'était pas autant coincé, par contre Maxime lui, était l'un des rares à avoir fait preuve d'une patience inébranlable. Le Poufsouffle avait laissé le temps à son compère de se sentir en sécurité, et aujourd'hui, ils étaient amis et se parlaient parfaitement normalement. Mais là, en face de Lucy, il n'osait pas parler d'avantage. Il n'avait pas la moindre idée de quoi dire. Donc, quand ce fut elle qui reprit la parole, un regard reconnaissant lui échappa : il se serait sentit mal à l'aise si un silence s'était fait sentir à cause de sa timidité. Celui-ci se transforma en admiration quand elle confirma qu'elle avait bel et bien passé des heures sur ce simple dessin. Aucun doute qu'elle y avait mit tout son coeur. C'était impressionnant. Il n'avait pas besoin de parler pour le lui faire comprendre. Mais Lucy n'avait pas finit : non, elle lui demanda ce que lui, faisait là si tard. C'est vrai qu'elle était tout à fait en droit de se poser la question. Matt' se dandina doucement, un peu gêné :

« C'est très joli, ça se voit que tu y as passé du temps... »

Regard au sol, mains vite mises dans les poches – ce qui ne sert à rien, m'enfin.

« J... J'aime bien lire le journal dans le grand fauteuil, le soir. Ça m'arrive souvent de m'endormir là... et on ne me remarque jamais. Ça m'arrange un peu, au fond... »

Croyez-le, dire tout ça d'un coup à quelqu'un qu'il ne connaît pas spécialement, c'est quasi un exploit. D'un côté, il avait de quoi se sentir suffisamment en sécurité pour maîtriser sa gêne : il n'y avait qu'eux, elle était sympathique, il admirait son travail et puis bon, la fatigue – c'est la nuit hein – avait peut-être tendance à ramollir ses habitudes de renfermé.

«  Je suis discret, je suppose. »

Il faut croire que tomber sur des presque inconnus la nuit, ça lui délie la langue.
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MessageSujet: Re: Du bout du crayon, esquisser un monde [Libre, réponses LENTES]   Dim 11 Mar - 6:46

L’élan créatif, c’était comme une transe…musique, silence, lumières tamisées et surtout, un esprit assez fatigué pour ne pas « penser », pour se laisser porter. Porter par quoi ? Qui aurait pu savoir ? On avait tant disserté sur l’origine de la créativité et plus encore, de la création ! L’imagination était comme une dimension immense à visiter, commune ou individuelle, qui aurait pu trancher ? Mais c’était comme un autre monde que Lucy ne faisait que découvrir. On parlait d’inventeur, mais comment aurait-elle pu faire comprendre à qui n’avait pas coutume d’inventer qu’il s’agissait de coucher sur le papier ce qu’elle voyait, ce qu’elle observait, remarquait, ce qu’elle ressentait ? N’étais-ce pas là une magie, plus ancienne que tout, peut-être celle du cerveau humain, tout simplement ? Lucy était comme un voyageur, chroniqueur qui croque et décrit ce qu’il voit, et les scènes auxquelles il assiste…elle dessinait, mais le dragon volait et déployait ses ailes chatoyantes dans son esprit, et ce qu’on prenait pour de l’invention devenait croquis d’après nature…elle voyait le détail des écailles, et derrière elles, comme en transparence, les muscles souples, et l’ossature qui tenait le tout, la cohérence d’un organisme fait pour le vol et la bataille…elle voyageait et pour cela, il lui suffisait de paix et de musique. N’étais-ce pas la plus grande magie du monde, ce pouvoir de se créer un monde ?

Matthew lui parlait de dessin…elle parlait donc à un dessinateur, et l’œil de Lucy s’éclaira. Parler entre dessinateurs, entre écrivains, c’était parler de disciplines qui pouvaient paraître obscures, incompréhensibles à autrui. Comment faire comprendre à qui n’avait jamais fait vivre de personnages la façon qu’ils avaient de prendre leur indépendance, leur autonomie, et finalement d’agir seuls tandis que le narrateur se contentait de retranscrire leurs actions spontanées ? Comment expliquer le lent processus de création et de maturation, quand ce qui se voulait un personnage effacé prenait soudain de l’assurance, quand ce qui était prévu comme un dragon terrifiant acquérait soudainement l’étrange beauté des fauves ? Lucy hocha la tête et osa entamer la discussion plus avant.

« Je suppose que ce qui fait qu’un « croit » à un dessin ou non, c’est la précision du trait, les détails, la façon dont ils sont rendus…le niveau de détail, et leur organisation, rendent un dessin de plus en plus vivant. Au final, un croquis esquisse les lignes, mais pour soi seul, et pour que les autres voient la même chose…il faut des détails. Du travail. »

Songeuse, elle considéra la feuille grisée puis releva les yeux vers Matthew qui cette fois, parlait de ses occupations nocturnes. Lucy comprenait, et sourit, une fois de plus, avant de s’esclaffer gentiment quand il se supposa discret :

« Ou tu es discret…ou je suis distraite ! Ce qui n’est pas impossible non plus, soit dit en passant. J’aime bien rester dans la salle commune le soir, aussi, pour dessiner plutôt. C’est si tranquille, si paisible, cet endroit, la nuit, quand tout le monde dort…mais sans être angoissant comme le sont d’autres lieux. Juste…serein. »

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