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 I'm sorry but i can't be alright |Lee|

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MessageSujet: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Sam 8 Oct - 9:13


I'm sorry but i can't be alright

✎ Noms ◮ Nicholas Covenant & Aleera Bielova Ponette&Pingouin <3
✎ Mois actuel ◮ Septembre
✎ Contexte temporel ◮ Samedi soir, vers 23h
✎ Contexte spatial ◮ Appartement dans l'Allée des Embrumes.

Codage (c) Champifeuille et Shakespearette.


Plus rien n'allait. Plus rien ne se passait comme cela aurait du, plus rien n'avait de sens, il n'était plus qu'un énorme trou sans avenir. Sans passé, ni futur, et juste l'envie de chialer comme une gonzesse. Ce n'était tout simplement pas possible. Il ne pouvait pas y croire, c'était une blague de mauvais goût, un rêve particulièrement malsain, mais non.
Pas Kenzo. Tout mais pas ça.
Son meilleur ami, son partenaire de délire, son artiste, leur jeu, leurs sourires... Sa façon d'être et de bouger, de grogner dés qu'il approchait sa cousine, de regarder passer les mecs avec un sourire carnassier... Sa douceur, aussi. Pourquoi ? Comment avait-il pu, sans rien lui dire, sans rien lui montrer ? Il savait qu'il n'allait pas bien, après le bal de fin d'année, mais... pas à ce point. Ils allaient tous mal, bordel !
Arès, et maintenant lui. On se foutait de sa gueule, là-haut, à lui retirer tout ce qu'il avait de cher à son cœur. La prochaine fois, ce serait qui ? Eli ? Lucy ? Une de ses sœurs, un petit enfant qui n'aurait rien demandé, des Covenant ? Qui ?! Pourquoi pas lui, en fait ? Voilà qui résoudrait le problème qu'il ressentait. L'envie de s'arracher le cœur, de se griffer la gorge pour en faire sortir ce hurlement silencieux de douleur, de se mordre la peau jusqu'au sang à s'en faire mal à la mâchoire pour se contenir de faire des conneries. Ressembler à une loque sans avenir et sans lendemain.

Les baffes de son appartement crachait une musique rock qui vibrait à ses oreilles alors qu'il gisait là, assis sur son lit et une cigarette entre les doigts. Il faisait peur à voir, blanc comme un cachet, les cheveux en bataille et les yeux rouges, mais il s'en foutait complètement. Il n'avait rien à perdre, après tout ? Plus rien d'autre de pire ne pourrait lui arriver. Inspirant encore une fois une bouffée de cigarette, il plongeait de plus en plus dans une torpeur bienveillante, cadeau des deux bouteilles de vodka vides à ses pieds, quand il revit sous ses yeux Kenzo. La panique le prit au corps et il tendit un bras vers lui, ne rencontrant que du vent, alors que le jeune homme semblait s'installer à coté de lui, pour lui dire d'arréter de boire. Non. Si jamais ça le ramenait à la vie, il devait continuer. Et de rouvrir une bouteille en lui parlant, complètement taré, avant que sa vue ne se brouille et qu'il referme les yeux. Pour les rouvrir au bruit fort de quelqu'un tapant à la porte en hurlant de faire moins de boucan, le faisant se relever pour aller ouvrir à la voisine d'en dessous, le regard noir. La vieille femme eut un mouvement de recul en découvrant son apparence et marmonna des choses du genre « appeler les aurors », « tous des drogués ces tatoueurs », auxquelles Nika répondit par un doigt d'honneur en lui claquant la porte au nez et en retournant en zigzaguant s'affaler dans son lit.
La poudre le narguait encore, mais il n'osait pas en reprendre, alors qu'il était en train de redescendre de sa première prise. Putain, qu'est ce qu'il avait fait ? L'angoisse recommença à réapparaitre, ça et la culpabilité, et il referma les yeux en toussant ses poumons, plus habitué à fumer autant. Il avait promis... promis d’arrêter. Mais... Kenzo. Mais Maxence. Repenser à son pote mort sous ses yeux le fit comprendre qu'il était en train de replonger, qu'il était en train de trahir son meilleur ami, le vrai, l'ancien. Celui qu'il n'avait pas su défendre, celui qui était mort tout connement dans ses bras pour une histoire de drogue...
Penser à Maxence lui fit penser à Lucy, à sa fiancée. À l'amour de sa vie qu'il allait décevoir, inquiéter. Merde. Merde il pouvait pas faire ça ! Mais.... est ce qu'il pouvait encore s'en sortir. Une large partie de son cerveau lui susurrait de lâcher prise, juste pour ce soir. Juste un moment pour décompresser, pour ne plus penser à ce que Nanaly lui avait dit.

Mais bordel, pourquoi il avait fait ça, pourquoi il ne lui avait jamais dit que ca n'allait plus ? Il l'aurait aidé, il l'aurait frappé, putain, il l'aurait baisé si ca avait pu lui faire oublier Théodore. Comment pouvait-on être assez con pour suivre quelqu'un dans la mort ? Question idiote, alors qu'il imaginait sa Lucy dans une mare de sang. Mais Kenzo.... il n'avait pas le droit de le laisser là, en arrière. Pas tout seul. Sans personne pour la protéger, que deviendrait Nanaly ? Oui, elle avait Andras, mais elle avait besoin de son cousin, tout comme lui avait eu besoin de l'asiatique. Mais pourquoi n'avait-il rien vu ?! Il s'en voulait, tellement, tellement.
Attrapant une feuille dans un moment de lucidité, il y griffonna rapidement quelques mots. Lee. C'était Lee dont il avait besoin pour le moment. Seule elle aurait la force nécessaire pour le sortir de son trip sans que leur amitié ne se brise. Amitié... le mot lui arracha un fou rire de drogué, une sorte de ricanement, alors qu'il se rappelait à quel point ils se voyaient souvent, à une époque. Dés qu'il ressentait le manque de la drogue, il allait l'oublier dans son étreinte, contre sa peau. Elle le comprenait, à un point qui faisait parfois peur, elle savait qui il était tout comme lui savait qui elle était. Lucy.... il l'aimait à la folie et jusqu'à la fin de sa vie, mais Lee avait réussi à le sauver. Et il espérait qu'elle pourrait encore le faire.

Lâchant le hibou dans la nuit avant de tomber les pieds dans les fringues amoncelés au sol, il se rappela qu'il était torse nu et en jean vraiment... enfin vraiment pas adapté à dormir, ou faire croire que ça allait. Disons que les trous étaient plus grands que le restant de tissu, mais on ne bossait pas dans une boutique de tatouage sans avoir le look. Mais, en fait, fuck, non ? Elle l'avait vu bien plus dénudé que ça, à plusieurs reprises, et si elle ne venait pas... et bien il n'en aurait rien à foutre non plus.
S'apercevant qu'il tremblait à nouveau, un contrecoup de sa chute lente de drogue dans le sang, il hésita. En reprendre, ou non. Une quinte de toux lui déchira la gorge encore, et il cracha une salive rosâtre qui n'augurait rien de bon, mais il n'était plus en état de s'en soucier. Pour un mec qui avait réussi à tenir un an sans rien prendre, il lui semblait que ç'était hier qu'il faisait chauffer son mélange dans une cuillère et se l'enfonçait dans le bras à la seringue, et... c'était ce qu'il était en train de faire. Trop tard pour reculer, juste demander encore pardon à Maxence, à Lucy, et de se recroqueviller sur le sol. Lee viendrait ou ne viendrait pas, il se réveillerait peut-être ou non, mais là... il n'en avait plus rien à foutre, et voulait juste dormir.

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MessageSujet: Re: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Sam 8 Oct - 21:19

Un coup de poing. Deux coups de poings. Deux coups de poings dans le mur. Deux coups de poings qui ne lui arrachèrent pas un cri de douleur, mais plutôt un hurlement de rage. Aleera contempla ses phalanges endolories, puis appuya lourdement sa tête contre le mur, en fermant les yeux. Tentant de réguler sa respiration. Tentant d’apaiser les battements désordonnés de con cœur. Voilà qui était mieux. Sa tête bouillonnait de pensés contradictoires, son cœur semblait prêt à exploser sous le coup d’émotions aux antipodes les une des autres. Pourtant, dans tout cet amalgame de sensations aux antipodes les une des autres, une certitude se dégageait clairement, une conviction inébranlable qui ne cessait de se renforcer à chaque seconde qui passait.

Nika allait mal. Elle allait l’aider. Le sauver, le tirer vers le haut, lui sortir la tête de l’eau, ou tout un tas d’autres synonymes qui traduiraient l’envie farouche qu’elle avait de retrouver le pirate. De le serrer tout contre elle. De lui promettre que demain sera parfait, de le baratiner, de lui redonner le sourire, fut-il ironique. De chasser d’une étreinte, d’un baiser, tous ses démons, de faire déguerpir les chimères qui le torturaient. De l’envelopper d’une douce chaleur protectrice, rassurante, de l’embrasser jusqu’à ce qu’il s’apaise. De lui redonner un dixième du réconfort qui lui-même lui avait apporté quand elle allait mal. De lui rendre la pareil car elle savait ce dont il avait besoin. Nicholas la connaissait comme personne, et inversement. C’en était troublant. Ce lien étroit, tissé au fil des années, parfois détruit, parfois consolidé, le ramenait constamment à lui. L’obligeait à chercher ses sourires, ses caresses, à réclamer le son de sa voix. Elle l’avait désiré. Pendant de longues années, leur relation avait été d’avantage un moyen d’évacuer leurs frustrations. Au fur et à mesure, ils avaient apprit à se découvrir, à prendre le temps de donner du plaisir et d’en recevoir. Au fil du temps, Nicholas était devenu une drogue dont elle ne pouvait plus se passer. Une bouffée d’air frais, une renaissance, un pilier dans son univers au final pas si stable que ça. Nika était tout ça à la fois. Et pourtant elle l’avait repoussé.
Quand avait débutée sa relation avec Thomas, elle s’était désintéressée du pirate. L’envoyant balader quand celui-ci réclamait ses caresses. L’ignorant honteusement alors qu’elle avait tout autant besoin de lui qu’il avait besoin d’elle.

La plus grande faiblesse d’Aleera était sans aucun doute sa formidable incapacité à contrôler ses émotions, sens sentiments. Sa vie amoureuse avait été pour le moins tourmentée l’année précédente. Les engueulades avec Thomas, les lapins qu’il lui avait mit, les flirts, de nouveau les engueulades, le désir, la passion, les jalousies, l’incompréhension, l’attirance, la douleur, la fin. Dans les grandes lignes, sa relation avec l’héritier River s’était résumée à ça. Bel homme, Tom n’avait pas eu beaucoup de mal à charmer la russe bien que celle-ci avait pris un malin plaisir à le faire tourner en bourrique. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que le beau brun tomberait amoureux d’elle. S’éprendrait d’une femme pour la première fois de sa vie. Inconsciemment, cette attention, ce sentiment envers elle l’avait effrayé. Thomas voyait sa vie à ses côtés, elle, avait du mal à se projeter la semaine d’après. Thomas était beau, mais le genre auquel elle aspirait. Et puis il y avait eu Scorpius … Officiellement, son meilleur ami, mais dans le fond, il avait été beaucoup plus. Ils n’étaient jamais passés à l’acte à proprement dit, néanmoins, c’était dans les bras du blondinet qu’Aleera s’était sentie le mieux. Son cynisme raffiné, son flegmatisme, son intelligence, sa douceur, sa stabilité. Ce qui lui avait plut chez Tom, c’était le fait qu’au début, elle était persuadée que le Serpentard était comme elle. Petit à petit, elle avait été désillusionnée. Thomas était plus sensible, plus renfermé, plus fragile. Alors qu’elle-même était en quête d’une certaine forme de protection, d’une personne qui lui susurrerait à l’oreille qu’elle était en sécurité. Ce qui lui avait plut chez Scorpius, c’était ce besoin d’attention et de tendresse qu’il comblait. L’héritier Malefoy n’avait pas eu une enfance comme la sienne, ni comme celle des River. Même si émotionnellement, il ne comprenait pas tout à fait les peines et les blessures d’Aleera, son équilibre psychologique comblait largement cette lacune. Pius avait été un homme sur lequel la demi-Vélane avait put se reposer, s’appuyer pour reprendre son souffle et continuer à avancer. Mais Scorpius avait quitté Poudlard, avant qu’Aleera ait put lui témoigner ce qu’elle avait sur le cœur en bon et dû forme. Roxanne s’était entichée de lui. Aleera ne pouvait tout simplement pas priver sa meilleure amie de l’amour du jeune homme. Try again Lee.

Entre temps évidemment, il y avait eu Dan. Il y avait toujours eu Dan. Daniel Nate Prewett, le jumeau de Meg, cette pure bombe qui la mettait sans dessus dessous mais qu’elle avait été persuadée de détester pendant de longues années. Leur relation commençait tout juste à se stabiliser. Quand Ellundril était morte, Aleera avait cherché à se rapprocher de lui. Voyant dans son attitude arrogante et cynique une tristesse, une détresse qu’elle ne connaissait que trop bien. Parfois, ses tentatives de se rapprocher de lui se soldait pas un échec. Parfois, ils avaient pris le temps de parler. Parler sans s’insulter. S’écouter sans se railler. Aleera était toujours ressortie profondément ébranlée de ces discutions. Plus elle écoutait Dan, plus elle se trouvait des points communs avec cet emmerdeur. Même répartie, même gout prononcé pour les voluptueux plaisir de la vie, même façade égotiste et hautaine, mêmes penchants vicieux quand il s’agissait de mener la vie impossible à autrui, même impulsivité. Même charisme, même témérité, même spontanéité, mêmes blessures, mêmes peurs, même façon d’avancer, même manie de blesser avant d’être blessé, même entêtement face à la vie en générale, envers et contre tous. La liste était encore longue, mais Aleera préférait s’en tenir là. Tant une certitude grandissait en elle. Daniel et elle n’étaient-ils pas de qu’on appelait des … Âmes sœurs ? Le mot sonnait comme une expression préconçue aux oreilles de la russe, une saloperie de proverbe à deux Gallions. Mais pourtant, c’était ce qui reflétait le plus la réalité. Elle comprenait Dan, il la comprenait, en l’observant elle apprenait beaucoup sur elle-même, se découvrant de multiples facettes jusque là inconnues quand elle était en con contact. C’était d’ailleurs ce qu’il y avait d’effrayant dans leur relation. Le beau brun savait exactement quoi dire pour la blesser, ou la réconforter. Quand elle était avec lui, Aleera ne contrôlait plus rien. La situation lui échappait totalement. Or, éducation Bielova oblige, elle voulait contrôler chaque aspect de sa vie. Dominer son monde à tout moment, se rassurer en usant d’une supériorité qu’elle estimait non feinte.
Là ou Thomas aurait eu besoin de sa tendresse, ou Scorpius l’avait complétée, Dan était son homonyme masculin. Don reflet dans la glace.

Et Nika dans tout ça ?
Aleera griffonna quelques mots sur un vieux morceau de parchemin, dévala les marches de son dortoir et lui colla dans les mains de son frère. En quelques mots, elle expliquait à Mikhaïl qu’elle avait une situation urgente à régler, qu’elle lui expliquerait à son retour, et qu’il devait la couvrir si jamais on demandait ou elle était passée. Sans laisser le temps au Préfet de l’interroger sur le contenu de son message, Lee se rua vers la sortie de la salle commune et disparut dans les ténèbres des cachots.

Nika, dans tout ça …
C’était indéfinissable. Longtemps, elle s’était répétée jusqu’en être lassée qu’elle n’était pas accro à lui. Qu’il était juste un plan cul comme les autres, un jouet, qu’il n’avait absolument aucune emprise sur elle. Alors pourquoi ? Pourquoi avait-elle sentie une rage sourde montée en elle quand elle avait apprit qu’il sortait avec Lucy ? Pourquoi l’image du pirate embrassa son Gryffondor de petite amie l’émoustillait à ce point ? Pourquoi avait-elle envie de balancer un Doloris dès qu’elle voyait cette pétasse ? Et surtout, pourquoi n’essayait-elle pas de briser leur couple ? Elle l’avait déjà fait. Oh oui. Et pas qu’une fois. Quand elle convoitait un mec, elle n’en démordait pas. Parfaite inconnue, connaissance ou amie, Aleera en avait fait pleurer des femmes, pour leur avoir volé leur petit ami. Et sans aucuns scrupules. Sans rien regretter quand elle finissait par se lasser du petit ami en question, pour aller voir ailleurs. Son tableau de chasse se résumait en une longue liste des cœurs brisées, de jalousies, de tromperies, de sexe, de manipulation. La fidélité n’était pas une valeur qui lui était habituelle. L’empathie, encore moins. Tromper un mec raide dingue d’elle, revenir avec une semaine plus tard, le bouder deux mois en s’affichant avec d’autres hommes pour finir par le coincer dans un placard à balais ? Déjà fait. Et encore, ce n’était pas le pire. Ce genre de frasques avaient toujours fière la demi-Vélane. Elle était irrésistible, aucun gars ne pouvait rester de marbre en la regardant. Ils étaient tous à ses pieds, et quand bien même elle se les essuyait sur leur honneur, ils revenaient toujours en rampant. Elle avait le choix, il ne lui restait plus qu’à choisir. Elle contrôlait la situation. Pourtant, ladite situation commençait à la laisser perplexe. Dans le fond, si elle faisait du mal à presque toutes ses conquêtes, c’était par peur de s’attacher. De se retrouver face à son incapacité totale à faire le point sur ses sentiments quand ceux-ci devenaient sérieux.

Et si elle s’était attachée à Nika ?
Maintenant, c’était indéniable. Elle avait besoin du pirate, besoin de se fondre en lui, besoin de sentir son souffle contre sa peau nue. Et pourtant ces derniers temps, elle se l’interdisait. Nicholas sortait avec Lucy. Nicholas aimait Lucy, profondément. Alors elle ne pouvait pas se permettre de briser leur couple par estime pour le jeune homme, c’était aussi simple que ça. Bien sur elle était jalouse, bien sur Lucy l’horripilait au plus haut point. Mais pourtant, jamais elle n’aurait levé la main sur la blondinette. Parce que Nika tenait trop à elle. Et qu’elle s’apercevait qu’elle ne souhait que son bonheur. S’il était heureux avec cette gonzesse, hé bien tant mieux. Elle n’avait pas à s’immiscer dans son couple. Même si elle l’avait déjà fait, pour le coup, elle ne se le permettait tout simplement pas. Elle ressentait une foule d’émotions contradictoires pour le pirate, un attachement dont elle avait conscience dans chaque parcelle de son corps. Mais entre eux, ce ne serait jamais gentil, ni doux, ni tendre. Ils avaient besoin l’un de l’autre, mais c’était animal, destructeur, urgent.
La russe traversa les couloirs en courant, déserts à cette heure. D’un côté ce n’était pas un mal, quiconque se serait trouvé dans les parages aurait eu un gros plan sur la culotte de Lee qui apparaissait sous les volants de sa mini-mini jupe. Mais peut lui importait. D’une part elle était impudique, d’autre part elle n’avait pas le temps de penser à ce genre de détails. Elle arriva rapidement au passage secret derrière la statue de la Sorcière Borgne. Murmurant l’incantation pour entrer, elle se rua dans le sombre corridor qui menait jusqu’à la réserve d’Honeyduke. Elle en arriva au bout en quelques minutes, essoufflée. D’un coup de pied fluide, elle fit sauter la trappe, sortit sa baguette magique de son décolleté pour lancer un Finite Incantatem et bondit dans le magasin. Elle ferma les yeux, visualisa l’Allée des Embrumes, et transplana.

Ce qui lui avait de formidable dans cette ruelle, c’était qu’à toute heure de la journée ou de la nuit, on trouvait des individus louches. La russe tourna la tête à droite, puis à gauche. Elle avait mémorisé par cœur l’adresse de l’appartement de Nika … Allez, ça devait être à droite. Reprenant sa course folle, la vipère ignora les sales regards qui lui lancèrent un groupe d’ivrognes, ainsi qu’un sifflement admiratif. Elle se stoppa net quand elle sentie une pression enserrer son bras. Faisant volte-face, ses yeux de vélane gris plus pâles que jamais, elle dévisagea l’homme qui venait de l’intercepter d’un air méprisant.

-« Ou tu cours comme ça ma jolie ? Tu t’es perdue ? Je peux te servir de guide … »
-« Dégages. »
-« Pourquoi t’es si pressée ? Hein ? Pourquoi … »
-« Le cœur a ses raisons que la raison ignore. »

Aleera se dégagea de l’emprise de l’homme d’un violent coup d’épaule. Elle pivota sur ses talons pour reprendre sa course contre la montre. L’homme l’atrappa violemment par la taille, pour la coller contre lui. Une immonde odeur d’alcool emplie les narines de la Serpentard. Ni une ni deux, elle se retourna pour envoyer un uppercut dans le nez du soiffard, qui s’effondra sur le sol en piaillant, et se remit à courir.

Elle passa la porte de l’appartement de Nika, à bout de souffle, sans pour autant ralentir l’allure. Montant les escaliers quatre à quatre et s’attirant au passage le regard noir d’une vieille qui ne semblait pas apprécier la symphonie que faisaient ses talons aiguilles en frappant les marches, Aleera arriva devant la porte du pirate. Sans frapper, elle se rua à l’intérieur. Echevelée, décoiffée, la respiration haletante, son top décolleté de travers, sa jupe dans un état encore plus piteux.

-« Nika … »


Un mot. Quatre lettre. Un souffle. Une émotion. Nika…
La russe se précipita vers Nicholas. Recroquevillé par terre dans une pile de fringues sales, plusieurs bouteilles de vodka à ses pieds. Pâle comme la mort, faible, tremblant. Aleera sentit son cœur cesser de battre. Nika, dis-moi que t’as pas retouché à cette saloperie.
D’un gestes lent, mesuré, qui trahissait sa tendresse, Aleera passa sa main autour de la taille du pirate pour l’aider à se relever. Doucement, sans le pressé, pour éviter qu’il ne tombe.

-« Je suis là… »

Le collant contre elle, ignorant le fait qu’il était torse nu, elle l’aida doucement à le lever pour le déposer sur son lit. Toujours aussi doucement, elle remonta ses jambes pour l’installer dans une position un peu plus confortable. Se penchant au dessus de lui, elle effleura la joue du jeune homme du bout de ses doigts. Sans un mot, lui laissant le temps de reprendre ses esprits, elle fit quelques pas et s’assit en tailleurs à côté du lit. Avec délicatesse, elle passa ses longs doigts fins dans les cheveux noir d’ébène du pirate et commença lui masser la tête.

-« Maintenant, dis-moi tout. »
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MessageSujet: Re: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Dim 9 Oct - 4:57

Le sommeil l'engourdissait et seules ses quintes de toux à répétition l’empêchaient de sombrer, alors qu'il se laissait aller sur le sol, sans se soucier du tout de l'état dans lequel il était en train de mettre Aleera à des kilomètres de là. Non, tout ce qu'il voyait pour le moment, c'était les tâches au plafond, plutôt glauques, et cherchait un moyen de les enlever, mais avec cette flemme de saisir sa baguette. Heureusement dans un certain sens car sinon il aurait plus risqué d'enflammer sa chambre qu'autre chose, dans cet état comateux qui le caractérisait à chaque fois qu'il se droguait. Comment avait-il pu se passer de cette sensation de calme, de flottement ? Il avait l'impression qu'on lui avait oté un poids de la poitrine et que plus rien ne pourrait l'atteindre.
Pourtant, tout n'était pas rose quand on était dans un état pareil, et les hallucinations non plus. Si peu de temps auparavant, il avait discuté avec Kenzo, passant sur lui toute sa rancoeur pour être mort sans lui avoir demandé son avis, sans l'avoir laissé l'aider, sans rien dire, seul dans son coin, malheureux, sans se rendre compte qu'il parlait à une illusion, c'était maintenant Maxence qui l'accompagnait, l'air fatigué, avec la tête qu'il avait à sa mort, lui disant d’arrêter, de pas gâcher sa vie. Il ne pouvait même plus lui parler, juste l'écouter avec un petit sourire aux lèvres, comme il le faisait toujours à l'époque. Il ne pouvait pas vraiment le virer, il avait besoin de lui comme l'inverse, ils passaient leur temps ensemble, à se tenir chaud au plus froid de l'été, quand leur souffle faisait de la buée, quand seul un corps contre le votre vous sauvait d'une méchante grippe...

Seulement, il ne pouvait plus vivre entouré de fantômes, bien qu'il s'y accrochait de toutes ses forces. Il avait passé plus d'un mois sans accepter la mort de Maxence, il ne voulait pas refaire la même chose pour Kenzo... mais c'était plus fort que lui. Il était un marin, il savait ce que la mer pouvait prendre, il savait que la vie était donnée pour être reprise, mais il en venait à penser qu'il n'y avait pas de raison de vivre. Pourquoi vivre si c'était pour savoir déjà la fin ? Pour souffrir, connaître tous ses gens qui mourraient ? Quel était la raison de tout ça ? Il ne comprenait plus rien, et bientôt les sourires de Maxence se transformèrent en urgence, en chuchotis pour qu'il ne s'endorme pas, qu'il attende, qu'il s'en sorte. Il aurait voulu lui dire qu'il préférait être à nouveau avec lui, à Copenhague, mais les mots ne sortaient plus, et ce ne fut que l'arrivée en trombe de Lee qui le sauva d'un sommeil surement fatal. Ouvrant des paupières lourdes, il se contenta sans broncher de s'appuyer contre elle, poussant un petit soupir de soulagement en sentant son corps chaud contre son torse gelé. Les lèvres presque bleues, les doigts gourds, il se laissait porter et atterrit sur son lit avec un petit rire, la tête qui tournait. Elle était là. Elle était venue. Il allait s'en sortir. Alors pourquoi il avait envie de pleurer soudainement ? Pourquoi il se sentait bizarrement dégouté de ne pas mourir ce soir ? Ca n'allait plus du tout dans sa tête, c'était officiel.

La sentir lui mettre les jambes sur le lit, doucement, comme à un bébé, fut la goutte de trop, et bientôt, il se mit à tremper sa couette de larmes silencieuses, bloquant sa respiration et suffoquant seul comme un con, incapable de s'arréter. Il était tellement pitoyable, tellement une loque, il ne comprenait pas comment ses sœurs et son cousin avaient pu réussir à le supporter ainsi, comment Lucy faisait pour l'aimer... comment Lee faisait pour l'aider. Pourquoi ne pas le laisser crever, hein ? Ce serait si simple...
Sentant ses doigts dans ses cheveux, il ravala une quinte de toux pour tenter de lui expliquer, manquant de se mettre simplement à hurler sa douleur, mais ne voulant pas lui faire encore plus peur. Il se terrorisait déjà lui même.

« J'ai... Kenzo est.... il est mort. Ca fait mal, Lee, putain, ca fait mal. Je... Maxence.. j'ai envie de les rejoindre mais... »
Mais je me suis craqué alors maintenant j'agonise sans pouvoir en finir. Les mots ne sortaient tout simplement pas, il lui montra simplement l'état de son poignet gauche couvert de sang, et il se remit à pleurer de plus belle, se recroquevillant dans son lit, attrapant violemment les mains d'Aleera pour les repousser, soudainement trop brulantes, trop douces pour lui. Il n'avait jamais su quoi faire avec la douceur, jamais su comment la prendre, comment la contenir, il ne savait pas comment la supporter. Ses nerfs rendus à vifs le rendaient instables, et il tenta de se lever pour fuir je ne sais où, s'effondrant au pied de son lit avec un gémissement misérable, y restant encore en se tenant le ventre en toussant de plus belle.

« Me touche pas, laisse moi.. je veux pas te contaminer, s'il te plait... laisse moi les rejoindre... »

Le peu de raison qui restait encore à Nika venait de s'envoler par la fenêtre et il en était rendu à supplier, mais il n'avait plus d'autres alternatives. Vivre faisait trop mal. Mourir lui apporterait cette paix qu'il ne parvenait pas à trouver ici.

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MessageSujet: Re: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Dim 9 Oct - 7:25

Lee contempla avec inquiétude le visage du pirate. Plus pâle, il aurait été transparent. Son état laissait fortement à désirer. Recroqueviller sur lui-même, grelottant, les lèvres quasiment bleues, Nika était on ne peu plus mal au point. La Serpentard retint à grand peine un soupir. Pourquoi tous les hommes auxquels elle tenait lui envoyaient systématiquement des lettres quand ils étaient à l’article de la mort ? D’abord Dan, pendant l’été … Maintenant Nika … Quoique Dan n’avait pas sollicité son aide. Il lui avait écrit de façon impulsive, et elle était allait le chercher de façon impulsive. Nicholas, c’était autre chose. C’était un réel appel à l’aide qu’il lui avait lancé. Une plainte angoissée, un murmure inaudible, un dernier souffle. Il avait placé sa confiance en elle, il avait remit sa vie entre ses mains. Un cadeau inestimable dont Aleera était bien décidé à prendre grand soin. Nika avait sauvé Tania … Elle lui devait au moins ça. Ca, et bien plus. Ce n’était que maintenant qu’elle s’en rendait compte, mais elle était fragile. Pareille à un palais de glace. Imposant, froid, en apparence solide. Mais qui cachait une grande vulnérabilité une fois les artifices écartés. Le palais de glace fond aux premiers rayons du soleil. Et Aleera s’effondre quand son soleil à elle se retrouve caché par une autre femme. Nika était son soleil, sa félicité lumineuse, le petit quelque chose qui éclairait toujours les chemins les plus sombres. La lumière au bout du tunnel. Une présence rassurante, qui la réchauffait. Une drogue on ne peu plus saine qui la remplissait d’un sentiment exaltant, qui la faisait réellement se sentir vivant.

Une drogue qui lui était désormais prohibée. Qu’on lui avait arraché, ou qui n’avait jamais été totalement en sa possession. Jusqu’à présent, elle ne s’en était que très peu préoccupée. Nika était un homme volage, un éternel polygame qui ne se satisfaisait jamais d’une seule femme à la fois. Mais dont elle était la préférée. Désormais ... Désormais, il y avait cette Lucy. Aleera ne savait pas grand-chose d’elle. Juste qu’elle ne l’aimait pas. D’abord, parce qu’elle était une amie de Lou. Puis parce que la miss avait toujours en travers de la gorge le fait qu’elle se soit tapée Dante. Et puis bon, voilà. Lucy, c’était le parfait prototype de la blondinette Disney qui se fait enlever par le vilain méchant et qui est sauvé in extremis par son prince charmant. Ou ce la gonzesse peroxydée de film d’horreur qui finit éviscérer par le psychopate. Aux yeux d’Aleera, la lionne n’était rien d’autre qu’un prototype. Une fille creuse, une de ces blonde écervelée qui a tout juste assez de cervelle pour savoir comment plaire aux hommes. Et pourquoi, Nika, le Covenant, l’avait choisit elle. Soit. Il était amoureux, et il comptait bien lui rester fidèle. Bon … Après tout … C’était normal qu’il veuille se poser. Elle-même éprouvait de plus en plus de lassitude au fait de changer de mec tous les soirs. Nika avait trouvé la fille qui lui convenait. Celle qui sortait du lot, qui le faisait sourire comme un con sans qu’il sache pourquoi. Du moment qu’il était heureux … Hé bien, du moment qu’il était heureux, la demi-Vélane prenait sur elle. Pourtant, c’aurait été si simple de foutre la merde dans leur couple … Si simple, si agréable, avec à la clef un résultat si doux … Mais non. Elle ne pouvait se le permettre. Lee se découvrait une foule de sentiments tous plus intenses les un que les autres pour le pirate. Il fallait juste qu’il soit heureux. Juste que ce cher Nika trouve enfin son équilibre et qu’il se calfeutrer dans une vie un minimum stable. Donc Aleera prendrait sur elle.

La vipère fit glisser ses doigts dans les cheveux noir de jais du jeune homme, faisant mine de ne pas remarquer les larmes qui coulaient le long de ses joues pâles. Elle le laissa patiemment se calmer. Sa gorge se serra quand il évoqua Kenzo. Putain, Kenzo. Kenzo-gueule-d’emo. Un p’tit mec qu’elle n’avait jamais spécialement porté dans son cœur, étant donné qu’il menait la vie dure à Mikhaïl. Mais avant toute chose, Aleera plus que quiconque savait dans quels circonstances il avait finit … Comme tous les Basilics. Elle avait laissé faire. Elle avait cautionné l’assassinat d’un type qui dans le fond, ne lui avait rien fait. Et honnêtement ca ne lui avait fait ni chaud froid. Mais maintenant … Que Nika abordait le sujet… La russe se figea en entendant la dernière phrase de Nika. J’ai envie de les rejoindre mais …. Aleera déglutit. Elle se pencha en avant, le regardant droit dans les yeux.

-« Nika, j’t’interdis de dire ça. J’suis p’tête rien pour toi, j’suis pas la blondasse exubérante qui fait battre ton cœur, il n’empêche que je tiens à toi. Et j’ai besoin de toi. De ta présence, de tes sourires, de te voir heureux. Kenzo, Maxence … » Son ton s’adoucit, à un point qui la surprit elle-même. « Ecoutes mon grand … Ils sont partis de la manière la plus injuste qui soit. S’ils avaient eu le choix, évidemment qu’ils auraient préféré vivre. Alors pour eux, tu dois continuer à respirer, ton cœur doit continuer de battre. Vis pour eux. Ils vivent à travers toi … »

Aleera s’interrompit quand le pirate lui montra son poignet. La belle blonde écarquilla les yeux les traces sanguinolentes qui s’étendaient de part et d’autre du bras du pirate. Elle soutint sans ciller la vision horrifiante de cette chaire entaillée, déchirée, écorchée. Scarifiée. Elle planta son regard dans celui de Nika, secouant doucement la tête. Elle sentit con cœur se déchirer quand il se remit à pleurer. Lentement elle s’assit sur le bord du lit dans une tentative maladroite de prendre le jeune homme dans ses bras. Ce dernier bondit en arrière, comme un animale appeuré. Bien qu’elle fût étonnée, Aleera n’en montra rien. Elle bondit néanmoins sur ses pieds, comme un diable sortit de sa boite, quand Nika tenta de s’enfuir et tomba lamentablement. En un éclair, elle se baissa pour tapoter le dos du pirate tandis que celui-ci toussait à s’en arracher les bronches. Aleera haussa un sourcil quand il la somma de ne pas le toucher. Try again, man.
La demi-Vélane sortit sa baguette de son décolleté et sans un mot, la passa doucement au dessus du poignet du jeune homme jusqu’à ce ses plaies soient totalement renfermées. Intérieurement elle bouillonnait de rage. De l’entendre palabrer de telles conneries la mettait tout simplement hors d’elle. Elle avait envie de le choper les épaules, de le secouer un bon coup, de lui coller une paire de baffe, de l’embrasser, de lui faire l’amour jusqu’au petit matin. Sauf que là, il n’était pas en état. Il fallait qu’elle prenne sur elle, encore et toujours, pour assurer le bien être du jeune homme. Et elle le ferait et le referait sans hésitation aucune.
Elle releva la tête vers lui, et murmura :

-« Comprends que c’est pour ton bien Nika. Impedimenta. »

Le sortilège d’entrave atteignit le tatoueur au niveau des jambes. Bien. Comme ça il ne pourrait plus essayer de sauter par la fenêtre ou une connerie dans le genre. Faisant appel à toute la force de ses muscles pas si frèle que ça, Aleera hissa de nouveau Nika sur ses épaules, passant fermement sa main autour de ses hanches et le trainant comme un poids mort jusqu’au lit en prenant garde de ne pas lui faire mal. Elle le posa sur le lit, en position assise, pour faciliter sa respiration. Chopant une couette qui trainait non loin, elle la passa autour du pirate pour lui tenir chaud. Plus les minutes passaient, plus Lee était persuadée d’une chose : Nicholas avait retouché à cette saloperie de poudre blanche. Mélangée à l’alcool, l’héroïne devait avoir un effet vraiment détonant … Tenant très mal la drogue, la russe ne s’était vraiment épanchée à ce sujet. Mais elle savait par ses cousins que certaines de ces substances pouvaient donner des hallucinations. Aleera hésita. Bon allez. Il finirait par lui en être reconnaissant ...

-« M’en veux pas beau gosse … Là aussi c’est … Pour ton bien … »

Stoïque, par gestes lents et mesurés, Aleera obligea le jeune homme à se pencher sur le côté, par-dessus son lit. Décidant d’en finir au plus vite, elle ouvrit la mâchoire de Nika d’une main, et introduit un doigt dans sa bouche, profondément, jusqu’à la glotte, pour lui faire vomir toutes les saloperies qu’il avait put ingurgiter.

-« Désolée … »

Son murmure se perdit dans le bruit que fit le jeune homme en vomissant. La demi-Vélane resta calme, faisant disparaitre au fur et à mesure l’immonde liquide d’un sortilège informulé. Elle appuya doucement sa main sur son dos, pour l’encourager à purger son corps de toute cette merde. Quand il eut finit, elle le retourna vers elle, pour lui nettoyer la bouche d’un Aquamenti. Voilà Nika. T’sais que j’t’aime bien toi ? D’un mouvement fluide elle s’assit en tailleurs en face du pirate. Yeux dans les yeux. Hésitante, elle lui prit la main, enlaçant ses doigts aux siens d’un geste qui trahissait son inquiétude, la peur qu’il lui avait faite, son envie de le protéger. Ne pouvant contenir son angoisse et sa colère plus longtemps, la Serpentard entama d’un ton presque véhément :

-« Non, je ne te laisserais pas les rejoindre. Ecoutes moi bien, pirate : tu es beau. Intelligent. Tu as du caractère. Une sacrée détermination. Un bon crochet du droit aussi. Des gens qui t’aiment, d’autre qui te respectent, qui t’admirent. Tu mérites plus le droit de vivre que n’importe qui. C’est trop facile. Tu pense que j’ai jamais en envie de me foutre en l’air ? Quand mon paternel me passait au Doloris, quand il me répétait sur tous les tons que ma mère était morte par ma faute ? Quand il m’a inscrit au Diffindo sur le bras ce qu’il pensait de moi ? Tu pense que j’y ai jamais songé ? Hop, une plaquette de cachets moldus avec une lichette de vodka et on en parle plus ? »

La russe planta son regard dans celui de Nika, devenu diaphane sous l’effet de l’émotion.

-« J’ai résisté. Parce que je les emmerde tous. Toi, tu vas devoir te faire rentrer dans ta jolie p’tite tête le fait que tu as des milliers de raisons de vivre. Mikhaïl. Tes sœurs. Ta famille. Lucy. Pour m... Bref. Y’a des tas de personnes qui tiennent à toi dans ce putain de monde à deux Gallions. Et tu sais pourquoi ? Parce que t’es quelqu’un de génial. T’as tes défauts, t’as tes qualités, ça forme un tout inimitable et ceux qui t’aiment seront d’accord pour dire que c’est assez exceptionnel. J’ai jamais connu quelqu’un d’aussi loyale ou téméraire que toi. Vis bordel. Pour ceux qui t’aiment, pour ta Lucy pour … Moi. Qu’est-ce que je ferais sans toi ?»

La dernière phrase prononcée dans un souffle infime, un murmure quasiment inaudible, Aleera lâcha la main du beau brun et détourna la tête. Qu’est-ce qui lui avait prit de dire ça. Elle prit une profonde inspiration et de tourna à nouveau vers l’ex Gryffondor.

-« Enfin non … Pas pour moi … T’as pas besoin de quantité négligeable pour avancer. Ca ferait que te ralentir. »

Aleera adressa un petit sourire à Nicholas, avant de réarranger sa couverture autour de ses épaules pour qu’il ne prenne pas froid. Hésitante, elle lui caressa une nouvelle fois la joue.
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MessageSujet: Re: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Lun 28 Nov - 2:26

Il n'était qu'un con. Depuis tout ce temps, avec tout ce qu'il avait vécu, il devrait pourtant le savoir, que bousiller sa vie, son corps, ca n'avait jamais servi à rien sinon à faire souffrir ceux qui l'aimaient. Sans doute était-il détraqué depuis sa naissance, à vrai dire, il ne s'était jamais posé la question, mais en y repensant, il pouvait voir les germes de la folie qui avaient toujours été là. À ne pas reculer devant Mara lorsqu'elle lançait des étincelles, à se balancer dans les cordages et sauter du haut du mat pour atterrir dans l'eau, avec un pourcentage de chances important de s'écraser sur le pont, à Poudlard, lorsqu'il s'entrainait à l'arc, au lancer de couteau, lorsqu'il se jetait dans un combat dont il savait pourtant qu'il ne pouvait sortir vainqueur, à boire, courir les filles. Toute sa vie n'était qu'une course sur la pente descendante de la délinquance, et il ne s'en était jamais plaint, il avait toujours mis sur le compte des autres sa violence, ses notes déplorables et leurs regards haineux. Il ne s'était jamais remis en question, n'avait jamais cherché à changer, il était un Covenant et le monde devait s'écraser devant lui. On voyait où ca l'avait mené ! Apprenti tatoueur dans un boui boui dégueulasse, tous ceux qu'il aimait morts ou trop loin pour le voir, à s'échiner tous les jours parce que la société le considérait comme un bon à rien. Pas assez intelligent pour avoir choisi son camp, faisant parti des « moutons » qui attendaient que l'orage passe. Sauf que non, il n'avait même pas l'excuse d'avoir jouer l'autruche, il n'était qu'un putain de charognard qui attendait de pouvoir se repaitre de la fin des autres. Au final, il s'en sortirait, peu importe qui gagnerait. Si c'était les gentils, Lucy et Andras l’accueilleraient bras ouverts. Si c'était le mal, il avait toujours Aleera et Roxanne, Mika pour s'occuper de lui.
C'était ça, être un Covenant, mais il ne comprenait pas comment il pouvait faire pour ne rien ressentir en voyant ce qui se passait. Comment ses parents faisaient-ils pour supporter la pression ? Surement parce qu'ils n'avaient pas d'attaches, pas d'amis en dehors de leur famille, mais lui qui les avaient côtoyés, tous ces adolescents avec des sourires et des idéaux, il avait peur d'avoir déteint. Il n'était plus vraiment un vrai pirate, pas alors qu'il aimait Lucy à en crever, au point de la demander en mariage, pas alors qu'il ne pouvait tirer un trait sur Lee, pas alors qu'il pleurait encore ses amis morts.

Il n'était rien si ce n'est Covenant, et maintenant, même ça lui était refusé.
Que Aleera eut fait le déplacement pour sauver sa peau avait fissuré à nouveau sa carapace fragile, lui qui n'était qu'une coquille vide, et il ne ressentait même pas de honte à pleurer comme un gosse, s'accrochant aux caresses qu'elle lui accordaient. Il ne ressentait plus qu'une forte envie d'en finir une fois pour toutes avec tout ce mélange qui le déchirait de toutes parts, et il le lui expliquait, comme il pouvait, ne pouvant ensuite plus trouver les mots. Bordel, Maxence. Il ne pouvait même pas en parler sans le revoir sous ses yeux, et entendre son rire désabusé. Au final, il était comme ça. Comme son pote. Il n'était plus un Covenant mais un demi Maxence, alors que lui avait vécu bien pire. Il ne pouvait pas approcher le degré de folie et de violence qui avait habité son ami, toute cette souffrance qui se voyait sur lui à chaque geste. Et pourtant, il lui ressemblait chaque jour un peu plus, avec la mort de Kenzo se rajoutant à tout ça. Fumer la vie par les deux bouts, voilà qui avait été leur moto à Copenhague, et il en finissait bientôt les cendres.
Quand Lee lui expliqua qu'ils vivaient à travers lui, il ne put s’empêcher de lâcher un sanglot encore plus fort, une véritable plainte. Non, justement, ils ne vivaient pas en lui, ils étaient lui. Il pouvait comprendre leur envie de se détruire, d'en finir, il pouvait se mettre à la place de Kenzo préférant mourir en essayant de savoir la vérité plutôt que de continuer sans Théo... il pouvait imaginer ce qu'avaient été leurs derniers moments, la souffrance de la mort mêlée à ce soulagement de ne plus avoir à vivre avec ce poids.
Cherchant un moment à s'éloigner de cette douleur, ne supportant plus d'un coup la tendresse que la russe lui accordait, il trébucha contre le bas du lit, s'écrasant sans plus bouger contre le sol, n'enregistrant même plus la douleur sourde qui montait de son arcade, trop replié sur l'alcool, la drogue, et toute cette foutue colère contre lui même.

Rien n'allait chez lui, et la seule chose qu'il pouvait faire, c'était la prévenir. La prévenir qu'essayer de le sauver ne ferait que l'entrainer avec lui dans sa chute, parce qu'il n'avait rien à foutre de sa vie. Alors, oui, il avait sauvé Tania. Oui, il faisait tout pour sauver Lucy, Nanaly, il voulait sauver les autres, mais lui était un cas désespéré, et il le savait bien maintenant. L'année dernière n'avait été qu'une parenthèse, une lueur d'espoir, une folie, et dure était désormais la rechute.
La main chaude de la blonde au creux de son dos, alors qu'il était parcouru d'une nouvelle quinte de toux, le flux doux de sa magie sur son bras détruit, tout ca c'était trop pour lui, et il ne savait pas quoi faire. La repousser, ce serait au dessus de ses forces, mais accepter d'être celui dont on s'occupe était également synonyme d'abandon, et il voulait en finir.

Seulement, il avait fait venir Aleera, et elle ne reculerait devant rien pour faire ce qu'elle pensait utile. L'obliger à vivre, le sauver, l'enchainer encore un peu plus à elle, ce qu'elle prouvait à nouveau en lui jetant un sort d'entrave. L'esprit détruit de Nika comprit ce qu'elle voulait faire, et il ne broncha même pas quand elle recommença à le trainer jusqu'à son lit, sachant très bien que se débattre n'améliorerait pas les choses. Il était trop détaché de toute façon, l'esprit planant des milles au dessus de tout ça, et si sa deuxième prise était doucement en train de s'estomper, elle entrainait un manque si atroce qu'il savait qu'il pouvait y rester. Ca commençait par des tremblements encore plus intenses, et aucune couverture ne pourrait le réchauffer alors qu'il avait l'impression d'être transpercé de pics de glace. Les yeux fermés, la mâchoire ouverte pour inspirer tant qu'il le pouvait, il devait faire pitié, mais il n'en avait plus rien à foutre, gémissant pour une autre dose, gémissant pour que le froid s'estompe, pour que quelque chose change. Les paroles de Lee, envolées, perdus dans son délire, il ne faisait plus la différence entre ses chuchotis et ceux des voix qui lui emplissaient la tête en lui susurrant de lâcher prise.

Ses doigts dans sa gorge, par contre, son corps les rejeta complètement, et sans comprendre, il était parcouru d'horribles maux de ventre alors qu'elle l'obligeait à vomir. Il avait vaguement conscience que c'était assez moche à voir, mais seul comptait pour l'instant les mains de Lee sur son corps l’empêchant de tomber, et ce sang.... merde. À force d'abstinence, il avait affaibli ses défenses immunitaires, et maintenant qu'il était replongé directement dans le dur, il en payait le prix. Ayant eu l'impression d'avoir cracher ses poumons et quelques entrailles, une fois qu'il ne put rendre rien d'autre qu'une bave blanchâtre, seule la force de la jeune femme l’empêcha aussitôt de s'effondrer. L'eau contre sa gorge à vif lui fit du bien, et il tenta de se concentrer sur ses doigts enlacés aux siens, faisant des efforts qui l'épuisaient pour ne pas tourner de l'oeil maintenant. Malgré le froid, la peur, la douleur, elle était là, à lui parler.
Dans le brouillard de ses pensées, les paroles de la russe faisaient lentement leur chemin, réveillant sur leur passage de vieilles culpabilités. Des nouvelles, aussi, alors qu'il commençait tout juste à se rendre compte de ce qu'il était en train de faire. Oh, il lui faudrait surement du temps pour comprendre l'énormité de son acte, mais les paroles de Lee étaient l'électrochoc dont il avait besoin.

« Je suis pas.... ce que tout le monde croie. »
Qu'essayait-il de prouver, avec sa phrase pathétique ? Que tout n'était que façade ? Il avait des défauts, des tonnes de défauts, des failles trop profondes pour être parfaitement comblés, il n'était qu'un masque dont on colmatait les fissures apparentes sans s'attaquer au problème le plus ancien, il était dérangé, inconscient, insupportable, dangereux... Nika n'avait jamais été un enfant de cœur mais il avait l'impression que cela ne s'améliorait pas. Avec son boulot, l'entrainement de Louisiane, le sang qu'il avait sur les mains... Ce n'avait été qu'une question de temps avant qu'il ne craque, sans doute. Que voulait-il qu'elle comprenne ? Qu'il était irrécupérable.

Mais il y avait une chose qu'il savait. Qui était palpable, là, même dans son état ; Lee. Lee qui avait toujours été là, plus ou moins proche, plus ou moins accessible, qu'il aurait surement du détester mais que les évènements avaient fait devenir quelque chose d'indescriptible. Ce n'était pas de l'amour comme celui qu'il éprouvait pour Lucy, ce n'était pas de la clémence, de l'envie de bonheur, c'était ce désespoir qui l'animait comme lui. Elle aussi, savait ce que c'était que la douleur. Surement mieux que lui qui avait eu une enfance relativement heureuse, et elle s'en sortait pourtant.
S'affalant sur le lit, il tendit la main pour l'attirer contre lui, recherchant de la chaleur, recherchant son odeur et ses courbes rassurantes dans leur constance.
« T'pas une quantité négligeable.... j'ai besoin de toi. Ca me rend dingue de... de... mais je peux pas, tu sais ? Si je le fais, j'irais encore plus mal, et ça me bouffe tout simplement. Me laisse pas, me laisse pas... »

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MessageSujet: Re: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Mer 21 Déc - 10:49

Des larmes, du sang, de la sueur, de la souffrance. Des choses malsaines et sombres, détestables et immondes. Des choses qui tapissaient son passé et s’insinuaient dans son avenir. Une fois qu’on a gouté à l’interdit, à l’obscurité, le reste parait fade et la lumière éblouit. Le droit chemin lui semblait planter dans un décor trop gai et rutilant pour être vrai. Pour ne pas s’être déguisé en chimère, et tomber son masque au moment le plus improbable. Le Bien. Qu’est-ce que le bien ? Le blanc, le pur, la colombe et l’olivier ? Des normes obscures, des dogmes vieilles comme le monde, des apparences conservées au fil des siècles sans expliquer le pourquoi du comment ? Un idéal, dicté au fil des années pour se donner bonne conscience. Personne n’est bon. Non, personne. Les pêchés capitaux n’ont pas été inventés pour le bon plaisir du Seigneur. L’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise, et la paresse. Tant de choses qui rendent l’existence terrestre un minimum supportable. Et le Bien les interdits ; le Bien ferme une porte non négligeable sur le bonheur. En enfermant la plèbe dans une prison, une prison dont les barreaux sont faits de bonnes intentions et d’égoïste. Le concept même du Bien est individualiste. Non, la vie n’est pas faite pour être vécue de façon plate et uniforme ; le Bien conduit à l’ennui, la déprime, l’hypocrisie. Le Bien n’est qu’un concept inventé pour faire bonne mesure, rassurer la race humaine sur sa prétendue pureté. Une maxime étincelante de mièvrerie et de ridicule. De mensonges et de non-dit.
Faire le bien, c’est … ennuyant .

Le pouvoir. Le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour allez le chercher. L’Homme est mauvais, l’Homme se ment, l’Homme n’est un Homme que s’il accepte sa véritable nature : celle d’une bête. Le Mal est une idée aussi abstraite que le Bien. Mais néanmoins plus plausible. Aleera le savait : son enfance, sa vie jusqu’à présent portait la trace de ces choses prétendument sales. Elle n’était plus capable de réagir de façon détachée par rapport à tout ça. Elle avait trop trempée les vices pour être épargnée. Elle avançait, sans une once d’innocence, sur un chemin tracé dans le sang, des promesses de lutte et de sanglots pour toute cadence. IL n’y avait plus rien à faire. Peut-être n’avait-elle pas toujours été aussi irrécupérable ; peut-être que l’immoralité qui coulait dans ses veines aurait put resté en léthargie. Peut-être, mais elle ne savait plus. Que voyait-elle, en regardant en arrière ? Des histoires sans lendemains à la pelle, des infidélités, des mensonges, de la violence, de l’arrogance, de l’imprudence. Que voyait-elle, en remontant encore plus loin ? De la souffrance, des pleurs, des larmes amères, encore de la violence, de l’incompréhension et de la brutalité. Il fallait se résigner : elle était irrécupérable, indécrottable, impure dès l’instant ou ses poumons s’étaient remplis d’air pour la première fois. Oui, il fallait se résigner : elle était une Bielova, pourrie jusqu’à la moelle. Il lui fallait accepter ce statut. Mais maintenant, elle l’accueillait à bras ouverts. Elle embrassait la noirceur, faisait corps avec elle, la laissait la posséder et l’exalter. Rien ne lui avait jamais semblé plus délicieux que les frissons qu’elle ressentait en faisait du mal aux autres. Cette frénésie vicieuse n’avait aucune limite. Chaque goutte de sang versée, chaque cri, chaque larme la faisait se sentir plus vivante que jamais. La vie n’avait revêtu un aspect plus envoutant ; Aleera sentait une fouge nouvelle brûler ses veines, un engouement irrésistible. Le monde se pâmait à présent de couleurs neuves et de sensations insolites. Aleera ne vivait plus que pour ressentir cette adrénaline la posséder de nouveau : prendre des risques stupides en s’approchant du saule cogneur, sauter du toit du Manoir et transplaner au dernier moment… Des défis stupides, qui la mettaient en danger elle, et elle-seule. Qui faisait peur à son entourage. Aleera, quand t’arrêterais-tu ? Combien de fois avait-elle entendu cette question...

La notion de limites lui avait toujours été inconnue. Telle une enfant qui attendait qu’on lui dise stop, elle défiait, provoquait, offensait, bravait. Cette autorité tant recherchée, elle ne l’avait jamais trouvé. On ne lui avait jamais donné la chance de se racheter, de retourner dans le droit chemin. Alors elle avait continué. Poursuivant inlassablement sa route sur la voie du scandale, s’enfonçant de plus en plus jusqu’à toucher le fond. L’avait-elle atteint, d’ailleurs ? Ou continuait-elle de creuser ? Avait-elle dépassé la ligne rouge. Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Mais qu’importe. Elle avait la vie devant elle, un avenir prometteur, ambitieux, glorieux. Elle était déjà souillée, souillée et irrécupérable, à quoi bon lutter ? Elle se ferait du mal pour rien. Son choix était fait : elle laisserait son côté sombre prendre le dessus. Et elle s’en délecterait. Qui l’en empêcherait ? Qui la regarderait droit dans les yeux pour lui dire qu’elle faisait une bêtises, qui la prendrait par la main pour lui dire qu’il remonterait la pente à deux ? Qui lui pardonnerait pour toutes ses fautes ? Désormais, c’était fichu. Elle avait atteint un point de non retour, et même avec la meilleure volonté du monde personne n’arriverait à la faire virer de bords. Peut-être restait-il un mince espoir, un murmure qui la tançait que tout n’était peut-être pas perdu. Si personne n’avait réussi à lui sortir la tête pour l’instant, c’était parce que personne ne l’avait vraiment comprise. En apparence, elle n’avait pas besoin d’être aidée. Elle était indépendante et fière de ses choix. Personne n’avait prit le temps de gratter le dessus de sa carapace, de savoir interpréter ses blessures et ses cicatrices. Il restait une part de bon en elle. Minuscule, mais bien là. Mais pour l’entrevoir, il fallait être comme elle… Marcher dans le même sens, se poser les mêmes questions. Pour récupérer Aleera Bielova, il aurait fallut être tombé aussi bas qu’elle. Percer son cœur de glace à nu sans pour autant le briser. Un brutale retournement de veste serait trop douloureux pour elle. Il lui faudrait des bras dans lesquels trouver une chaleur rassurante, se sentir apaisée, forte et fragile à la fois, protégée. Vivante et indispensable. Son cœur se serra. Elle avait besoin qu’on s’occupe d’elle. Cette quête éternelle et vaine de tendresse commençait à la fatiguer. Qu’on l’aime, qu’on lui pardonne, et qu’on lui redonne le gout des choses simples.

Les paroles du beau pirate la sortirent brutalement de sa torpeur. Un sourire cynique, amer, douloureux, étira les lèvres minces de la demi-Vélane :

-« Et moi donc ? Qui suis-je ? Une blondasse superficielle et imbue de sa personne ? Une ambitieuse qui se sert des hommes pour arriver à ses fins ? Une salope irrécupérable, qui a plongée trop profond pour qu’on puisse la remonter ? Ta bonne fée en string de dentelle et talons aiguilles ? Tout à la fois ? Y’a de quoi devenir schizophrène, nan ? » Elle s’interrompit. Prit le temps de fermer les yeux, de laisser couler une larme le long de sa joue. « On porte tous un masque. Ce qui nous différencie c’est les nuances qu’ont lui apporte. Quant à ce qu’il y a en dessous…Ce n’est pas immuable…Tu auras toujours quelqu’un pour te comprendre… »

Aleera se tut, et d’un geste vif, essuya le sillon brulant qui s’était tracé sur sa joue pâle. Pour qui avait-elle dit ça ? Pour elle ou pour Nika ?
De toute manière ça ne changeait rien. Nika avait suivit le même chemin qu’elle. Il s’était fait du mal, avait fait du mal aux autres. S’était laisser prendre au jeu malsain de la vie, en descendant toujours plus bas pour sortir la tête de l’eau au dernier moment. A son instar, il avait eu mal, il s’était exalté de sentiments pas toujours charitables. Mais à la différence d’elle, il L’avait trouvé. Cette Personne. Qui l’avait regardé droit dans les yeux pour lui dire qu’il faisait une bêtise, qui l’avait pris par la main pour l’aider à remonter la pente, qui lui avait pardonner ses fautes. Lucy. La conne, l’ignorante, la naïve, la bécasse. Elle avait fait tout ça pour lui. Sans même se rendre compte de la profondeur des blessures de Nicholas, sans même avoir les moyens de palper sa douleur. Que savait-elle de lui ? Que savait-elle de ce côté sombre qui le bouffait de jour en jour ? Rien. Rien, absolument rien. Et pourtant, malgré cette injustice, Aleera ne pouvait que regarder se profiler les choses. Nika avait rencontré l’Espoir. Sa part de bien à lui avait été découverte. Quelqu’un avait sut l’exploiter, la protéger, la rassurer. Pas celle d’Aleera. Elle jalousait Nika presque autant qu’elle le voulait : lui avait trouvé un regard indulgent sur lequel se reposer, qui lui permettait d’exploiter le meilleur de lui-même. Elle, n’avait pas cette chance. En Nicholas, elle avait crut trouver la Personne. Qui mêlerait ses forces aux siennes pour la sortir de la misère dans laquelle elle s’était vautrée sans plus de manières. Nika aurait dut être cette Personne : il la comprenait, il pouvait mesurer l’étendue de sa douleur, la fragilité de son être, la profondeur de ses blessures. Nika pouvait voir tout ça.
Oui, il le pouvait. Mais ça lui faisait peur. Il se retrouvait trop en elle pour pouvoir … L’aimer… ?
Le pirate tendit la main vers elle, et Aleera le serra avec toute la tendresse et la passion dont elle était capable. Le contact avec son corps froid la fit frissonner. Elle lui caressa fébrilement le dos, la nuque, posant des lèvres brûlantes sur son cou glacé.
Ses paroles la firent déglutirent péniblement. Ce qu’elle le comprenait… Ce qu’elle le comprenait…

-« Je te laisserais pas. Jamais. Je te donnerais tout ce que j’ai, jusqu’à mon dernier souffle. J’ai besoin de toi aussi…» Sa voix se fit plus douloureuse, et elle retint de nouveau une larme. « Je sais…Dans mes bras, tu es mal. Tu es mal … Parce que … Parce que je te fais souffrir sans le vouloir. Tu me ressemble, je te voudrais juste pour moi. Mais j’ai pas le droit de te priver de ce bonheur. De cet…espoir de pouvoir un jour oublier toutes ces choses sombres. Je peux pas l’empêcher de te tirer vers le haut, même si j’aimerais le faire à sa place…J’ai…Pas le droit. »

Elle s’interrompit, de peur de se mettre à sangloter à son tour. D’un revers de la main, elle essuya le beau visage mouillé de larme de Nika. Elle se pencha pour lui murmurer au creux de l’oreille :

-« On aurait put faire quelque chose pour moi. Oui, on aurait put. Mais on ne l’a pas fait. Toi tu as cette chance … J’espérais qu’on remonterait la pente à deux, mais … Saisis ta chance. Remontes. Vis. Sois heureux. Tu le mérites. On t’as donné l’opportunité de t’en sortir. Vas-y. »

Elle sacrifierait tout pour lui. Le peu de bonnes choses qui restaient en elle, son bonheur, tout ce qu’elle avait. Aleera posa un nouvelle fois ses lèvres sur le coup de Nika, profitant de son odeur, la douceur de sa peau.

-« Je te laisserais… uniquement si tu me le demande…»
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MessageSujet: Re: I'm sorry but i can't be alright |Lee|   Ven 13 Jan - 14:25

Chercher à expliquer à Aleera ce qu'il ressentait était impossible ; ca ne servait à rien. Elle ne pouvait pas comprendre. Comprendre la haine qu'il ressentait envers lui même, pour être encore vivant, pour être entouré, connaître l'amour et la tristesse... Tout ce que son pote ne pourrait jamais vivre. Tout ce que Kenzo ne vivrait plus. Il ne pouvait pas se voir dans la glace sans avoir l'impression de voir un lâche. Quelqu'un qui n'était pas parti quand il aurait du, qui s'était accroché à la vie. S'il était mort... ça aurait été plus simple pour tout le monde. On l'aurait pleuré, mais ses sœurs s'en seraient remises. Lucy serait restée avec Arès, Mika aurait continué à avoir JaeMin... Quand à Aleera, il ne savait pas s'il avait de toute manière réellement un impact sur sa vie. Il en avait eu un, certes, en tant que plan cul, à une époque révolue, mais aujourd'hui il se disait qu'ils se faisaient plus de mal que de bien. Se tourner autour, se regarder, sentir leurs corps.... S'éloigner et se retrouver. Il ne savait plus quoi faire, et il se doutait bien que continuer ainsi ne ferait pas de bien à la russe. Le pirate n'était pas un homme qui pouvait l'aider, pas la personne qui pouvait la sauver... pas alors qu'il devait déjà affronter ses démons sans réussir.

Mais il n'avait même plus de quoi parler, de quoi offrir un argumentaire ; affaibli, malade, ayant juste envie de fermer les yeux, il protestait plus pour la forme et par esprit de contradiction que parce qu'il voulait vraiment continuer la conversation. Cependant, Lee en avait décidé autrement. Se qualifiant de dizaines de mots qui ne lui correspondaient pas. Elle n'était pas une bonne fée, ni une blondasse ou une ambitieuse. Elle était Lee. Elle était Bielova. Cherchant à lui caresser la joue, il se laissa cependant aller contre le lit, incapable de bouger vraiment. Juste de lui dire qu'il avait besoin d'elle. C'était la seule chose qu'il était capable de comprendre à ce moment ; qu'il était avec elle. Qu'il était comme elle. Un monstre avec tellement de masques pour se protéger, pour passer inaperçu auprès des gens normaux. Un enfant perdu qui avait oublié que sous la carapace se trouvait autre chose, qui était en quête de lui même, sans savoir ce qu'il pouvait devenir. Un homme sans cœur, un père de famille, un assassin, un simple pirate ? Les voies étaient toutes grandes ouvertes devant lui mais aucune ne parvenait à le satisfaire pleinement. Nika n'avait de toute façon jamais réellement réfléchi à la vie après Poudlard. Sa vie était restée là bas. Toutes les personnes chères à son cœur y étaient, après tout. Alors, oui, il avait des gens pour le comprendre. Mais ils étaient en permanence à des centaines de kilomètres, difficile à joindre, occupés par leurs études, tandis qu'il tournait en rond dans son appartement à compter les heures comme il le pouvait. À parcourir les ruelles le soir, en quète de crime, à vivoter comme tant d'autres. Alors, si on le comprenait, c'était souvent trop tard. Il n'y avait que Lee a qui il avait pensé pour lui venir en aide rapidement, et même elle ne pouvait rien. Elle était trop perdue aussi pour pouvoir jamais réellement lui faire remonter une pente qu'elle descendait encore.

« Je n'ai que toi... On sait, hein ? On sait tous les deux. »
On savait quoi ? Il n'en était pas sur. Sa voix était pâteuse, épuisée, mais ses yeux brulaient de ce feu de folie dont il savait qu'elle possédait l'équivalent. Ils n'étaient pas normaux, ils n'étaient pas logiques, ils étaient émotions et brutalité.
Réussissant enfin à attraper la main de la jeune femme, il se serra contre elle, ne voulant pas que sa chaleur ne le quitte. Ses mains, ses lèvres sur sa peau le rendait fébrile, et son cœur s'accéléra encore alors qu'il essayait à la fois de l'attirer plus près tout en la repoussant. Il ne pouvait pas, pas comme ça, dans un état pareil, éprouver du désir pour elle. Même s'ils avaient fait beaucoup de choses ensemble, il ne voulait pas la salir en plus alors qu'il était à peine conscience de ses actes. Jusqu'à son dernier souffle... le sien s'échappa de ses lèvres en une sorte de plainte en l'entendant se dénigrer ; elle ne le faisait pas souffrir. Jamais. Ou alors, il était maso car il en redemandait, de ce genre de souffrance. Celle qui le faisait vibrer, celle qui la faisait rester contre lui.
Mais de quoi parlait-elle ? Le tirer vers le haut... La russe parlait de Lucy, sans doute, et il eut un sourire sans joie. Lucy, sa douce Lucy... qu'allait-il pouvoir lui dire ? Pourrait-il jamais lui expliquer ce qu'il avait tenté de faire, qui il avait préféré contacter... Même s'il n'avait pas honte d'Aleera, ce n'était pas le genre de choses faciles à avouer. Ses yeux se fermèrent en sentant la jeune femme essuyer son regard, n'aimant toujours pas devoir dépendre d'elle, de subir les assauts de sa douceur qui le dérangeaient. Elle le liait encore plus à son cœur et il n'arriverait jamais à se détacher. Mais pouvait-il, voulait-il seulement, la laisser et partir ? Les paroles qu'elle prononçait l'obligèrent dans un réflexe à l'entourer de ses bras, l’empêchant de bouger, alors qu'il s'arquait contre elle pour maintenir son désespoir à l'intérieur. Elle ne pouvait pas lui dire de partir sans elle. Elle ne pouvait pas le laisser à nouveau seul, même sur le chemin de la rédemption.

« On m'a donné rien du tout. Je prends, je jette, je me fous de tout... il faut que tu sois là. Je t'en prie... me laisse pas. »
Répétitif, tournant en cercles, le jeune homme ne savait plus trop où il en était, alors que la seule chose tangible de son univers de drogué était en train de lui dire de l'abandonner sur place. Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas. Laissant ses mains glisser le long de ses côtes, de ses cuisses, la caressant sans s'en rendre compte, il sentait son corps s'échauffer d'une autre manière, et la regarda avec désespoir et envie. Que fallait-il faire pour qu'elle reste ? Pour qu'elle ne s'enfonce pas plus dans les ténèbres qu'ils avaient déjà bien du mal à supporter ?

Orientant ses lèvres vers les siennes, à quelques milimètres l'un de l'autre, il respirait son air avec difficulté, cherchant ses mots. Je te laisserais... Jamais. Un pirate jamais n'abandonne, un pirate jamais ne rend ce qu'il a pris. Et il avait pris Lee. Son cœur, son âme, quelque chose qui les faisaient toujours se compliquer la vie. Écrasant ses lèvres contre les siennes, enfin, passant une main tremblante dans ses cheveux, il lui souffla doucement, sans réplique possible un « Ne m'abandonne jamais. »

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I'm sorry but i can't be alright |Lee|

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